Il y a trois ans, DC Comics lançait son opération Rebirth et confié les rênes de la série Batman au scénariste Tom King. Celui-ci s’était fait un nom au fil des ans avec la série Grayson, puis Omega Men, Mister Miracle, Sheriff of Babylon ou bien encore Vision chez Marvel. Beaucoup de projets où son passé d’agent du contre-terrorisme à la CIA avaient pu être mis en valeur. D’ailleurs, la promo de la reprise de Batman par King s’est beaucoup fait dans cette optique.

Un point qui a gêné Abhay Khosla, critique comics, notamment pour The Comics Journal et The Savage Critic, et également scénariste à ses heures. Pourquoi axer la communication de la reprise de Batman sur un ex-agent de la CIA ? Est-ce que ça le rend forcement meilleur pour le boulot ? Et surtout, pourquoi serait-on obligé de croire sur parole à ce passé militaire alors qu’aucune preuve n’a été fournie ? D’autant qu’il connait le précédent Micah Ian Wright, ce scénariste qui s’était inventé un passé dans les Rangers, qui lui avait permis d’écrire la série Stormwatch Team Achilles.

Habité par le doute, mais sans trop y croire, Khosla faxe une demande de renseignements à la CIA… qui lui répond. Une lettre tout ce qui il y a de plus standard, qui souffle le chaud et le froid, cochant à la fois la ligne « Nous n’avons pas de dossier sur cette personne » et « Une autorisation de divulgation n’a pas été donnée par la personne. Fournissez son autorisation et soumettez à nouveau votre demande svp. »

C’était il y a trois ans. Depuis, Khosla avait gardé le silence. Tout au plus avait-il contacté des journalistes spécialisés pour avoir plus d’informations, sans succès. Sans aucune explication, il y a quelques jours, il s’est lancé dans un long post sur son blog où il raconte ses doutes, produit la fameuse réponse de la CIA et se lance dans une longue diatribe semi-parano. Il affirme ainsi qu’on ne peut croire ni DC Comics, ni Marvel parce que les premiers ont protégés Eddie Berganza des accusations d’harcèlement sexuels, et les seconds parce qu’ils sont dirigés par quelqu’un qui s’est fait passé pour un auteur asiatique. Bref, un grand fourre-tout lancé sur Internet sans rimes, ni raisons.

Sortilèges des réseaux sociaux, ce post a obligé Tom King à se justifier sur Twitter. En réponse, il a posté une photo de lui durant son service en Irak et un échange de mail avec le comité de lecture de la CIA (afin d’approuver le cinquième numéro de Sheriff of Babylon), où il rappelle ses états de services au sein de la Direction des Opérations entre 2002 et 2009. King a été particulièrement soutenu par ses collègues auteurs comme Mitch Gerads ou Ron Marz. Mais avouons que la meilleure réponse est venue de l’épouse de Tom King: « Dis à ces trous du cul de m’appeler et de me demander ce que c’était que d’avoir peur chaque jour qu’on te tire dessus. Tu as servi ton pays. Que ces enculés aillent se faire foutre. »

Rappelons que Sheriff of Babylon est nommée cette année à Angoulême.