Robert Kirkman, scénariste de The Walking Dead, a donc lancé son comic book d’arts martiaux : Fire Power. Avec sa nouvelle saga, l'auteur passe de la lutte contre les zombies aux combats contre des ninjas bien vivants. "Fire Power, c’est l’histoire d’un gars qui s’appelle Owen Johnson, raconte Kirkman. Il a été adopté, a grandi aux États-Unis, puis il a entrepris un voyage en Chine pour essayer de découvrir la vérité sur ses parents biologiques, comment ils sont morts, leurs origines, qui ils étaient. Ce voyage le mène finalement vers un mystérieux temple Shaolin dédié à la redécouverte du Fire Power, l’art perdu qui consiste à lancer des boules de feu. Il devient finalement évident qu’Owen pourrait en fait être l’élu capable d’une telle chose. Owen aime la vie de famille, il a une femme, des enfants. Il ne veut pas faire partie de ce monde d’arts martiaux. Il ne veut pas lancer de boules de feu et combattre des ninjas, et faire tous ces trucs fous. Il veut juste vivre sa vie, être un homme de paix. Mais il se trouve que le sort du monde dépend justement du fait qu’il fasse tout ça. Il y donc un ensemble de forces, bonnes et mauvaises, qui essayent de discrètement le ramener dans cet univers. Ça va être une longue et vaste épopée d’arts martiaux qui s’étend dans le monde entier, avec un grand nombre de personnages. Ça va être assez fou."

L’inspiration de Kirkman pour écrire un récit d’arts martiaux lui est venue en terminant sa saga de super-héros Invicible. "Je me suis rendu compte que je n’allais pas écrire d’autres comics de super-héros de sitôt... et les comics de super-héros sont vraiment amusants à écrire, dit-il.  Je me suis dit qu’un univers bien complet d’arts martiaux se raconte de la même manière qu’un récit de super-héros. Comme dans un récit de super-héros, c’est très facile d’y faire des combats soudains et rapides qui se déroulent d'une manière logique. Les récits d’arts martiaux possèdent beaucoup d’éléments similaires. On peut écrire un comic book qui se déroule dans un univers bien construit sur le thème des arts martiaux et qui possède un mécanisme permettant de déclencher des combats très facilement. Il y a de nombreuses façons de faire évoluer des récits dans des directions intéressantes et visuellement captivantes, et c’est ce qui importe. »

Et dans Fire Power, des scènes de combat, il y en a !

Si l’on ne sait pas grande chose quant à l’histoire du Fire Power, on sait en revanche que Kirkman et Samnee se concentre grandement sur de l’action rapide, dans la série. En effet, pour illustrer son comic book riche en action, l’auteur a choisi de faire équipe avec Chris Samnee, créateur de comics et lauréat des prix Eisner et Harvey avec qui il a essayé de travailler pendant des années. Étant donné que Samnee avait gagné en notoriété dans le monde des comics en illustrant les aventures de super-héros tels que Daredevil, Black Widow et Captain America qui excellent tous dans le combat au corps à corps, ce n’est pas surprenant que Kirkman se soit tourné vers lui pour créer Fire Power, un livre d’action sur les arts martiaux.

« Je suis l’un de ses fans depuis Capote In Kansas qu’il a réalisé avec Ande Parks, dit Kirkman. Il était bien conscient que je voulais travailler avec lui depuis un moment et il était plus ou moins en fin de contrat avec Marvel. Il était donc à une période où il avait donné tout ce qu’il avait à offrir à Marvel et il tâtait un peu le terrain pour savoir si quelqu’un souhaitait créer quelque chose avec lui, alors j’ai sauté sur l’occasion. J’ai suivi son travail de près et je l’ai harcelé à chacune des conventions auxquelles nous étions, au fil des années. ‘Il faut qu’on fasse un livre ensemble, un jour !’ »

Pour Kirkman et Samnee, ce jour est enfin arrivé. Comme le dit le créateur de The Walking Dead, l’association entre Samnee et Fire Power n’aurait pas pu être plus naturelle. « L’une des meilleures compétences de Chris, c’est qu'il fait des séquences d'action incroyablement détaillées et fluides, très facile à suivre de case en case. Ce livre est conçu pour avoir des séquences d’action très longues et complexes. Je savais qu’il serait parfait pour ça. »

Mais rendre l’action palpitante n’est pas le seul atout de Samnee. Owen Johnson souhaite en savoir plus sur ses parents biologiques, et ce voyage l’emmène à travers toute la Chine, où les arts martiaux lui inculquent le sens de la discipline et la patience. C’est cela qui le mène au Temple du Poing Ardent, ainsi qu’au second personnage principal, le maître Wei Lun.

Le design du personnage de Wei Lun réalisé par Samnee résume parfaitement son caractère. C’est un homme traditionnel qui allie le monde secret du temple et le monde moderne. Il porte des baskets au lieu de sandales, et un casque audio en plus de son kimono traditionnel, ce qui démontre sa volonté de ne pas se couper du monde moderne.

Fire Power : une œuvre complète et parfaitement équilibrée

En plus de la conception du personnage de Wei Lun, l’œuvre de Samnee présente un équilibre entre le design des personnages et le détail des paysages. La région montagneuse est d’un réalisme impressionnant. De même, le visage des personnages présente une grande quantité de détails, y compris leurs rides, tout en rappelant les œuvres d’arts traditionnels de la peinture et de la calligraphie chinoises. Les ombres les plus sombres sont dessinées selon un rythme qui évoque non seulement les humeurs mais aussi un besoin d’équilibre entre et clair et le foncé. L’obscurité recèle de secret que les personnages tentent de révéler au grand jour. Une œuvre complète et parfaitement équilibrée, donc.

Samnee a également amené avec lui sur ce projet son collaborateur coloriste Matt Wilson, qualifié d’un des meilleurs coloristes de comics, et le lettreur Rus Wooton.
La colorisation de Matt Wilson suit également la philosophie du Fire Power. Le bleu foncé des montagnes, qui contraste avec les couleurs chaudes du feu, agit presque comme une indication entre les incertitudes et les réponses. Quant au lettrage de Rus Wooton, il correspond tout à fait avec les styles artistiques décrits plus haut. Une calligraphie des plus simples pour les onomatopées peut devenir un prolongement complet des actions. Plus les lignes sont épaisses, plus l’action est intense. Lorsque certaines de ces actions sont coloriées, c’est souvent pour annoncer quelque chose de menaçant ou de révélateur. Le jaune vif est particulièrement révélateur de l’état dans lequel les personnages se trouvent. Les bulles s’accordent lorsque les mots passent du noir au rouge foncé. Au moment des grandes scènes d’action, de grandes onomatopées indique l’apogée de l’action. En réalité, ce comic book est donc l’œuvre de tous ces artistes réunis, à la recherche d’un équilibre parfait, et c’est plutôt réussi.

 

Dans tout ce travail fourni, il y a une véritable volonté de Kirkman d’attirer les amateurs de comics de super-héros pour leur faire découvrir un nouveau genre à travers un comic book indépendant d’arts martiaux.

« Puisqu’il y beaucoup de comics de super-héros, je voulais créer un comics qui s’adresse à ceux qui n'ont lu que des comics de super-héros mais qui ont hésité à essayer les comics d'horreur, de westerns ou de science-fiction, tous les types de comics qui existent. J’ai pensé que ça pourrait être un bon moyen de s’essayer à un nouveau genre de comic book tout en gardant le plaisir de lire un comics de super-héros. Par moments, ce sera un livre très drôle et parfois, ce sera un livre assez sombre, dit Kirkman. Il y a de la tragédie. Les comic books indépendant ont cette liberté de ton qui permet de rendre les livres un peu plus proches de notre réalité. Vous savez, un jour c’est une comédie, et les jours d’après c’est une tragédie. C’est un peu comme ça que la vie se déroule. »

La liberté de ton n’est pas le seul avantage d’une longue série de comics indépendants. Kirkman et Samnee s’engagent à garder la même créativité pendant toute la durée de la série. Avec la promesse de garder une cohérence grâce au travail complémentaire de Chris Samnee, Matt Wilson, Russ Wooton et Kirkman lui-même, il affirme qu’une certaine continuité est assurée.

« Si vous êtes un fan de la série et que vous vous plongez dedans, vous serez récompensé pour cela. Il y aura une histoire qui a du sens et une fin méritée. Vous ne pouvez pas obtenir ça d’un comics mensuel indépendant, qui n’est qu’un cycle sans fin. »

Il explique lui-même sa tentative d’attirer un public adepte des comics de super-héros mensuel et explique vouloir faire de Fire Power une sorte de tremplin vers le monde plus large des comics indépendants.

Vous pourrez très bientôt découvrir si le pari est réussi. En effet, la version française de Fire Power, traduite par Edmond Tourriol, connu pour son travail sur The Walking Dead et d'autres œuvres de Kirkman, sera publiée en 2020 aux éditions Delcourt.

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Delcourt

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