Juni Ba, le scénariste/dessinateur de Monkey Meat, un comic book totalement déjanté, propose avec Robin – The Boy Wonder de redonner ses lettres de noblesse à Damian Wayne, le cinquième Robin et l’actuel fils de Bruce Wayne.

Avec une aventure un peu décousue, l’auteur propose une histoire très naïve et classique, qui ne dénote que par l’originalité de son approche graphique et qui perd de son intensité au fil des pages.

Sommaire

Robin the boy wonder par Juni ba

Image © DC Comics

Une relecture graphique audacieuse

Confier à Juni Ba, qui s’était démarqué par ses titres Monkey Meat et Mobilis, une mini-série estampillée Black Label sur Damian Wayne avait tout d’un pari. Les graphismes de l’artiste sont en effet très singuliers, mélangeant plusieurs styles et pouvant effrayer le lecteur au premier abord. Et de fait, revisiter les relations entre Damian et le reste de la Bat-Family avait tout d’un projet casse-gueule, surtout quand l’auteur décide de l’enrober dans un aspect conte des 1001 nuits. Et si le travail de Juni Ba est irréprochable, si sa touche graphique est unique et si son amour pour Batman transparaît dans chacune de ses pages, cela reste quand-même un peu trop gentillet, et surtout trop déconstruit pour pouvoir atteindre les sommets que l’on pouvait attendre.

On suit donc dans Robin The Boy Wonder les aventures de Damian Wayne, le fils de Bruce Wayne et de Talia Al Ghul, qui a bien du mal à trouver sa place au sein de la Bat-Family. En effet, lorsque son père l’emmène en tant que Robin lors de sa première mission, le jeune homme, élevé par la ligue des assassins, décapite sans ménagement le premier criminel qu’il croise. Ce qui le place directement à part des autres détenteurs du costume de Robin. Via des évènements mystiques et magiques qui se produisent à Gotham durant l’absence de Batman, Damian Wayne va, au détour de ses rencontres avec les différents Robin, pouvoir trouver enfin son identité et surtout, faire le point sur son passé d’assassin en affrontant une nouvelle fois sa mère et son grand-père, le terrible Ra’s al ghul. Il va découvrir ce que cela signifie réellement que d’être un Robin et de faire partie d’une véritable famille.

Robin the boy wonder par Juni ba

Image © DC Comics

Un Damian en quête d’identité

Au départ, on se laisse facilement prendre dans cette histoire, qui commence d’ailleurs comme un conte de fées, raconté par un jeune garçon kidnappé. On comprend très vite les enjeux et Juni Ba, bien qu’étant dans le cadre du Black Label, donc hors-continuité, propose quand-même des personnages très en adéquation avec ce que l’on connaît. Il y a très peu de changements par rapport aux versions classiques de Batman, Nightwing et autres, ce qui est logique dans la mesure où Juni Ba a pour but d’évaluer et de tisser sa toile autour des relations entre ces derniers.

On commence donc par une structure assez simple où Damian va rencontrer à chaque épisode un Robin différent (d’abord Nightwing et Batgirl puis Jason et enfin Tim). Et c’est à mon sens la partie la plus intéressante, dans la mesure où il y a une véritable confrontation, un changement de paradigme dans les pensées de Damian qui comprend, en se rapprochant des autres, ce qui ne tourne pas rond dans sa manière d’être Robin.

Robin the boy wonder par Juni ba

Image © DC Comics

Un final trop convenu malgré la qualité visuelle

Sauf que voilà, il reste encore deux épisodes et Ba a fait le tour. Le voici donc en train de sortir de son schéma narratif pour embrayer sur une histoire avec Ra’s al ghul et Talia, où tout le monde viendra donner un coup de main à la fin. Et à mon sens, il n’y a pas de personnage plus caricatural que Ra’s al ghul. De fait, ce qui commençait à être original devient très classique, avec une histoire que l’on a déjà eu l’impression de lire des centaines de fois. De toute façon, avec Ra’s il n’y a jamais eu d’histoire très originale, c’est toujours la même intrigue tournant autour des puits de résurrection et sur la volonté de sortir de la ligue des assassins.

On s’ennuie donc un peu en dépit de la maestria graphique de l’auteur et comme l’ambiance est très naïve, on sent déjà venir la fin, le seul suspense restant n’étant pas sur Robin mais sur l’identité du narrateur de l’histoire. Et même cette révélation finale semblera un peu trop gentillette. Non pas que pour qu’un comics soit réussi il doit être sombre et glauque (bien au contraire), mais je trouve que la conclusion que fait Juni Ba à son Robin The Boy Wonder trop lisse et en contradiction avec son style. Cela reste toutefois une bonne histoire, trop classique pour réellement captiver le lecteur sur la longueur mais avec d’énormes qualités graphiques.

Ce qu’on retient de Robin The Boy Wonder

Points forts :

  • les graphismes
  • le sens de la composition et quelques idées artistiques bien senties.

Points faible :

  • un scénario peut-être un peu trop naïf et sans réelle originalité.

Robin – The Boy Wonder, par Juni Ba, traduit par Benjamin Viette, disponible depuis le 11 juillet 2025 chez Urban Comics dans la collection DC Black Label, 184 pages, 20,5 euros.

Robin – The Boy Wonder, par Juni Ba, chez Urban Comics.

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