Hellshock par Jae Lee

Hellshock vient de sortir chez Alayone Comics. Pour la première fois en France, un éditeur vous propose le chef d’œuvre de Jae Lee en version française dans une édition soignée. Nous sommes allés à la rencontre de Thomas Rivière, éditeur de Hellshock, pour en savoir davantage.

Alors, Thomas, pourquoi avoir édité Hellshock toi-même ?

Pour deux raisons : tout d’abord je suis super étonné que personne n’ait eu l’idée de le faire avant, surtout en France, où les lecteurs en dehors du microcosme des comics, aiment les dessins soignés et les histoires ciselées. C’est l’œuvre d’un artiste accompli. Ensuite, parce que j’ai découvert ce comic à sa sortie chez Image, il y a vingt ans. J’ai aimé la puissance du dessin, la poésie de l’œuvre, sa force, son romantisme éternel. J’ai été ému, et je le suis encore, par tant de beauté. Hellshock est une histoire d’amour, c’est un destin, une rencontre, c’est un aimant.

Peux-tu nous raconter la genèse de cette œuvre ?

Jae Lee est arrivé chez Image Comics comme tous les artistes qui ont quitté Marvel à l’époque. Il sortait de deux runs historiques sur Namor et X-Factor. Son style de l’époque était proche de ce que pouvait proposer Bill Sienkiewicz. Chez Image, l’argent coulait à flot, tous les titres se vendaient à plus de 300 000 exemplaires. Après avoir dessiné trois épisodes de Wildcats Trilogy, Jae Lee a sorti assez vite une première série Hellshock qu’on a vite oubliée, et qui avait tous les défauts des comics des années 90, qui avaient tendance à confondre vitesse et précipitation. Quelques années plus tard, il a lancé une seconde série, sorte de reboot de la précédente, en décidant de tout remettre à plat, et de repartir sur des meilleures bases scénaristiques et artistiques. Le premier numéro a surpris tout le monde, c’était beau, soigné, appliqué : Jae Lee avait évolué dans le bon sens. Hélas, le processus de création a fait ressortir tous les démons de l’auteur, qui n’a pas terminé sa série, la laissant en jachère après le numéro 3. Jae Lee est retourné chez Marvel dessiner les Inhumains, puis The Dark Tower, et il est devenu une star. Bien des années plus tard, Jae Lee nous a offert le quatrième épisode en guise de conclusion, publié dans l’intégrale que nous publions aujourd’hui. On y voit la nouvelle évolution du style de Jae Lee avec ce dernier épisode dessiné presque dix ans après le #3.

Où peut-on trouver Hellshock ?

Alayone Comics gère sa distribution et sa diffusion. Pour le moment le meilleur moyen de lire Hellshock est de le commander sur Original Comics (port offert). Quelques librairies comme Pulp’s ou la Librairie Nantaise ont déjà le titre, et chaque semaine, de plus en plus de libraires nous font confiance.

Après Hellshock, que nous réserve Alayone Comics en 2018 ?

Nous allons sortir en mars le premier épisode d’Ancient Dreams, financé l’année dernière sur Ulule, puis deux titres inédits en album de John Byrne : Trio et Triple Helix ! Nous avons deux autres projets pour le second semestre mais ils ne sont pas signés, donc nous ne pouvons pas en parler. Ce que je sais, c’est que les lecteurs de comics vont être ravis. Dans le même temps, nous poursuivons nos expériences éditoriales avec toujours autant de succès, aussi bien chez Glénat Comics, avec Lady Mechanika, que chez Graph Zeppelin, avec Danger Girl ou Legenderry.

Merci Thomas Rivière, et à bientôt pour parler de tout cet alléchant programme !