Martin Scorsese persiste et signe. Le réalisateur a récemment déclaré que les films Marvel Studios n’étaient pas de véritables films mais des parcs d’attractions. Il est revenu sur le sujet, lors d’une conférence au British Film Institute’s London Film Festival, pour son dernier film The Irishman, avec Robert De Niro, Al Pacino et Joe Pesci, le 27 novembre sur Netflix.

Quand un journaliste a évoqué sa déclaration sur les films du MCU, Martin Scorsese a été plus loin encore et appelle à la résistance : « La valeur d’un film du genre de ceux que font Marvel, par exemple, où les cinémas deviennent des parcs d’attractions, c’est une expérience différente », a-t-il déclaré. « Comme je disais, ce n’est pas vraiment du cinéma, c’est autre chose. Que vous alliez voir ces films pour une raison ou une autre, c’est autre chose que du cinéma et nous ne devrions pas nous laisser envahir par ça. C’est un gros problème, et nous avons besoin que les propriétaires de salles se mobilisent pour que les cinémas puissent diffuser de vrais films narratifs. »

Outch. Il va de soi que lorsque Martin Scorsese parle des films Marvel, il parle des blockbusters de super-héros à succès dont le MCU est le plus représentatif. Ces films ne sont pourtant pas moins que des films d’aventure à gros budget, comme il y en a toujours eu à Hollywood. Cette fois, cependant, il faut admettre que le principe d’univers partagé permet bien plus facilement d’imposer un film, là où n’importe quel autre long-métrage peinera à convaincre voire à exister, car n’étant pas la suite d’une série de films à succès qui incite à suivre. On reproche souvent aux gros studios de ne pas prendre suffisamment de risque et de ne pas proposer de films originaux, mais face à de grosses franchises comme Marvel ou Star Wars, quand vous n’avez que peu de visibilité, mieux vaut s’accrocher à quelque chose que les gens aiment déjà.

Comment s’en sortir ? Martin Scorsese l’a bien compris : son film The Irishman ne sort pas au cinéma, mais sur Netflix. Plus de visibilité, plus de liberté. Les plus cyniques noteront que le réalisateur appelle à la résistance des propriétaires de salles de cinéma, mais diffuse son film sur une plateforme de streaming. Un aveu d’échec ?

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