À la Dérive est la première œuvre de Bryan Lee O’Malley, l’auteur multirécompensé de Scott Pilgrim, adapté  au cinéma par Edgar Wright.  Un récit qui pose les bases de l’univers de l’auteur, concentré sur le malaise adolescent et qui apporte beaucoup d’émotion. La fin de l’histoire, publiée en France par Hi Comics semble toutefois un peu trop légère par rapport à ce que l’on aurait pu imaginer.

Les points forts et les points faibles de À la Dérive

Points forts

  • Beaucoup d’émotion
  • Des personnages attachants et dont l’état d’esprit est bien capturé par l’auteur

Points Faibles

  • Une fin qui n’est pas à la hauteur de l’attente

image © Bryan Lee O’Malley

Sommaire

Teenage Angst

Raleigh vient à peine d’avoir 18 ans. Et elle est persuadée qu’elle n’a plus d’âme depuis qu’un chat la lui a volée. Sauf que Raleigh n’en parle à personne. Parce que ce n’est pas vraiment une personne affable et ouverte aux autres. Plutôt réservée, la voilà pourtant embarquée dans un road trip avec des camarades de lycée qu’elle ne connaît pourtant pas. À travers ces presque 200 pages, on va découvrir comment Raleigh va finalement pouvoir s’ouvrir et s’épanouir aux côtés de Ian, le beau gosse du lycée, Stephanie la déjantée et le plus réservé Dave. Tous les quatre remontent de la Californie au Canada. Raleigh ne comprend pas trop ce qu’elle fait là. Elle a été tout étonnée de recevoir un coup de téléphone de ses trois camarades qui ne lui parlent pourtant jamais. Peut-être vont-ils l’aider à retrouver son âme ? Possible, si tant est qu’elle puisse leur exprimer ses sentiments et son malaise intérieur.

Un récit assez classique et assez fort.

À la dérive est la première œuvre de Bryan Lee O’Malley et il y dévoile ses marottes, à savoir nous décrire les angoisses et les aspirations des adolescents. À travers ce récit d’abord centré sur Raleigh, il arrive à développer assez naturellement les personnages qui l’accompagnent, donnant de fait un peu plus de profondeur à l’héroïne du titre via un effet miroir. Si l’on prend du recul, nous avons environ 200 pages de gamins qui discutent dans une voiture, il ne se passe pas grand-chose. Et pourtant, le point fort de ce livre, c’est de faire que l’on ne s’ennuie pas.

Ceci est dû à l’originalité de quelques passages, notamment l’idée que l’âme de Raleigh se trouve dans un chat errant. Bien sûr, c’est très métaphorique, mais la chasse au chat est assez satisfaisante et permet non seulement de bien structurer le groupe (une fois la connexion établie) mais aussi de relancer son récit et de lui apporter une petite touche d’originalité. On sait qu’il s’est passé quelque chose de traumatisant chez Raleigh et l’on s’attend au pire. Bryan Lee O’Malley arrive sans aucune difficulté à faire monter la pression et les attentes de cette fameuse révélation chez le lecteur. Les interactions sont vraiment bonnes et on y croit, ce qui est quand même l’essentiel dans ce genre de récit.

image © Bryan Lee O’Malley

Une fin un peu décevante

À la dérive est vraiment très agréable à lire, que ce soit par l’originalité de son propos que par sa mise en forme. Parfois, la bande dessinée laisse place à de gros textes écrits agrémentés uniquement d’un seul dessin, ce qui nous permet de bien appréhender les tourments intérieurs de Raleigh. Les dessins sont eux aussi très agréables, avec le style qu’on connaît à l’auteur, très mignon mais aussi très efficace dans la narration.

De fait, et comme on l’a déjà dit, l’auteur fait réellement monter la pression au fil des pages sur cet événement traumatisant subi par Raleigh. Peut-être un peu trop car on s’attend de fait à quelque chose d’assez terrible. Et l’on ne peut s’empêcher d’être un peu déçu lorsque l’on apprend la cause de son mal-être, possiblement un peu trop léger. Mais c’est aussi ça l’adolescence, se faire tout un drame pour une fourchette qui tombe. Cela permet d’éviter aussi d’entrer dans le glauque, ce qui n’est pas non plus une mauvaise idée.

À la dérive a juste le défaut de nous avoir fait miroiter un peu trop longtemps une révélation importante, qui finalement n’en est pas une pour le lecteur. Mais cela reste un joli ouvrage sur l’amitié qui se crée et les liens qui peuvent unir des personnes a priori différentes mais qui, dans le fond, vivent tous la même chose à des degrés différents. Bryan Lee O’Malley arrive à éviter le pathos mais a peut-être un peu trop fait monter la pression. Une histoire très sympathique !

image © Bryan Lee O’Malley

Ce qu’il faut retenir de À la dérive

Qui sont les auteurs de À la dérive ?
Il s’agit de Bryan Lee O’Malley, un artiste canadien qui s’est fait connaître par le succès de sa série Scott Pilgrim, adaptée au cinéma par Edgar Wright.

Que raconte À la dérive?
À la dérive nous raconte le road trip à travers les Etats-Unis de Raleigh, une jeune adolescente paumée qui a l’impression d’avoir perdu son âme. Elle va tout au long du voyage s’ouvrir petit à petit à ses camarades qui l’accompagnent pour découvrir le sens de l’amitié.

Est-ce un livre conseillé pour tous ?
Un livre sensible et dont les dessins très stylisés sont destinés au public le plus large possible.

Où se procurer le comics ?

Disponible depuis le 7 janvier 2026, À la dérive est l’œuvre de jeunesse de Bryan Lee O’Malley.

Édité par HiComics et traduit par Nadège Gayon-Debonnet, cet album de 192 pages est proposé au prix de 24,95 €. Vous pouvez le retrouver dès maintenant chez votre libraire habituel ou le commander via le lien ci-dessous.

Couverture du comic books À la dérive, de de Bryan Lee O'Malley chez Hi Comics.
Découvrir les origines graphiques du créateur de Scott Pilgrim

 

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