Après plusieurs années d’errance, le destin de Nightwing se voit confié à deux artistes d’exception : Tom Taylor et Bruno Redondo. Et ces derniers nous proposent certainement la meilleure version du personnage depuis désormais presque quinze ans. Un comic-book qui ravira les fans de la première heure et les amateurs de récits frais ou l’émotion prend le pas sur la violence et le glauque !

Nightwing

(image : © DC Comics)

Le meilleur d’entre eux

Il ne faut pas s’y méprendre, le personnage de Dick Grayson est certainement celui qui a apporté le plus à la mythologie de Batman. Parce que son destin a de très nombreuses fois croisé celui d’auteurs confirmés, qui en ont fait non seulement un super-héros meilleur que son mentor car plus sensible et humain, mais aussi un véritable compas moral pour l’ensemble de la communauté super-héroïque. Son évolution a été vertigineuse. Après son émancipation dans les pages de New Teen Titans par Wolfman et Perez, sa série régulière par Chuck Dixon et Scott Mc Daniel a permis d’affirmer tout le potentiel du personnage. Ce n’est pas pour rien que le scénariste Joe Kelly a fait de Nightwing le leader de la JLA lorsque les « gros calibres » avaient disparu. Depuis l’infâme New 52, le personnage avait petit à petit disparu. Il faut dire que dans un monde où les fans préfèrent les « Dark Batman » et les personnages cyniques en tout genre (qui a parlé de Damian Wayne ?), un tel héros solaire n’avait plus vraiment sa place au cœur de l’univers DC. Le clou du spectacle ? Une version totalement contradictoire du personnage dans la série télévisée pétée Titans. Il faut donc pour une fois remercier DC Comics qui, pour une fois, a choisi de laisser ses auteurs se concentrer sur son personnage et sa caractérisation plutôt que de nous produire une version Dark/Zombie/Gore pour ravir les soi-disant fans !

Une filiation évidente

Le principe de départ de Tom Taylor et Bruno Redondo est très simple : après certains évènements de la série Batman, Dick Grayson se retrouve milliardaire. Que va-t-il bien pouvoir faire de son argent ? Avec ce point de départ, les deux auteurs placent finalement Dick Grayson et Bruce Wayne sur la même marche du podium. Sauf que les auteurs vont construire leur histoire sur une filiation inattendue mais logique : celle entre Alfred et Dick. Car ce dernier a beaucoup plus en commun finalement avec son majordome que son mentor légal. L’humanité, le soin des autres, tout ce que les différents scénaristes du psychopathe mono-expressif de Gotham ont oublié depuis l’arrivée de Grant Morrison il y a dix ans ! De fait, Tom Taylor remet Nightwing au centre non seulement de la Bat-Family mais aussi au centre de l’univers DC tout en développant une histoire vraiment bien fichue.

(image : © DC Comics)

Un « ret pas conne » et du classique

Lorsqu’un scénariste arrive sur une série, il a tendance à utiliser de nouveaux personnages et à faire table rase de ce qui s’est produit avant. Et au vu des dernières publications de NIghtwing, ce n’était pas si mal. De fait, Tom Taylor nous introduit ici un nouveau personnage dans la vie de Dick Grayson, à savoir Melinda Zucco qui prend une importance croissante au fil des pages ainsi qu’un nouveau vilain, Heartless. Mais ces nouvelles aventures n’oublient pas non plus des figures essentielles de ce qui fait de Dick un héros pas comme les autres : Tim Drake (Robin) et surtout Barbara Gordon. De fait, le destin de la fille du commissaire est intimement lié à celui de notre justicier. Et Tom Taylor réussit à nous dépeindre une relation qui fonctionne, quelque chose de frais et de délicat, qui tranche un peu avec le reste de la production des titres Batman. En plaçant de nouveau l’action à Blüdhaven, Tom Taylor renoue avec ce qu’on aime du personnage, son essence intime. Il suit, pour notre plus grand bonheur, le chemin de Marv Wolfman, Devin Grayson ou encore Chuck Dixon.

Des dessins qui donnent le tournis

S’il fallait rajouter des arguments pour vous convaincre que Nightwing est une série exceptionnelle, ce serait bien évidemment les dessins de Bruno Redondo. Dessinateur en vogue chez DC Comics, il a commencé avec la série Injustice avec Tom Taylor et depuis, il a nettement progressé. Que dire si ce n’est que sa narration est tout simplement extraordinaire ? Lui aussi renoue avec la tradition du Nightwing virevoltant, comme avait pu le faire Scott Mc Daniel. Il n’est pas rare de voir notre héros évoluer au sein d’une même page, d’un seul décor sans que cela nuise à la lecture. Les pages sont claires, on comprend tout et c’est du grand art, tout simplement. Il est aussi parfaitement aidé par les couleurs d’Adriano Lucas. Et il dessine quasiment tous les épisodes, avec un fill-in seulement, réalisé par le grand Rick Leonardi et Neil Edwards, qui se fondent parfaitement dans le ton pour donne rune cohérence graphique à l’ensemble de l’ouvrage.

(image : © DC Comics)

Le retour du classique

Avec Nightwing: Leaping into the Light, c’est un véritable retour aux sources que nous propose DC Comics. Un pur comic-book de super-héros, frais et sans aucun gimmick gore ou violent. Cette série s’attache avant tout aux personnages et on sent immédiatement l’amour des auteurs pour les protagonistes de l’histoire. Cette histoire est en filiation directe avec ce qu’on a pu lire de mieux dans les comics de super-héros récemment : le Hawkeye de Matt Fraction et David Aja ou encore le Daredevil de Mark Waid et Marcos Martin. Mieux encore, la maison d’édition n’a pas souhaité rebooter la série, qui commence donc au n°78. On a donc du véritable comic-book « à l’ancienne », mais avec un ton, une intrigue et des dessins résolument modernes, loin de tout crossover zombie ou de facilité éditoriale. Le Nightwing de Tom Taylor et Bruno Redondo est exactement ce que l’on a envie de lire actuellement. Il possède tout ce que l’on attend des comics modernes et respectueux de ses personnages. Un indispensable évidemment.

Nightwing: Leaping into the Light (Nightwing #78-83) est publié aux États-Unis par DC Comics et sera publié en France par Urban Comics en février 2021.

(image : © DC Comics)

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