À l’occasion du week-end Martin Luther King, DC Comics a organisé, à Washington D.C., l’événement « DC in D.C. », qui lui a permis de présenter ces dernières productions audiovisuelles et certains projets comics sortant des sentiers battus.

Aux États-Unis, le jour de la naissance de Martin Luther King, le 15 janvier, est devenu un lundi férié qui permet de promouvoir les libertés civiles. Ce long week-end a permis à Warner Entertainment et  DC Comics d’organiser, les 12 et 13 janvier derniers,  l’événement « DC in D.C. » en collaboration avec le Newseum, un musée destiné à promouvoir les libertés fondamentale de la constitution américaine. Au cours de ces deux jours, l’éditeur a pu présenter ses dernières productions audiovisuelles et organiser des tables rondes, autour de plusieurs thèmes liés aux libertés, à la diversité et à leurs défenses.

Warner a pu ainsi présenter, en avant-première, le long-métrage animé Batman: Gotham by Gaslight, qui présente une version dystopique de la Révolution Industrielle américaine. Le film sort aux Etats-Unis le 23 janvier en VOD et le 6 février en DVD et Blu-ray (le 28 février en France). Le gros morceau, cependant, était l’avant-première de Black Lightning, la nouvelle série de la chaîne The CW, dont la diffusion a commencé quelques jours plus tard aux Etats-Unis (et sur Netflix en France), en présence des acteurs et des producteurs.

Ce fut l’occasion d’une table-ronde sur « Les nombreuses nuances de l’héroïsme : les héros DC du point de vue afro-américain » où le scénariste John Ridley a pu discuter de son futur projet. En effet, le scénariste oscarisé de 12 Years a Slave écrira The Other History of DC Universe, où il racontera les grands événements marquants de l’histoire de l’univers DC, mais du point de vue de personnages issus de la diversité. Il y aura John Stewart, le Green Lantern noir, Extraño, magicien latino des New Guardians et homosexuel  revendiqué, Vixen, afro-américaine membre de la Justice League, Supergirl, extra-terrestre réfugiée sur Terre,  Katana, la guerrière asiatique et Renee Montoya, flic latina et lesbienne de Gotham. Une histoire de la continuité DC racontée par la bande, vue par des personnages qui sont généralement plus des figurants que des acteurs principaux. Ridley a déjà écrit des comic-books par le passé comme  le Graphic Novel Authority: Human on the Inside en 2004 et les deux mini-séries The American Way, dont la seconde est actuellement en cours de publication chez Vertigo. Pas de dessinateur associé pour l’instant car le projet n’est pas attendu avant la fin de l’année 2018.

The Other History of DC Universe par John Ridley

The Other History of DC Universe par John Ridley

D’autres conférences ont, bien sûr, eut lieu. Une intitulée « Wonder Women » s’est intéressée à la place des femmes dans les comics et a vu intervenir les scénaristes de Batgirl and the Birds of Prey, Julie et Shawna Benson, ainsi que celle de Supergirl: Being Super, Mariko Tamaki. Une autre, nommée « La fierté de DC : Illustrations de l’intégration LGBTQ », a permis d’évoquer la série animée Freedom Fighters: The Ray, où le personnage central est gay. Parmi les scénaristes invités, on pouvait compter Steve Orlando (Midnighter and Apollo) et Marguerite Bennett (Batwoman).

Autre conférence, « La conséquence: Combat et trauma dans les comics », donnait la parole à Tom King, scénariste de Batman et Mr Miracle qui a décidé de s’intéresser à un aspect peu exploité de l’univers des super-héros. « Chaque comics DC est plein de violence. C’est sympa et passionnant, j’adore lire ça, mais est-ce qu’on parle des conséquences de tout ça, sur les personnages et les lecteurs ? » Pour King, la violence des combats de super-héros ne peut pas être sans séquelles sur le psychisme de ceux qui y prennent part. Un sujet que King connait bien. Après le 11 septembre 2001, il s’est engagé dans une unité de contre-terrorisme de la CIA et a notamment connu les champs de bataille d’Irak (d’où il a tiré l’inspiration pour sa série Sheriff of Babylon). Pour King, la solution pourrait bien être Sanctuary, une structure d’écoute mise en place par la trinité de DC : Superman, Batman et Wonder Woman. « Primo, parce que ce sont des gens généreux, mais secundo, parce que si des super-héros souffrent de traumatismes et deviennent instables, c’est un danger. » Un lieu d’écoute qui s’inspire des centres d’accueils pour les vétérans où ceux-ci peuvent soigner leurs stress post-traumatiques. On ne sait pas encore si King va exploiter cette idée dans ses séries actuelles ou dans un titre particulier, mais on ne peut qu’avoir hâte de lire ce que ça va donner.

Tom King

Tom King lors du DC in D.C.

Avec DC in D.C., DC Comics a en tout cas tenté de prouver que l’éditeur n’a pas peur de se colleter avec la réalité du monde actuel, au moment où Marvel semble vouloir, au contraire, s’en éloigner.

 

Sources: DC in D.C. 2018, IGN ,Den of Geek !

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