Voilà dix ans qu’Eric Peyron fait vivre, contre vents et marées, sa création, Rage, et l’univers de Fantasy qu’il a construit autour de lui. À  l’occasion de la sortie du  quatrième numéro de Rage, nous avons pris le temps de faire le point avec lui sur cette décennie d’expérience dans l’auto-publication.

Eric Peyron 

Bonjour, Eric. Tu es le créateur et scénariste de Rage. Avant d’en parler, peux-tu te présenter en quelques mots et ce qui t’as amener à te lancer dans l’aventure de l’auto-publication ?
Salut Alain. Je m’appelle Eric Peyron, et je suis… Ah, j’aimerais pouvoir dire que je suis un fan de comics de la première heure, mais il y avait quand même pas mal de gens avant moi. J’ai découvert les comics à 7 ans avec les vieux Strange des Éditions Lug, qui adaptaient les comics de Captain Marvel par Gil Kane, puis Jim Starlin, Spider-Man par John Romita Sr. et Gil Kane, Daredevil par Gene Colan, et Iron Man par George Tuska (en alternance avec Iron Fist). J’ai commencé ma collection avec le Strange #75, qui contenait le combat de Captain Marvel contre Thanos. Je ne l’aurais pas mentionné s’il n’y avait pas eu Avengers: Endgame, mais là, c’est l’occasion ! J’adore Jim Starlin en tant que scénariste et dessinateur. J’ai rarement vu un artiste en mesure de communiquer aussi magnifiquement les visions qu’il se tapait après ses prises de LSD. Découvrir les comics Marvel avec des dessins emplis d’étoiles, d’action et de scènes choc, et des scénarios teintés de mysticisme a été une révélation.
Je suis donc tombé dans les comics quand j’étais tout petit grâce aux Éditions Lug, qui à l’époque censuraient les séries qu’ils publiaient pour ne pas avoir de problème avec la Commission paritaire, puis j’ai également acheté les comics traduits de leur concurrent Aredit/Artima, qui publiait des BD couleurs avec des dialogues résumés et tapés à la machine, et des BD noir et blanc en petit format classées Pour Adultes (pour éviter la censure), avec des textes correctement traduits cette fois, mais des cases tronquées, reconstituées, et complétées par des dessinateurs maison, le format poche ne correspondant pas au format comics.
Tout ceci pour dire qu’à environ 15 ans, j’ai commencé à collectionner mes comics en version originale. Pour en arriver là, j’ai quand même dû faire quelques efforts, et utiliser un énorme dictionnaire d’anglais posé sur ma table de chevet, pour pouvoir comprendre ce que je lisais. Et quelques années plus tard, j’étais traducteur d’anglais.
Je suis devenu traducteur d’anglais un peu par hasard, en 1998 dans une bulle économique. Tout le monde cherchait des traducteurs d’anglais à l’époque, pour traduire soit des logiciels et leurs modes d’emploi, soit des articles sur ces mêmes logiciels dans des magazines vendus en kiosque. J’ai ainsi pu me faire une petite fortune en travaillant pour Computer Arts et de nombreux éditeurs de logiciels, et consacrer une modeste partie de ces revenus à la création d’un album de BD.
Rage est une série de fantasy d’inspiration comic-book. Comment la résumerais-tu ? Quelles ont été tes influences ?
Avec Rage, mon but était de créer une histoire de super-héros dans un univers d’heroïc fantasy, tout en essayant de casser l’identification. Mes personnages ne sont pas des héros, et je ne suis même pas certain qu’on puisse les qualifier d’anti-héros. Ils ne pensent vraiment tous qu’à leur gueule.
Rage, le personnage principal, est un barbare aux super-pouvoirs. J’ai voulu créer un personnage entre Conan et Hulk en quelque sorte, mais dépourvu du sens de l’honneur particulier de Conan. Rage n’a d’ailleurs aucun sens de l’honneur particulier… Il s’agit d’un personnage sinistre et malfaisant qui a eu 10 000 ans pour ruminer sa vengeance contre les Dieux et les humains.

Entre Conan et Hulk, Rage est tout sauf un personnage rassurant. Etudes de Thony Silas (Eric Peyron/Glyphs Production)

Dans le premier album, il est libéré sous condition par Nicodémus, un vieux magicien autrefois très puissant qui voudrait l’utiliser contre les démons qui réapparaissent dans le royaume d’Arthkan. Je vois Rage un peu comme un pitbull qui n’aimerait pas son maître, mais serait obligé de le servir. Une créature maléfique qui n’attend qu’une occasion pour se libérer et tout détruire autour de lui. Ces deux personnages sont accompagnés par Tuk, un petit voleur un peu volage, et Ariane, l’une des filles du roi d’Arthkan.
Ariane est le personnage de la série le plus intéressant à écrire. Il s’agit d’un personnage très positif sur certains points, et très négatif sur d’autres. C’est elle qui soude l’équipe, et j’ai l’impression que si elle n’était pas là, tout le monde s’en irait de son côté. Elle est très forte physiquement, et taillée pour la guerre, mais essaie quand même d’apprendre la magie envers et contre tout. L’un des traits de caractères qui m’a le plus intéressé quand je l’ai écrite, est qu’elle est également raciste par ignorance. Dans le premier épisode de Rage, qui fait suite au premier album, j’ai créé le peuple des Gonthoriens, que tout le monde déteste dans la partie d’Arthkan où vivent les personnages, pour ses pratiques consanguines et son adoration malsaine d’un dieu complètement abruti dont la mascotte est un ver géant. Les dialogues racistes d’Ariane sont venus tout naturellement, et ça a été rafraîchissant. En fait je regrette l’époque de mes vieux Conan, avec les blagues de Roy Thomas sur les Brythuniens, qui ont vite été éliminées de la série. J’ai essayé de reproduire cette ambiance en l’amplifiant un peu. De nos jours, quand on veut parler de racisme, on crée des héros positifs, on leur fait dire des trucs positifs, et on se casse les pieds à écrire des dialogues qui sonnent quand même un peu faux. Dans Rage #1, j’ai fait dire à Ariane tout ce qu’il ne fallait pas dire dans une BD, et je me suis marré en écrivant. Et comme je suis mon propre éditeur, personne ne m’en a empêché. J’ai donc commencé à écrire toute la série sur le même ton, en faisant faire à mes personnages tout ce qu’il ne faut pas faire, et en leur faisant dire tout ce qu’il ne faut pas dire. En écrivant de cette façon, je me sens un peu comme un humoriste ou un caricaturiste. Je décris des personnages avec des failles, dont certains traits de caractère rappelleront peut-être aux lecteurs des membres de leur famille, leurs voisins où leurs collègues de bureau…
Concernant mes sources d’inspiration, je lis au moins une BD par jour, et je regarde pas mal de films et de séries TV. J’ai arrêté les jeux vidéo pour le moment parce que je n’ai plus le temps, et je ne joue pas souvent à des jeux de rôles. Ceci dit, quand je lis et quand je regarde un film, j’ai plutôt tendance à m’inspirer de sa structure que de son contenu. Ce qui m’intéresse le plus, c’est la façon dont les événements sont amenés dans une histoire. Pour le contenu de mes histoires, je dirais plutôt que je m’inspire de la vie en général, de mon entourage, des informations télévisées, et des conneries paranoïaques postées régulièrement sur les réseaux sociaux.
Tu es scénariste. Comment fais-tu pour trouver les dessinateurs qui donneront vie à ton imaginaire ?
Comme la plupart des scénaristes, j’ai tout d’abord essayé de faire en sorte qu’un éditeur trouve les dessinateurs pour moi : depuis mes 21 ans, j’envoyais régulièrement des scénarios de BD à divers éditeurs français, et ces scénarios étaient systématiquement refusés. Normalement, dans ces cas là, lorsqu’on relit ses scénarios quelques années plus tard, on se rend compte qu’ils étaient très amateurs, et on comprend le refus. J’ai relu le scénario de Rage 20 ans plus tard, et d’un point de vue technique, je n’ai rien trouvé à redire. Je n’ai pas compris pourquoi il a été refusé, et quand j’ai eu le budget pour monter un album de BD, c’est le scénario que j’ai choisi.

Rage: Fléau des démons par Eric Peyron et Thony Silas (Glyphs Production)

Ma première idée était de réaliser cet album de façon classique, en trouvant un dessinateur avec lequel j’aurais partagé les revenus. Pour plus de commodité, j’ai créé un site consacré au projet, le Rage Website, puis j’ai passé quelques annonces dans des forums de BD pour trouver un dessinateur. J’ai reçu de nombreuses réponses très enthousiastes, mais je me suis heurté à un problème relativement courant : les dessinateurs les plus motivés n’étaient pas assez bons, et les meilleurs voulaient être payés d’avance. Je me suis donc résolu à réunir un budget pour payer mes artistes, et j’ai contacté une agence (Glasshouse Graphics, de David Campiti), en demandant quel dessinateur on pouvait me proposer pour le budget dont je disposais. C’est comme ça que j’ai connu Thony Silas, le dessinateur du tout premier album de Rage. A l’époque, Thony ne travaillait ni pour Marvel, ni pour DC, et il a souhaité peindre le premier album entièrement à l’aquarelle. Quand j’ai vu ses premières pages, j’étais à fond avec lui. Le résultat est le premier album de Rage : Rage, Fléau des démons. Je passe par cette même agence pour la plupart de mes projets. Pour d’autres projets, c’est au hasard des rencontres. Je ne privilégie aucun style en particulier. Certains de mes dessinateurs ont un style comic-book, d’autres penchent plutôt vers le franco-belge, et d’autres encore vers le manga. Je m’attache surtout aux qualités techniques d’un dessinateur, plutôt qu’à son style.
Tu proposes tes créations essentiellement en numérique.  Comment vois-tu ce mode de diffusion ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ?
Le plus gros avantage du numérique est le coût de production et de diffusion d’une BD couleur. Pour un artiste qui s’occuperait de toute une BD de A à Z, c’est tout simplement gratuit. Quand j’étais plus jeune, c’était loin d’être le cas. Un artiste qui voulait publier sa propre BD demandait un devis à un imprimeur pour une BD couleur, écarquillait les yeux et se mettait à hurler en consultant le devis, puis demandait un nouveau devis avec moins de pages, moins d’exemplaires et du noir et blanc. Malheureusement, même dans ces conditions, pour que le livre soit rentable, il fallait lui attribuer un prix de vente prohibitif. L’artiste devait donc l’éditer à perte avec un prix de vente correct, ou juste abandonner, et chercher un travail un peu moins farfelu.
Grâce au numérique, tous ces soucis ont disparu. On peut à présent monter une BD couleur sans dépenser un sou. Il faut bien entendu un ordinateur, un scanner, et les applications appropriées, mais ce n’est pas compliqué à trouver. Pour la diffusion, il suffit de contacter un éditeur numérique et lui envoyer le produit fini, pour que celui-ci soit mis en vente dans sa bibliothèque (pas forcément tout de suite. Il faut compter plus d’un mois pour l’approbation d’une BD par comiXology, par exemple). La mise en vente est gratuite, et l’éditeur retiendra un pourcentage sur chaque vente.

Rage #4, le nouvel épisode de la saga, disponible dés maintenant en numérique (Eric Peyron/Glyphs Production)

L’inconvénient majeur du numérique pour un éditeur est plus difficile à comprendre, parce que depuis l’apparition des médias numériques, qui a entraîné la généralisation du piratage, les producteurs de musique ont essayé de noyer le poisson pour conserver le plus longtemps possible leur ancien système de diffusion. Pour rester dans l’exemple de la BD, cet inconvénient tient au fait que dans un système exclusivement numérique, l’éditeur vend ses livres un par un. Dans un système de vente de livres imprimés, seul le libraire, en bout de chaîne, vend les livres à l’unité. L’éditeur, lui, encaisse les commandes groupées, gère les retours, et profite globalement de la visibilité de ses livres en librairie. Avec un budget initial conséquent, une bonne gestion des commandes, et le contrôle direct ou non des différents intervenants dans la chaîne, un grand éditeur peut retirer des bénéfices, même de livres dont les ventes ne sont pas terribles.
Dans un système exclusivement numérique, l’éditeur se retrouve un peu à la place du libraire, ce qui n’est pas du tout à son avantage. Avant cette généralisation du numérique, le seul manque à gagner résidait dans les prêts entre particuliers et la vente d’occasion, sur lesquels éditeurs et artistes ne touchaient aucun droit d’auteur. Avec le numérique, le piratage a généré un manque à gagner plus important, mais le problème majeur réside dans la vente de produits numériques, une évolution que tout le monde a essayé de retarder, mais que personne ne peux arrêter. Si un libraire parvient à vendre trente exemplaires d’un même livre imprimé à trente clients différents dans le mois par exemple, toute la chaîne de distribution va en bénéficier, de l’éditeur au libraire. La commande initiale était largement supérieure à trente exemplaires, et le nombre d’exemplaires de la prochaine commande sera probablement plus important. Pour les éditeurs comme moi, c’est très différent : si je vends trente exemplaires numériques d’un même livre dans le mois, je vais gagner environ trente euros.
Et ce n’est pas tout. Les libraires commandent leurs livres sur une plateforme globale listant tous les éditeurs majeurs. Si un livre ne possède aucune fiche sur la plateforme, même s’il est disponible en impression à la demande, ils ne le commanderont pas. S’ils ne le commandent pas, il y a très peu de chance que son éditeur sois invité en festival par un libraire, et les festivals sont une part importante de la promotion d’un petit éditeur. Comme tout le monde le sait déjà, en festival, il y a une différence entre un auteur de BD édité par un grand éditeur, et un auteur de BD en auto-édition. Dans de nombreux festivals, les vrais auteurs de BD sont invités au restaurant, logent dans un hôtel, et sont défrayés. Ils n’ont pas tous créé Titeuf, mais ils bénéficient tous du même traitement, parce que pour les éditeurs et les libraires, les festivals sont un business. Si un libraire invite un auteur de BD à un festival, c’est parce qu’il sait qu’il va pouvoir commander une grande quantité de ses livres sur la plateforme à un éditeur ravi d’augmenter ainsi son volume de ventes. Grâce aux séances de dédicaces, le libraire va amortir le prix de son stand et augmenter ses bénéfices, et le festival va attirer du monde grâce à la présence d’artistes connus dont les clients n’ont souvent jamais entendu parler. À ce propos, note qu’il est préférable de ne pas apporter à ta vedette préférée une BD de ta collection pour la faire dédicacer. Une BD non achetée sur le stand du libraire ne rapporte rien au libraire, ni à l’éditeur, et s’il y a trop de monde dans la file d’attente, on risque de t’envoyer poliment te faire foutre.
Si le livre d’un petit éditeur est disponible uniquement en numérique, il va lui falloir en créer une version imprimée (même en utilisant un système d’impression à la demande), pour être au pire invité gratuitement dans la section Fanzines d’un festival, ou pouvoir négocier un stand en tant qu’auto-éditeur. Si ce petit éditeur a un copain libraire, il sera certainement plus enclin à l’inviter à son stand, mais uniquement s’il a de la place, et ça n’arrivera pas souvent. L’idéal est bien entendu d’inscrire la BD sur la plateforme globale utilisée par les libraires, ce qui implique de le faire imprimer en grande quantité pour pouvoir faire baisser son coût unitaire, et rentrer dans ses frais une fois que les intervenants auront prélevé leurs pourcentages.
Cela fait dix ans que tu portes ce projet au travers différentes publications que ce soit Rage ou World of Rage. Tu as décidé de parler de ton expérience au travers d’un livre « 10 ans de galère. Comment devenir scénariste de BD ». Comment as-tu aborder ce nouvel exercice ?
La création de 10 ans de galère s’est faite relativement naturellement, pendant que je testais Affinity Publisher, ma nouvelle application de PAO. J’avais terminé le lettrage de Rage #4, mais mon coloriste était en retard et j’étais un peu désœuvré. Je me suis rappelé qu’en novembre 2018, le Rage Website allait avoir 10 ans, et j’avais envie de faire quelque chose de spécial pour marquer le coup, mais je ne savais pas trop quoi. Je voulais créer quelque chose avec Affinity Publisher, mais je n’avais rien de spécial à créer, et je me disais que je n’aurais peut-être aucun nouveau livre à proposer pour mes prochains festivals pendant un petit moment. Je crois que toutes ces raisons se sont réunies pour mener à la création de 10 ans de galère.
Je me suis demandé ce que j’allais écrire, parce que parler des 10 ans du projet Rage, ça peut tenir sur une trentaine de pages, mais pas tellement plus. Donc je me suis dit que je pouvais en profiter pour donner des clés à mes lecteurs pour écrire un scénario. Même avec ça, le résultat n’était pas satisfaisant, et je traînais un peu trop pour écrire. Alors j’ai tout envoyé balader, et au lieu de parler de moi, j’ai commencé à parler de ce que je voyais autour de moi, un peu comme quand j’écris Rage. Et tout à coup, le livre s’est retrouvé avec une identité. Une couleur. Je ne saurais pas dire. J’ai fini par m’intéresser à ce que j’écrivais, et je me suis mis à écrire à 200 à l’heure.
10 ans de galère parle bien entendu de mes 10 ans d’expérience en tant qu’auto-éditeur, et donne des clés pour l’écriture de scénario, mais pas que. Le livre décrit un monde de la BD que nous avons tous contribué à créer. En tant qu’artistes, et en tant que lecteurs. Il parle de ces mini festivals de Cannes que sont les festivals de BD, de mangas, et de comics. Avec leurs vedettes qui essaient de rester modestes alors que tout le monde les place sur un piédestal, et les artistes comme moi, qui se sont autoproclamés scénaristes et essaient de percer dans un monde qui privilégie la notoriété sur la qualité.
La meilleure leçon qu’un scénariste amateur pourra tirer de ce livre ne réside pas dans les techniques d’écriture de scénario. J’insiste surtout sur le type de BD à réaliser pour pouvoir se faire un minimum de pognon en festival quand on débute comme scénariste en auto-édition. J’essaie de faire comprendre aux futurs auto-éditeurs qu’il ne faut pas se faire trop d’illusions, et plancher sur des projets qui plairont à tout le monde, au lieu de commencer directement par des projets personnels comme Rage.
À l’heure où sort le numéro 4 de Rage, quel bilan tires-tu de cette aventure ? Et quels sont tes prochains projets ?
D’un point de vue créatif, le bilan est très positif. Voir pour la première fois mes personnages dessinés par Thony Silas a été un moment inoubliable. Réaliser un numéro de Rage est à chaque fois un nouveau défi. Je ne suis pas seulement scénariste, mais aussi lettreur, maquettiste, directeur artistique, et j’en passe. Je retouche également les couleurs, et je vais probablement m’essayer à la colorisation dans pas longtemps. Être de l’autre côté de la barrière en festival est également très gratifiant. Je ne m’attendais pas à être aussi bien accueilli, tant par les organisateurs que par mes clients. Quand j’ai commencé à travailler sur Rage, les festivals n’étaient pas ma priorité, et je n’y réfléchissait même pas. J’ai vraiment eu une excellente surprise.
D’un point de vue financier, en revanche, le bilan est négatif. Je paie mes livres avec mes fonds propres parce qu’ils ne sont pas assez rentables. Les financements participatifs ne marchent pas parce que je ne suis pas assez connu. Comme je l’écris dans mon livre, si j’abordais ce projet en tant qu’entrepreneur, j’aurais abandonné depuis longtemps pour passer à un autre projet. Mais j’aborde ce projet exclusivement en tant qu’artiste, donc je continue tant que je peux payer mes dessinateurs, en espérant percer un jour.
Concernant mes futurs projets, ceux qui suivent Rage et Worlds of Rage auront pu remarquer qu’il y a tout un univers derrière ces deux séries. Cet univers sera développé dans un futur Livre dont vous êtes le héros en cours d’écriture. Ce livre, intitulé La Seconde Nuit, fera suite au numéro 6 de Rage, et va développer tous les thèmes introduits dans les différents numéros de Rage et Worlds of Rage. Je prévois ensuite me baser sur ce livre pour créer un RPG, mais je vais avoir besoin de travailler avec des spécialistes sur ce projet. Je tiendrais tout le monde au courant au fur et à mesure sur le Rage Website.
Pour ce qui est des BD, on en est à la moitié de Rage #5, et Worlds of Rage #4 est pratiquement terminé. La parution des nouveaux numéros est toujours aussi lente, parfois faute de moyens, parfois à cause de l’indisponibilité des artistes, mais on planche toujours dessus.
J’en profite pour vous signaler que mon prochain festival de BD sera Vidau’bulles à Vibauban, les 1er et 2 juin. Allez faire un tour sur bédé FR pour voir les participants, on a du beau monde !
Enfin, question rituelle de Superpouvoir: si tu avais un super-pouvoir, quel serait-il ?
Avancer dans le temps pour consulter les numéros du loto, puis, revenir dans le temps, et jouer les numéros du loto.
Hahaha, voilà un pouvoir qui plairait à beaucoup d’entre nous. Merçi, Eric, pour toutes tes explications.
Toutes les infos sont disponibles sur ton Rage Website. Les numéros de Rage et Worlds of Rage, tout comme ton livre 10 ans de galère, sont dispos sur de nombreuses plate-formes, dont Amazon et Gumroad
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