Pascal Agunaou est le coloriste de la saga Martian War chez Centaur Chronicles. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la campagne Ulule de l’éditeur qui accompagne la sortie de cette nouveauté.

Ouverte le 5 septembre 2026, la campagne de financement participatif du cinquième volume de la série principale entre désormais dans sa dernière ligne droite. L’objectif initial a déjà été atteint, mais les derniers soutiens peuvent encore permettre à Martian War de débloquer de nouveaux paliers : la campagne reste accessible directement sur Ulule.

Pascal Agunaou revient ici avec Edmond Tourriol sur plus de vingt-cinq ans de passion pour les comics, de Climax Comics à MAKMA, puis sur son retour à la colorisation avec Hoplitéa et Centaur Chronicles. L’occasion aussi de parler de Spider-Man, de Jack Kirby, de Mark Bagley, du travail souvent sous-estimé d’un coloriste et, forcément, de la manière dont un projet indépendant comme Martian War peut encore exister en 2026.

Sommaire

Voir aussi :
Centaur Chronicles : Martian War, le tome 5 est en financement sur Ulule

De Climax Comics à Centaur Chronicles : le parcours de Pascal Agunaou

Superpouvoir : Pascal, tu es coloriste chez Centaur Chronicles, mais avant de coloriser ce que tu fais aujourd’hui, tu as une longue carrière que je connais bien. Enfin, je ne connais pas bien toute ta carrière, mais en tout cas, je me souviens de ce qu’on faisait ensemble il y a plus de vingt ans, parce qu’on n’est pas tout jeunes. Il y a même plus de vingt-cinq ans, d’ailleurs.

Pascal Agunaou : Oui, c’est vrai.

Superpouvoir : Je trouverais ça super que tu nous fasses un petit récap de comment tu as commencé dans les comics, ce que tu étais venu y chercher, ce que tu y as trouvé et ce que tu y trouves aujourd’hui.

Pascal Agunaou : Très bien. Alors oui, tu as raison, si on remonte très loin, dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent absolument pas connaître… Je crois que c’était même avant l’an 2000. Moi, personnellement, les comics, la BD, ça a toujours été ma passion d’enfance, d’adolescence. J’ai toujours voulu d’abord dessiner, avant d’être coloriste. Toujours dessiner. Mais finalement, il y a souvent peu d’élus dans ce monde-là, parce qu’il faut être très, très, très doué quand même. Et puis le début des années 90, mine de rien, ce n’était pas aussi ouvert : pas d’Internet. Si tu n’étais pas dans la capitale ou carrément à New York pour les comics, tu ne perçais pas. Donc ce n’était pas possible.

Il y a eu quand même énormément de créations par des jeunes dans les fanzines, qui ont circulé dans beaucoup de salons, dans des villes. Moi, j’ai eu la chance de connaître d’abord quelqu’un sur un salon, qui m’a amené à découvrir Climax Comics qui était sur Bordeaux, si je ne me trompe pas.

Climax, c’était quand même un vivier. On apprenait, parce que là, par contre, on a eu la chance d’avoir les débuts d’Internet. C’est là où on a pu plus partager, plutôt que d’envoyer des planches. Ça m’a amené à découvrir vraiment le monde du dessin. Pas encore tout à fait la colorisation, mais vraiment le dessin, le dessin, le dessin. Et puis à se dire que, même si on ne perce pas, on fait des choses qu’on aime finalement, et c’est cool.

Quoi qu’il en soit, on a quand même tous un boulot à côté, généralement. Certains ont pu percer par d’autres biais, mais d’autres non. Après, je me suis quand même rendu compte qu’il y en avait qui étaient très, très doués au dessin. Moi, j’étais un peu moyen, mais j’aimais bien ce que je faisais.

Il y a eu l’arrivée de la colorisation numérique grâce à Photoshop. Ça nous a amenés à dire : “OK, malgré tout, je peux rester dans l’univers de l’art, de l’artistique, et aimer ce que je fais aussi”. La colorisation par Photoshop m’a amené à coloriser pour d’autres, finalement. D’abord un peu pour moi, puis pour d’autres, et ça marchait plutôt bien.

Climax, après, s’est professionnalisé et a créé MAKMA, qui est toujours là. MAKMA, c’est fou !

Page extraite de Martian War.

Superpouvoir (via Edmond Tourriol) : Heureusement, sinon je n’aurais pas de travail !

Pascal Agunaou : Les plus doués d’entre nous ont pu intégrer MAKMA. Ceux qui étaient bilingues, déjà, sont partis dans la traduction. Tout le monde connaît les traductions d’Edmond Tourriol ! Je viens de finir d’ailleurs le plus déjanté des Walking Dead, là, Rick Grimes 2000, chez Delcourt.

Superpouvoir : Alors attention, il y avait des répliques bien déjantées dont j’étais assez fier. J’ai peur que le relecteur payé par Delcourt en ait zappé quelques-unes, parce qu’il avait envie de mettre son nez dedans. J’espère que j’aurai eu le dernier mot, parce que justement, j’ai insisté pour dire : “Si, si, il faut quand même mettre ça, parce que c’est vachement plus cool”. Mais bon, parfois, c’est comme Garcimore : des fois, ça marche, des fois, ça ne marche pas.

Pascal Agunaou : Tout le monde ne connaît pas Garcimore non plus.

Superpouvoir : C’est une interview spéciale pour les vieux, ça !

Pascal Agunaou : Donc on a pu toucher quand même du doigt le côté professionnel. Moi, j’ai eu la chance de coloriser Totally Spies!, l’album numéro 3. J’ai pu faire quelques planches aussi, des coups de main, des aplats, avec Fred Vigneau, je crois, il me semble. J’ai pu travailler avec lui sur une BD, Général Leonardo, aux éditions Paquet, des choses comme ça. Plein de petits coups de main à droite à gauche. Et puis Totally Spies!, qui était quand même un gros projet très sympa.

Après, comme on disait, tout le monde ne perce pas. C’est quand même difficile de gagner sa vie avec ça. Donc à un moment, il y a des choix qui se font. La vie de famille fait qu’on se dit : “OK, je me concentre sur une partie professionnelle”. J’ai bien fait, complètement, donc ça me convient très bien comme ça. Pendant quinze, vingt ans, j’ai tout arrêté. Je suis toujours resté fan de comics, j’ai toujours lu. Donc j’ai toujours continué les comics.

Puis après, la vie passant, un peu plus installé, les enfants un peu plus grands, tu te dis : “OK, maintenant, je peux prendre un peu de temps pour moi, pour ma passion, et pourquoi pas revenir dans le comics par des associations, des choses comme ça”.

J’ai rencontré Laurent Arthaud, qui est bien connu des French comics, qui a toujours mille projets. Il faisait des petits concours. J’ai fait quelques dessins pour lui. Après, il m’a mis en contact avec Patrice Martinez, que j’aime beaucoup. J’aime bien son style, sa patte graphique. Il a aussi un boulot à côté, il aime ce qu’il fait, il donne beaucoup.

Avec Marti, j’ai pu coloriser Hoplitéa, tome 4. Ça, c’était cool, et ça m’a permis de revenir vraiment dans le comics. Vraiment un gros projet très sympa. Hoplitéa a bien marché, on a continué. Finalement, je me suis dit : “Marti, si tu as d’autres trucs, j’ai envie de suivre un peu”.

Ça m’a permis de rencontrer Centaur Chronicles, donc Jean-Michel de Centaur Chronicles, qui a son univers à lui : Centaur Chronicles, tomes 1, 2, 3, 4. Jean-Michel m’a demandé de coloriser Fantoman. J’ai colorisé une histoire de Fantoman dessinée par Eudo.

Après, d’autres projets arrivant, on a Marti qui était toujours chez Centaur Chronicles, Martian War. Voilà, on arrive ici à Martian War. C’était aussi un projet dans la continuité de Centaur Chronicles, tome 4. Ça fera le cinquième tome.

Le projet prend un peu de temps, mais je me suis remis un peu dedans, complètement. Ce n’est pas facile, parce que le boulot, c’est à peu près dix, douze heures par jour. Il faut trouver du temps pour coloriser, s’occuper de sa vie de famille.

Première page de de Martian Wars, le tome 5 de Centaur Chronicles.

Superpouvoir : Tu fais dix, douze heures par jour, quand même, de boulot, de vrai boulot ?

Pascal Agunaou : Oui.

Superpouvoir : Donc forcément, pas tant de temps que ça pour t’amuser dans les comics.

Pascal Agunaou : Non, mais j’ai la chance d’être passionné aussi par mon métier. Je suis cadre commercial, donc je m’occupe d’une équipe de jeunes commerciaux avec les dents longues, qu’il faut driver. C’est intéressant, et ça fait beaucoup de déplacements, beaucoup de temps aussi. Mais voilà, j’ai dit : “Allez, je peux bien trouver un peu de temps pour coloriser”. Petit à petit, on y arrive.

Là, on a terminé. C’est vraiment tout récent, ça fait à peine un mois qu’on a fini. Alors, il y a quatre chapitres de vingt pages. Ça fait du boulot. On ne se rend pas compte. J’ai des collègues qui pensent que, par moments, j’appuie sur le pot de peinture sur mon écran et ça remplit.

Superpouvoir : Les gens ne se rendent jamais compte. Ça ne se fait pas tout seul. “Comment ça, il y a des gens qui sont payés pour faire ça ?”

Pascal Agunaou : C’est très intéressant. Quand je leur explique, je leur dis : “Attendez, vous ne vous rendez pas compte que j’attrape chaque personnage, je le détoure, je lui donne des ombres, des effets.” C’est beaucoup plus long que de dessiner. C’est très long.

Page de Martian War colorisée par Pascal Agunaou.

Martian War et l’univers de Centaur Chronicles

Superpouvoir : Alors, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de l’univers Centaur Chronicles et de ce qui te plaît dans cet univers ?

Pascal Agunaou : Jean-Michel Ferragatti pourrait en parler bien mieux que moi. Finalement, ce que j’aime, c’est que je pense que tout le monde a connu un petit peu l’univers. Ce sont des personnages tombés dans le domaine public, des personnages oubliés.

Jean-Michel, son idée, c’était : “On va ramener ces personnages-là dans notre ère moderne.” C’était ça, l’idée. Donc il y a des personnages qui nous parlent, qui ne nous parlent pas. Il y en a qui sont anciens, mais Amazing-Man, celui-ci, il parle vraiment beaucoup quand même. L’idée, c’était de pouvoir retrouver ces personnages-là.

Le truc qui est génial aussi, c’est qu’ils remettent au goût du jour les vieilles histoires, recolorisées, retouchées.

Superpouvoir : Et ça, c’est quand même intéressant.

Pascal Agunaou : Il y a aussi Jean-Marie Minguez, qui s’occupe de toutes les couvertures. Il a quand même une patte, pour ceux qui connaissent ou pas. C’est quand même un artiste incroyable.

Superpouvoir : Ah oui, j’aime beaucoup.

Pascal Agunaou : C’est ça : on reprend ces personnages-là, on les met dans notre ère moderne, on explique pourquoi ils ont été oubliés, comment ils ont pu revenir. Et Martian War, c’était l’idée. C’était un des personnages, Magician from Mars… Je crois que je vais me faire engueuler parce que je me plante. Je ne suis que coloriste ! Donc il voulait raconter son histoire, ses origines sur la planète Mars. Donc on est sur la planète Mars avec ce personnage.

Couverture de Martian Wars, le tome 5 de Centaur Chronicles dessinée par Jean-Marie Minguez.

Spider-Man, Jack Kirby et Mark Bagley : les influences de Pascal Agunaou

Superpouvoir : OK, super. Toi, en tant qu’artiste, si tu devais travailler sur le comic book de tes rêves, ou la série de tes rêves, ou le personnage de tes rêves, ce serait quoi ?

Pascal Agunaou : Spider-Man. Ouais. Ben oui, quand même, Peter Parker, ça reste Spider-Man, ça reste le GOAT. Non, mais c’est vrai. Honnêtement, vraiment, toucher du Spider-Man… On l’a tous fait en tant que jeunes dessinateurs, à vouloir refaire du McFarlane, du Mark Bagley. C’est vraiment Spider-Man, ouais. Ça serait le Graal.

Superpouvoir : Et en tant que lecteur, c’est aussi ton personnage préféré ?

Pascal Agunaou : Oui, mais c’est compliqué maintenant. On a du mal à… Les comics, c’est dur. J’ai l’impression que je rachète de nouvelles éditions de mes anciens comics. Trouver quelque chose qui nous plaise maintenant, tout de suite, à part les Absolute qui arrivent un peu sur le marché… Mais ça va, il y a Pepe Larraz en ce moment sur Spider-Man, ça va. Il est très, très fort.

Superpouvoir : Il est très, très, fort, effectivement. Après, graphiquement, il y a toujours des trucs chouettes. C’est juste que les histoires, effectivement… Mais peut-être aussi qu’on est trop vieux pour ces comics. Peut-être qu’au bout d’un moment, il faut qu’on accepte que les mecs qui mettent leur slip par-dessus leur pantalon pour se taper dessus, ce n’est pas pour les mecs de cinquante balais aussi. C’est ça, le truc.

Pascal Agunaou : C’est vrai, tu as raison.

Superpouvoir : Je n’en sais rien, parce que moi, je continue. Effectivement, quand je relis mes vieux X-Men de John Byrne, je ne me pose pas la question. Je ne me dis pas que ce n’est pas bien. Non, je trouve ça hyper bien. Pareil pour, je ne sais pas, n’importe quel bouquin des années 70, alors que finalement, ils étaient aussi faits pour des gamins.

Donc peut-être qu’il faut juste accepter qu’ils ont été faits pour des gamins qui étaient nés à la même époque que nous. Chaque génération part avec ses comic books favoris et ses personnages favoris. C’est ça qui est intéressant avec Centaur Chronicles : ce sont des personnages qui ont été créés pour la génération de nos parents, voire de nos grands-parents. Pour le coup, c’est marrant d’arriver à faire fonctionner ça en 2026.

Pascal Agunaou : Je suis toujours très étonné par le public, parce qu’il faut savoir que, chez Centaur Chronicles, on fait beaucoup de salons. Il y a la campagne Ulule qui permet de sortir les projets, mais il y a énormément de ventes sur les salons. Donc ils multiplient les salons. Le public est toujours quand même très intéressé. Ça ne leur parle pas, mais en racontant un peu cette histoire, ils adhèrent. Vraiment, ils adhèrent. Ça plaît beaucoup.

Page 3 de Martian Wars, le tome 5 de Centaur Chronicles

Superpouvoir : Toi, tu participes à des salons de temps en temps, quand même ?

Pascal Agunaou : Cette année, ça va être un peu plus compliqué, parce qu’on n’a pas assez de place mais j’ai fait Douai et Blois.

Superpouvoir : Quand tu dédicaces, tu fais des dessins ou tu fais de la couleur ?

Pascal Agunaou : Les deux. Ils seraient un peu déçus de ne voir qu’un petit bonhomme en couleur. Non, je fais les deux. Je donne toujours un coup de main aux collègues quand il n’y a pas de dessinateur. Il y a souvent Fusion Man qui est à côté de nous, David Halphen. Donc on donne un coup de main aussi quand il n’a pas de dessinateur. On lui fait une petite griffe pour lui, quoi.

Superpouvoir : Et alors toi, quand tu dessines, c’est toujours avec ton style un petit peu Jack Kirby ?

Pascal Agunaou : Ouais, j’essaie. J’aime bien garder ça.

Superpouvoir : Mais il était très chouette, ce style ! Je me souviens, avec MAKMA, on avait vendu quelques dessins pour des trading cards, pour un jeu américain aussi, dans ce style. Le mec, c’est vraiment ce qu’il voulait, il voulait un style Kirby. Donc c’était parfait pour toi.

Pascal Agunaou : C’est vrai, c’était Omlevex.

Superpouvoir : Oui, exactement. C’est bien que tu t’en souviennes. Moi, je me souviens des dessins, mais j’avais oublié le nom du client. C’était il y a vingt-cinq ans. C’est dommage qu’on n’ait pas pu en faire plus, parce que je pense que ça avait un potentiel assez cool. D’ailleurs, je crois que tu avais un bon sens du design. Tu devrais peut-être faire une petite histoire de quatre, six pages. Tu pourrais trouver ta place de manière très élégante dans les Centaur Chronicles. Mais bon, ça, je te laisse voir avec Jean-Michel, tu vas le convaincre.

Pascal Agunaou : Oui, tout à fait. J’arrive toujours à faire une petite pin-up ou deux dedans, qui apparaissent.

Superpouvoir : Déjà, ouais.

Pascal Agunaou : Mais on va dire qu’il y a presque deux styles, parce que j’ai quand même un peu le style de Mark Bagley aussi.

Superpouvoir : Ah ben ouais, tu m’étonnes.

Pascal Agunaou : Et celui-là, je me rends compte que souvent, dans certaines rondeurs et tout, je m’y retrouve un peu. Je le retrouve, ouais.

Page 2 de Martian Wars, le tome 5 de Centaur Chronicles

La campagne Ulule de Martian War et le financement participatif

Superpouvoir : Alors maintenant, une petite question qui va rebondir sur ton métier. Tu es cadre commercial, donc tu as une grande expérience, un grand savoir-faire dans l’art de vendre des choses. Est-ce que ce super-pouvoir de l’art de la vente, tu le mets aussi au service de la campagne Ulule de Centaur Chronicles ? Ou est-ce que tu donnes des conseils à Jean-Michel pour l’aider à bien commercialiser toute sa collection de bouquins qu’il a à vendre ?

Pascal Agunaou : Je vais être complètement honnête. Ce n’est plus mon univers, ce n’est plus mon monde. Les campagnes participatives, j’ai un peu découvert ça il y a cinq, six ans. Moi, en tant que lecteur, ça m’embêtait d’être là-dedans. Je n’avais pas cette mécanique, et ça m’embêtait. Ça m’embête toujours, parce que quand je vois que je vais payer soixante-dix balles pour un Photonik que je vais attendre trois ans, de Paul Renaud, ça me tend un peu, quoi, tu vois.

Je n’étais pas dedans, mais j’ai compris avec NorthStar Comics et Centaur Chronicles que ça fait partie de l’univers, comme nous, à notre époque, avec les fanzines. Et tant mieux que ça existe, qu’il y ait quand même des fans comme nous. Je pense que la fourchette d’âge doit être entre quarante et soixante ans, de ceux qui participent.

Superpouvoir : Oui, on n’est même pas dans la fourchette haute, toi et moi. C’est ça qui est dingue.

Pascal Agunaou : Mais tant mieux qu’il y ait quand même ça, parce qu’ils arrivent à… Je ne vais pas dire autofinancer, parce que ce n’est pas gagné, vraiment. Ils arrivent à autofinancer au moins l’édition papier, qui permet justement de faire tous les autres salons après, qui rapporteront un petit peu. Mais non, je ne me mets pas là-dedans, parce que pour vendre là-dedans, ce n’est pas ce que je fais dans mon métier de commercial. Moi, je dois proposer un produit, le mettre en avant, trouver les objections et contrer les objections. Ça, c’est mon métier.

Mais là, dans cet univers-là, c’est surtout du média et des réseaux sociaux. C’est énorme, l’influence des réseaux sociaux là-dedans. C’est là, ça va partout et je ne suis pas assez présent là-dedans. Par choix.

Illustration de Jean-Martie Minguez du tome 5 de Centaur Chronicles, Martian Wars.

Quel super-pouvoir choisirait Pascal Agunaou ?

Superpouvoir : Après, tu passes déjà dix ou douze heures de ta vie par jour à vendre. Quand tu fais des comics, c’est peut-être pour t’amuser un peu et pas pour en faire du boulot. Je peux comprendre. Bon. Chez Superpouvoir, nous, ce qu’on aime bien, c’est savoir ce que tu voudrais avoir, toi, comme super-pouvoir. Et à quoi ça te servirait ?

Pascal Agunaou : Oh, c’est fou, ça. L’invisibilité, ça a toujours été un truc qui revenait, tu vois.

Superpouvoir : C’est un truc de pervers, ça. Je sais exactement à quoi je m’en servirais.

Pascal Agunaou : Oui, l’invisibilité, je ne sais pas. Franchement, c’est une grande question. Peut-être que quand j’avais vingt-cinq ans ou quinze ans, je t’aurais trouvé ça du tac au tac, mais là, je n’y ai même plus pensé depuis des années. L’invisibilité, et puis le fait… Non, allez, le passe-muraille. Allez, hop ! Et pour les plus anciens encore, le Garou-Garou.

Superpouvoir : Tu en profiterais pour passer où ?

Pascal Agunaou : Au moins une banque, au minimum.

Superpouvoir : Bien sûr, pas mal. Merci Pascal pour ce petit flash-back nostalgique sur tes débuts, sur le pourquoi des super-héros, les super-héros que tu aimes bien et ce que tu fais aujourd’hui. Est-ce qu’avant de nous quitter, tu as une dernière chose à raconter aux lecteurs ou un dernier encouragement pour qu’ils puissent mettre la main à la poche pour investir sur Ulule ?

Pascal Agunaou : Oui, parce que mine de rien, Centaur Chronicles, c’est quand même… Je ne vais pas dire une bande de jeunes qui se fend la gueule. Non, c’est vraiment une super bande. Il y a des gens passionnés : Jean-Michel, Jean-Marie, Patrice, j’en oublie. Ce sont vraiment des gens qui s’investissent énormément.

Ils ne comptent pas leur temps, ils ne comptent pas leur argent, parce que je le dis vraiment, je le dis haut et fort : personne ne gagne sa vie avec ces choses-là. Ce n’est pas possible. Ce sont vraiment des gens qui sont passionnés, qui veulent mettre en avant ce qu’ils aiment, et il faut aider, soutenir.

C’est pour ça que moi, je vais souvent, malgré tout, dans les campagnes participatives pour aider les autres. C’est bien qu’ils aillent au bout de leur projet. C’est ce que j’ai à dire.

Superpouvoir : Eh bien, c’est une belle mentalité et un beau message. Je crois qu’on doit tous soutenir ce genre de causes créatives et patrimoniales. Donc bravo Pascal, merci. Tu nous tiens au courant, bien sûr, dès que tu as une nouvelle actu, dès que tu lances un nouveau projet. On sera ravis d’en parler sur Superpouvoir.

Pascal Agunaou : Très bien, merci Edmond, et puis au plaisir !

Superpouvoir : Exactement, au plaisir.

Pascal Agunaou

Pascal Agunaou, coloriste

Propos recueillis par Edmond Tourriol.

Ce qu’il faut retenir (FAQ)

Qui est Pascal Agunaou ?
Pascal Agunaou est dessinateur et coloriste. Passé notamment par Climax Comics puis plusieurs collaborations liées à MAKMA, il a travaillé sur Totally Spies!, Hoplitéa, Fantoman et assure aujourd’hui les couleurs de Martian War.

Qu’est-ce que Martian War ?
Martian War est le cinquième volume de la série principale Centaur Chronicles. Cette nouvelle aventure remet Magician from Mars au premier plan et peut être découverte sans avoir lu les quatre premiers tomes.

Qui dessine et colorise Martian War ?
Le nouvel album est dessiné par Marti, déjà présent sur les quatre premiers volumes de Centaur Chronicles, et colorisé par Pascal Agunaou.

Faut-il avoir lu les précédents volumes de Centaur Chronicles ?
Non. Martian War a été conçu comme une aventure autonome. Les premières pages rappellent les éléments nécessaires pour permettre aux nouveaux lecteurs d’entrer directement dans l’histoire.

Où soutenir la campagne de financement de Martian War ?
La campagne de financement participatif est accessible directement sur Ulule. L’objectif initial a déjà été atteint, mais la campagne est encore ouverte au moment de la publication de cette interview et les soutiens supplémentaires permettent de viser les derniers paliers.

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