Avec la sortie du film de James Gunn, DC Comics ne pouvait pas passer à côté de l’opportunité de lancer une nouvelle série consacrés au kryptonien en espérant grapiller de nouveaux lecteurs enthousiasmés par la vision du long-métrage. Ce fut donc Superman Unlimited, nouveau titre porté par le scénariste Dan Slott et le dessinateur Rafael Albuquerque. Débuté en mai dernier aux Etats-Unis, les éditions Urban nous en proposent ce mois-ci les six premiers numéros. Les objectifs et les ambitions de DC Comics ont-elles été remplies par nos deux gaillards ? Voyons ça de plus près.

Les points forts et les points faibles de Superman Unlimited

Points forts

  • Une nouvelle série Superman conçue pour être fidèle au personnage tout en étant accessible à l’ensemble du lectorat.
  • Le grand retour de Dan Slott qui, comme à son habitude, n’hésite pas à prendre le folklore de son personnage à bras le corps.

Points faibles

  • Un Rafael Albuquerque presque absent aux dessins
  • Un coloriste bien trop présent

Sommaire

Le retour de Dan Slott

Superman Unlimited, c’est donc d’abord le retour de Dan Slott chez DC après plus de vingt ans d’absence (on se souvient de sa superbe mini-série Arkham Asylum: Living Hell avec Ryan Sook en 2003). Entretemps, le scénariste a signé des passages importants sur She-Hulk, Fantastic Four, Silver Surfer, mais surtout sur Amazing Spider-Man qu’il animera durant plus de dix ans avec un talent certain. Alors, pour l’auteur de ces lignes, le voir débarquer sur Superman est plutôt une bonne nouvelle.

Slott a donc inauguré un nouveau titre dans le cadre de la relance DC All In et de l’opération Summer of Superman, destinée à surfer sur la sortie du film Superman de James Gunn. Dès le premier numéro, le scénariste pose les bases. Le Daily Planet est récupéré par Imani Edge après son divorce de Morgan Edge. Elle souhaite en faire un empire médiatique et nomme Loïs Lane rédactrice en chef de la nouvelle structure. A ce moment, un astéroïde constitué de kryptonite apparaît et se dirige sur la Terre. Malgré le risque dû au fait que la kryptonite l’affaiblit, Superman se lance contre la menace. Son intervention freine le bolide qui s’écrase tranquillement sur Terre, dans le petit état d’El Caldero, mais touché par les radiations de kryptonite, Superman est plongé dans le coma durant trois mois.

A son réveil, il découvre que la kryptonite est devenu un minerai recherché et qui fait la fortune du El Caldero et de son leader, le président Castilho. Alors que la kryptonite devient de plus en plus accessible, la Terre devient un endroit dangereux pour Superman et ses alliés kryptoniens. Maintenant, leurs ennemis ont les moyens de les tuer. Mais Superman s’est découvert un nouveau pouvoir. Durant 200 secondes, il peut recouvrir son corps d’une couche dorée qui l’immunise de la kryptonite ! À l’issue de ce délai, cependant, il perd tous ses pouvoirs jusqu’à ce qu’il se recharge. Tout cela n’empêche pas le héros de continuer sa croisade pour le bien commun, même si les risques sont maintenant bien plus grands et que le président Castilho ne semble pas jouer franc jeu.

Slott sans limites

Avec Superman Unlimited, on retrouve les qualités que Slott a pu démontrer par ailleurs. On y retrouve en effet son respect de la continuité et de l’histoire des personnages qu’il anime. Avec cette série, il renoue avec le Superman des années 50 à 70, victime de nombreuses transformations (ici en Superman doré, là en Super Bat) et utilisant des gadgets un peu improbable comme avec le retour de la Supermobile !

On l’a dit, le titre a clairement été lancé pour accompagner le film de James Gunn. On y retrouve donc Cat Grant ou Steve Lombard, présent dans le long-métrage, mais aussi Krypto qui a ainsi droit à un épisode qui lui est entièrement consacré (le chapitre 3). Épisode plutôt malin au demeurant qui s’interroge sur comment éduquer un super-chien qui peut défoncer un réfrigérateur ou griller les écureuils avec sa super-vision ! Là où certains scénaristes essaie d’éviter le plus possible le côté camp et parfois ridicule des univers super-héroïques, Slott, lui, ne recule jamais et y plonge avec délectation. Ça passe ou ça casse, mais on ne peut pas reprocher au scénariste de ne pas essayer.

On passe ainsi régulièrement de l’émotion pure (les pensées de Superman alors qu’il pense mourir face à l’astéroïde ou l’attachement du personnage à son chien) à l’absurde le plus débridé comme les transformations WTF ou encore l’ajout inattendu -mais pourtant logique- à la  rédaction du Daily Planet de Tee Nah, une chimpanzé humanoïde venue des alentours de Gorilla City et hackeuse de génie. Slott n’oublie pas que dans un univers de super-héros, il serait cohérent que des être non humains intègre la vie quotidienne des protagonistes. Mais même dans cet univers fictionnel, Slott confirme qu’il a aussi gardé une certaine acuité du regard envers le monde contemporain puisqu’il s’attaque régulièrement à la désinformation et aux fake news, notamment dans le chapitre 2, où l’on croise le journaliste inconséquent Jack Ryder et son double tout aussi imprévisible, le Creeper.

On le voit, comme à son habitude, Slott n’hésite pas à sortir des sentiers battus tout en maintenant un respect certain envers ce qui fait l’essence des personnages. Cela donne parfois des grand écarts qui sont à la limite de la sortie de route (les deux derniers chapitres au El Caldero dont l’action complètement échevelée reste peu crédible), mais au moins, le Superman de Slott ne laisse pas indifférent.

Albuquerque aux abonnés absents

Indifférent en revanche, c’est bien le regard qu’on peut porté sur le travail de Rafael Albuquerque qui livre ici un travail effroyablement minimaliste et pour tout dire, bien trop dépendant de son coloriste. On dirait parfois qu’il s’agit simplement d’esquisses colorisées. Une déception pour quelqu’un qui nous avait régalés auparavant avec des réussites comme Blue Beetle ou American Vampire.

C’est tout le problème des dessins actuels sur tablette graphique dont les traits bien trop fins se font bouffer par les couleurs. Pour le coup, l’épisode #4 qui se déroule à Gotham bénéficie du dessin beaucoup plus tranché de Lucas Meyer qui offre de vrais aplats de noir profond plutôt que les gribouillis matièrés qu’Albuquerque nous propose. Ce n’est pas que le style de Meyer soit meilleur que celui d’Albuquerque, loin de là, mais au moins, il est beaucoup plus contrasté, laissant moins de place aux effets de couleurs de Marcelo Maiolo.

Ce qu’il faut retenir de Superman Unlimited

Qui sont les auteurs ?
Le scénario est signé Dan Slott (Spider-Man, She-Hulk) qui fait son grand retour chez DC. Les dessins sont assurés principalement par Rafael Albuquerque (American Vampire).

Quel est le lien avec le film de James Gunn ?
La série a été lancée pour surfer sur la hype du film. Elle met en avant des personnages présents dans le long-métrage comme Krypto, Cat Grant ou Steve Lombard, tout en restant une histoire indépendante.

De quoi ça parle ?
Suite à la chute d’un météore de Kryptonite, Superman développe un nouveau pouvoir d’immunité temporaire (200 secondes), tandis que le monde devient plus dangereux pour les Kryptoniens.

Où se procurer le comics ?

Ce premier tome de Superman Unlimited, scénarisé par Dan Slott et mis en images par Rafael Albuquerque, est disponible depuis le 23 janvier 2026.

Édité par Urban Comics et traduit par Laurent Queyssi, cet album de 160 pages (regroupant les épisodes VO #1-6) est proposé au prix de 18,50 €. Vous pouvez le retrouver dès maintenant chez votre libraire habituel ou le commander via le lien ci-dessous.

Couverture du tome 1 de Superman Unlimited par Rafael Albuquerque chez Urban Comics.
Découvrir la nouvelle série Superman Unlimited

 

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