The Walking Dead

Pendant encore six semaines, le lundi, c’est zombies ! La controversée saison 8 de The Walking Dead, série phare d’ABC, poursuit son petit bonhomme de chemin avec la lenteur manifeste d’un marcheur sous Xannax.

ATTENTION, CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS !

« Michonne »

– Hein ? dit Michonne, plus médusée qu’un blob-fish. Pourquoi marquez-vous mon nom à l’écran sur fond noir ?

– Pour que les spectateurs sachent qui on va suivre dans les prochaines dix minutes d’épisode !

– Je suis l’un des personnages les plus bad-ass et mémorables de cette pochade, les mecs. D’où croyez-vous qu’il soit nécessaire de rappeler mon nom, exactement ? 

– Parce que ça fait un peu chapitre, c’est stylé et ils aiment ça, les gens. Regarde Quentin Tarantino, il le fait tout le temps, d’abord.

– Alors là, ça me défrise les dreads ! Mais enfin, en me voyant apparaître à l’écran, le gens vont pas se dire « oh, voilà Rick! » que je sache ! Ils sont pas cons à ce point !

– Faut pas sur-estimer les capacités cognitives des spectateurs de la chaîne ! Souviens-toi du cas Morales !

– Non mais là, vous étiez allez chercher loin quand même, avouez-le. En plus, vous aviez pas jugé bon de lui faire une pancarte de rentrée des classes à celui-là ! Je suis là depuis cinq saisons, bande de gougnafiers et je suis potentiellement un des derniers membres afro-américains de la distribution – et pourtant, c’est pas faute de votre part d’en avoir gratuitement zigouillés à tour de bras dans cette série.

– Ah mais rassure-toi, tu n’es pas toute seule ! Dès qu’un personnage apparaît, hop ! Son nom le précédera aussi !

– Mais vous avez picolé, ma parole… Je sais que les trêves hivernales sont durailles et que les audiences de la série sont pas au beau fixe, mais vous prenez complètement les spectateurs pour des cons, en fait ! S’il y a bien un truc de nous qu’ils veulent retenir, c’est nos blases, depuis qu’ils attendent que certains d’entre nous passent l’arme à gauche…

– Tu exagères, on a tué un gars, l’autre fois, un petit jeune… Merde, comment il s’appelait déjà…Le gus au chapeau et à la coupe de cheveux douteuse…

– Carl…

– Ouais, Carl ! 

– Ah bah je suis pas prête de l’oublier, celui-là, vous l’avez fait agoniser une heure durant au mépris de la plus élémentaire charité qui exigeait qu’on lui abrège ses souffrances avec un pruneau bien placé entre les deux yeux. Pour lui comme pour le peu de fans qui restent, on se serait épargné l’ennui profond… Ah, mais j’y suis ! Vos panneaux avec nos noms, là… c’est un moyen un peu pupute de bouffer du temps de péloche, en fait ! Parce que, avouez-le, vous savez plus quoi nous faire foutre du tout…

– Mais euh, enfin, a-a-a-absolument pas ! Et en plus on… Oh, derrière toi, un zombie !

– T’inquiètes, je gère, le temps qu’il nous atteigne, on a amplement le temps de faire de l’introspectif et de la parlotte. C’est comme ça que ça marche dans vos scénarios. Depuis le temps, j’ai pigé le truc. Tant qu’on garde un regard bovin pour réfléchir au sens de la vie en pleine situation de crise, les zombies nous atteignent pas trop vite, c’est la base. Fuir les morts ici, c’est comme la déclaration d’impôts : faut la faire au dernier moment, là où t’es sûr que t’auras potentiellement le plus d’emmerdes à gérer. Ah, Carl ! C’est vrai qu’il va nous manquer, ce petit con… Mais c’est encore plus dur pour Rick…

– MICHONNE ! hurle Rick, depuis le palier voisin. J’ai dressé le frigo sur le diable, on a le temps de l’embarquer dans la camionnette ou pas ?

– Non, laisse tomber, y a plus de place, mais fais péter les extincteurs ! Le petit kiosque en bois où on aimait s’asseoir avec ton fils est en train de cramer, faut l’éteindre avant de se barrer !

– Par éco-responsabilité ?

– Non, parce que c’est complètement illogique de s’arrêter sur des conneries et donc, au vu de la charte de la série, il faut le faire, ça fait perdre du temps à l’intrigue et manifestement ça bouffe de la péloche !

– Mais et les zombies ? Regarde, ils sont partout !

– Le plus proche est à trois longueurs de masamune, j’ai amplement le temps, je fonce ! YAAAAAAAAAH !

– Michonne, bon sang, quand vas-tu enfin te comporter comme une adulte responsable ?

– C’est pas dans le cahier des charges des scénaristes ! Tiens au fait, t’es au courant pour les pancartes ?

– Quelles pancartes ?

« RICK GRIMES »

RICK : La vache, ça surprend…

MICHONNE : Je te l’avais dis…

R : Mais pourquoi pour moi ? Je suis le héros, nom de merde !

M : Ça va permettre de te resituer aux yeux des spectateurs après une ellipse sur Enid.

R : C’est qui, Enid ?

Scénariste : Ah, vous voyez qu’une pancarte, ça…

R & M : Toi, ta gueule.

Scénariste : Ok,Ok…

M : De toute façon, Enid on s’en fout, il lui arrive pas grand chose…

R : Bon, c’est pas tout ça, mais il faut aller demander leur aide aux Scavangers.

M : Les gros pouilleux qui t’ont trahi genre deux fois ?

R : Trois fois, peut-être mais je suis plus trop sûr. C’est le deuil, toute cette pression…

M : Tu te rends compte que ça serait peut-être moins con de rassembler notre groupe pour les tenir au jus de nos plans, déjà ? Histoire qu’ils s’inquiètent pas et qu’ils soient pas surpris qu’on soient encore allés se refourrer dans la gueule du loup… Moi, je dis ça…

R : Non, Michonne. Ils nous faut leurs armes. Rends-toi compte, au vu des fusillades dans les lycées, il faut qu’on s’arme, c’est Trump qui l’a dit à la télévision ! Nous sommes l’avenir de cette nation moribonde, Michonne ! Les futurs professeurs de nos enfants !

M : Ah, c’est sûr qu’on leur file vraiment de bons exemples de pédagogie aux moulets. Il suffit de voir Morgan, il fait des merveilles, vraiment…

R : Remember Carl, Michonne ! Ça ne doit pas se reproduire !

M : Carl a été mordu, pas fusillé, Rick…

R : Des détails, toujours des détails ! Moi, je veux de l’action ! Sus aux pouilleux, Michonne ! Nous n’avons pas une minute à perdre !

« SIMON »

Negan : Ne me désobéis pas, sinon je te bute… et c’est pour ton bien.

Simon :  Je dis pas que je vais te désobéir, mais juste que tu t’y prends mal…

N : Ne me dis pas que je m’y prends mal ou bien je te bute… et c’est pour ton bien.

S : Je sais que tout laisse entendre que je pourrais être particulièrement bas du front et bas du cul avec ma moustache et tout, mais je te suis reconnaissant de me faire autant confiance, Negan. Tu peux être certain que je ne vais ni trahir, ni désobéir pour me défouler (grand sourire carnassier).

N : You’re Daaaaaaaaamn right…

Pendant ce temps là, au dépotoir public :

Rick : Jadis, pourquoi tous tes hommes sont-ils devenus des zombies ?

Jadis : Les Sauveurs sont venus et ils ont tué tout le monde parce qu’on vous a aidés.

Michonne : Tiens, t’as arrêté de causer en monosyllabes ? C’est fou ce que c’est moins irritant !

R : J’allais le dire !

M : Et on peut savoir ce que tu fous en nuisette en pleine décharge avec des zombies partout ?

J : Je sais pas, ça me donne un air plus virginal, sensible, même, voire un peu vulnérable.

R : Pour moi, tu restes une méga chieuse, mais quand même, tu te rends bien compte que pour se protéger des morsures, c’est pas l’idéal.

J : Bref, c’est Simon qui m’a tué mes clodos fidèles. J’ai essayé de le baratiner mais il est pas aussi bas-du-cul que je croyais.

R : C’est qui Simon ?

J : T’as pas vu la pancarte ?

R : Non, c’est le deuil, toute cette pression…

J : Pourtant, tu le rates pas même les yeux fermés, celui-là… Bon, je vais te dire un mot et tu devines tout seul : « moustache. »

R : Eugène ? 

M : Mais non, Rick, il est mort, Eugène ! Rosita arrête pas de nous emmerder avec ça, tu devrais t’en souvenir !

R : Rosi qui ?

M : Bon, les scénaristes, j’ai changé d’avis ! Vous les lui coller en gros les pancartes à lui, mais genre Three Billboards, hein, didascalie de l’enfer, voyez ?

R : Jadis, où sont les armes ? Et si tu me réponds « dans ton cul », tu vas tâter de mon six coups, espèce de clodo et ça sera pas de l’éjaculation précoce, c’est moi qui te le dis !

J : Simon a tout pris, même mes fringues, visiblement, ça devait s’accorder avec sa moustache à la con. Je crois qu’ils rejouent My Fair Lady, au Sanctuaire.

R : Bon, tu nous sers à rien, va crever !

J : attendez, je peux venir avec vous ?

R : Qu’est ce que tu comprends pas dans va crever, au juste ? Tiens, je vais même te laisser à la merci de tes anciens potes, ça me sauvera une balle.

M : Rick, enfin ! Pense aux dernières volontés de ton fils ! La plus élémentaire charité…

R : Je l’emmerde, moi la charité ! En plus, j’ai un coup de fil à passer. Allô, Negan ? Mon fils est mort, enfoiré ! Il m’a laissé une lettre pour toi…

N : Ah ouais et on peur savoir ce que ça dit ?

R : Je te lis ça…hum,hum… »Cher Père Noël.. »

 

Vous vous en doutez, ça ne va pas en s’arrangeant et les zombies manifestent pour l’euthanasie.