Le film de Christopher Nolan, Oppenheimer, vient de sortir sur les écrans. Relatant les recherches de Robert Oppenheimer pour créer la bombe nucléaire, la promotion du long métrage joue beaucoup sur l'imagerie de l'explosion atomique. Entre les multiples photos et affiches voyant l'acteur principal Cillian Murphy poser sur fond d'explosion, les ralentis incandescents de la bande-annonce et jusqu'à la communication sur les effets spéciaux, laissant planer le doute sur l'utilisation d'une véritable bombe A pour retranscrire le fameux premier essai Trinity, Oppenheimer démontre que l'imagerie destructrice de la puissance nucléaire fascine toujours autant. Cette imagerie aura fait aussi les beaux jours des comic books de l'après-guerre. Au point de donner son nom à cette période.

Le 16 juillet 1945 eut donc lieu le premier test d'une bombe à fission au plutonium, autrement dit d'une bombe atomique. Cette première explosion nucléaire, située sur le champ de tir d'Alamagordo, au Nouveau Mexique, fut l'aboutissement de plusieurs années de recherches menées dans le cadre du projet Manhattan. Son succès poussa les États-Unis à utiliser cette nouvelle arme dans la guerre contre le Japon. Les 6 et 9 août 1945, les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki dévoilent au monde la nouvelle puissance entre les mains des USA. Les photos des champignons nucléaires s'élevant à plusieurs kilomètres dans le ciel impriment la rétine de la population mondiale.

Dans la foulée, le 12 août, est dévoilé le rapport Smyth qui détaille les avancées scientifiques du projet Manhattan. La version livre du rapport sera une des meilleures ventes en librairies aux États-Unis durant les mois qui suivirent. Au cours de la fin des années 40 et des années 50, l'armée américaine procéda à de nombreux essais nucléaires (dans le Pacifique et dans le Nevada) initiant une course à l'armement avec l'URSS qui fascine, autant qu'elle terrifie, l'opinion publique.

Seul Superman peut se permettre de filmer si près une explosion nucléaire. Couverture d'Action Comics #101 par Boring, Kaye & Adler (DC Comics, 1946).

Les comic books de l'époque surferont sur cette vogue, ouvrant une période que certains historiens de l'industrie vont nommer Atomic Age of Comics. Après la reddition du Japon attribuée aux bombardements, les super-héros patriotiques du Golden Age laissent place à la science toute puissante. Des explosions nucléaires commencent à orner les couvertures, l'atome devient le nouveau levier des histoires qui mettent en scène une science-fiction positive où le futur est radieux grâce à la technologie, où l'exploration spatiale devient la nouvelle frontière à franchir. Des séries comme Strange Adventures ou Mystery in Space sont parmi les illustrés qui donnent l'exemple d'un monde nouveau et meilleur grâce à l'atome.

Couverture d'Atomic War ! #3 (Ace Magazines,  1953)

Commencé en 1945, l'Âge atomique se termine en 1956 avec l'avènement de l'Âge d'argent et le retour en grâce des super-héros. Mais même ceux-ci seront influencés - ou plutôt irradiés - par les retombées de Trinity. Il n'y a qu'à voir les origines des Fantastic Four, de Spider-Man, voire même des X-Men. Et plus encore, Hulk  et son premier épisode où Bruce Banner joue les Oppenheimer et teste une bombe Gamma dans le désert avant de goûter aux effets de sa propre création et de donner au monde une autre forme de menace.

Les origines de Hulk joueront à plein avec l'imagerie du projet Manhattan, mais le temps passant, les effets négatifs du nucléaire seront mis en avant. Extrait d'Incredible Hulk #1 par Stan Lee, Jack Kirby et Paul Reinman (Marvel Comics, 1961).

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