La première saison de Lanterns s’est achevée sur HBO Max. En huit épisodes, la série a fait à peu près l’inverse de ce qu’on attend d’un programme sur les Green Lantern. Ses héros disposent d’anneaux capables de matérialiser presque n’importe quoi, mais ils ont passé plus de temps à interroger des suspects qu’à affronter des extraterrestres. Leur enquête dans une petite ville du Nebraska aurait presque pu figurer dans un polar classique de HBO. Le public a suivi.

Lanterns n’est pas la première à procéder ainsi. The Penguin a laissé Batman de côté pour raconter une histoire de mafia. WandaVision a fait d’une aventure Marvel un hommage aux sitcoms américaines. Andor a presque oublié les Jedi pour devenir un thriller d’espionnage. Et dès 2019, Watchmen avait montré, sous la plume de Damon Lindelof, qu’une adaptation de comics pouvait séduire bien au-delà des amateurs de super-héros.

Ces séries restent liées à leur univers d’origine, mais elles n’en font plus l’argument principal. Elles peuvent ainsi atteindre des spectateurs qui n’auraient jamais regardé une production Marvel, DC ou Star Wars. La stratégie a un prix : elle oblige parfois à renoncer à une partie de ce qui faisait l’attrait de ces franchises.

Sommaire

Lanterns : un polar HBO avant une série de super-héros

Les Green Lantern avaient pourtant tout pour porter une série de science-fiction spectaculaire. Leurs anneaux permettent de voler, de traverser l’espace et de créer des constructions d’énergie que seules limitent l’imagination et la volonté de leur porteur. Leur Corps couvre des milliers de secteurs de l’univers, peuplés de civilisations extraterrestres et de menaces cosmiques. HBO disposait de l’un des terrains de jeu les plus riches de DC Comics.

Chris Mundy, Damon Lindelof et Tom King ont choisi de n’en exploiter qu’un coin. Dans Lanterns, Hal Jordan (Kyle Chandler) et John Stewart (Aaron Pierre) enquêtent à Rushville, une petite ville du Nebraska où les secrets des habitants pèsent plus lourd que les combats spatiaux. L’influence de True Detective, revendiquée dès la conception du projet, se lit dans l’atmosphère, dans les méthodes des enquêteurs et dans la place laissée aux personnages secondaires.

L’idée était de faire une vraie série policière dont les héros se trouvent être des Green Lantern. Ça change la façon d’écrire les épisodes : plus besoin d’un affrontement spectaculaire à intervalles réguliers pour justifier la présence des super-héros. Les pouvoirs existent, nourrissent l’intrigue et pèsent sur les décisions des personnages, mais l’histoire peut avancer sans eux.

Un spectateur qui ne connaît rien aux Green Lantern peut donc se concentrer sur la relation entre Hal et John, sur les secrets de Rushville ou sur les motivations de ses habitants. Pas besoin de savoir qui sont les Gardiens de l’Univers, Sinestro ou les différents Corps émotionnels pour suivre l’enquête. Les références aux comics restent un bonus pour ceux qui les repèrent, sans jamais conditionner la compréhension du récit.

C’est l’un des atouts du concept : amener devant deux des personnages les plus importants de DC Comics quelqu’un qui n’aurait jamais lancé une série de super-héros.

Nous avions déjà évoqué cette approche dans notre analyse de Lanterns après ses quatre premiers épisodes. La saison est désormais terminée et son succès permet d’élargir la réflexion à d’autres séries qui ont suivi une voie comparable.

John Stewart (Aaron Pierre) et Hal Jordan (Kyle Chandler) dans un bar dans la série Lanterns.

The Penguin, WandaVision, Andor et Watchmen : une autre façon d’adapter les franchises

Toutes les adaptations de comics ne suivent pas ce modèle. Mais plusieurs séries récentes ont emprunté les codes d’un autre genre pour raconter une histoire située dans un univers déjà connu.

Avec The Penguin, Lauren LeFranc a presque abandonné le super-héroïsme pour suivre l’ascension d’Oz Cobb (Colin Farrell) dans la pègre de Gotham. Les rivalités familiales et les luttes de pouvoir évoquent davantage les grands récits mafieux que les aventures du Chevalier noir. Batman n’apparaît jamais, ce qui permet à la série de rester du côté des criminels, sans justicier masqué pour venir perturber leurs affaires.

L’univers de Matt Reeves reste reconnaissable, mais l’histoire se passe de Batman. Quelqu’un qui aime les séries de gangsters peut regarder The Penguin sans se soucier de son appartenance à l’univers DC.

Marvel avait pris un risque d’un autre ordre avec WandaVision. Au lieu d’enchaîner sur les aventures spectaculaires de Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) après Avengers: Endgame, Jac Schaeffer a bâti une grande partie de la série sur les codes des sitcoms américaines. Décors, rires enregistrés, jeu des acteurs, situations comiques : tout évolue au fil des décennies, en hommage à l’histoire de la télévision.

Ce dispositif permet d’aborder peu à peu un sujet bien plus intime : le deuil de Wanda, qui refuse d’accepter la disparition de Vision (Paul Bettany). Ses pouvoirs restent essentiels à l’intrigue, mais ils servent un récit qui va bien au-delà des affrontements habituels entre super-héros et super-vilains.

C’est avec Andor que cette liberté va le plus loin. Tony Gilroy a tiré de l’univers de Star Wars un thriller d’espionnage et une fresque politique sur la naissance de la Rébellion. L’Empire y apparaît comme une machine bureaucratique et répressive dont on découvre le fonctionnement quotidien, tandis que les personnages doivent composer avec la surveillance, les trahisons et les sacrifices qu’exige la résistance.

Les Jedi et la Force ne sont plus au centre du récit. Leur absence laisse de la place à des aspects de Star Wars que les aventures traditionnelles de la saga avaient rarement le temps d’approfondir. Gilroy expliquait d’ailleurs à StarWars.com avoir voulu une série accessible à des spectateurs qui ne connaissaient presque rien de cet univers.

Reste Watchmen, la plus ancienne de ces séries. En 2019, Damon Lindelof avait choisi de ne pas reproduire le récit d’Alan Moore et Dave Gibbons. Sa série HBO prolongeait l’univers du comic book en tournant son regard vers le racisme, les violences institutionnelles et la mémoire historique américaine.

Le massacre de Tulsa de 1921, au cœur du récit, donnait à cette histoire de justiciers masqués une dimension politique et historique rare. Costumes et éléments fantastiques étaient bien là, parfois spectaculaires, mais au service d’une intrigue dont les thèmes pouvaient toucher des spectateurs indifférents aux comics.

Ces séries n’ont pas grand-chose en commun. Certaines font une large place au fantastique, d’autres presque aucune. Toutes cherchent pourtant à séduire d’abord par leur genre, leur histoire et leurs personnages, avant que le spectateur sache à quelle franchise elles appartiennent.

Colin Farrell dans le rôle de Oz dans The Penguin.

Cette formule permet-elle vraiment de toucher davantage de spectateurs ?

Plusieurs de ces séries ont rencontré un public considérable. Mais peut-on vraiment attribuer leur succès à leur manière de s’éloigner des conventions de leur franchise ?

Le final de Lanterns a réuni 10,5 millions de spectateurs dans le monde durant ses trois premiers jours, selon les chiffres de Warner Bros. Discovery rapportés par TheWrap. C’est 13 % de plus que le lancement de la série, qui avait attiré 9,3 millions de spectateurs sur la même période. Aux États-Unis, le final a rassemblé 7,2 millions de spectateurs, contre 6,6 millions pour le premier épisode.

Malgré les critiques sur le manque d’action et l’usage limité des anneaux, la série a donc gardé son public et terminé sa saison au-dessus de son niveau de lancement.

Watchmen avait ouvert la voie en 2019. En décembre, HBO annonçait une moyenne de 7,1 millions de spectateurs américains par épisode, plateformes et visionnages différés cumulés. C’était alors le programme inédit le plus regardé du câble payant cette année-là. La série a ensuite remporté onze Emmy Awards en 2020, dont celui de la meilleure mini-série.

The Penguin a suivi une courbe comparable. Son dernier épisode a attiré 2,1 millions de spectateurs américains sur l’ensemble des plateformes HBO lors de sa première soirée, soit environ 50 % de plus que le lancement. Et Batman n’y apparaissait jamais.

Le parcours d’Andor est plus contrasté. La première saison n’avait pas atteint les audiences des plus grosses productions Star Wars, à commencer par The Mandalorian. La deuxième a nettement progressé. Selon Nielsen, Andor a cumulé 7,4 milliards de minutes de visionnage aux États-Unis en 2025, ce qui en fait la série Star Wars en prises de vues réelles la plus regardée du pays cette année-là.

Ces chiffres ne sont pas directement comparables : périodes, territoires et méthodes de mesure diffèrent. Ils ne disent pas non plus quelle part des spectateurs regardait déjà des adaptations de comics ou des productions Star Wars.

Ils montrent en revanche que des séries très éloignées des conventions de leur franchise peuvent trouver un large public. Pour les studios, cela change le calcul : un polar avec des Green Lantern peut attirer les amateurs de séries policières, une fiction mafieuse à Gotham peut séduire les habitués des drames criminels, et un thriller politique dans la galaxie Star Wars peut convaincre des spectateurs que les Jedi n’ont jamais attirés.

Le succès n’est pas garanti pour autant, mais les fans de la franchise ne sont plus les seuls spectateurs à convaincre.

Diego Luna est Cassian Andor dans la saison 2 de la série Star Wars.

Quand les super-pouvoirs deviennent un problème pour les scénaristes

Raconter une histoire d’un autre genre oblige parfois à des compromis. Les super-pouvoirs, qui sont d’ordinaire l’une des grandes attractions de ces franchises, deviennent encombrants quand ils risquent de désamorcer l’intrigue.

Le problème saute aux yeux dans Lanterns. Comment bâtir une enquête policière avec deux personnages capables de voler, de traverser l’espace et de matérialiser presque n’importe quel objet ? Le suspense d’un polar repose en grande partie sur les limites des enquêteurs : leurs erreurs, les indices qu’ils ne comprennent pas, les situations auxquelles ils ne trouvent pas de solution immédiate.

La série multiplie donc les restrictions. L’anneau de Hal Jordan tombe régulièrement à court d’énergie, l’action se déroule dans un cadre isolé et les extraterrestres impliqués dans l’affaire peuvent prendre une apparence humaine. Ces contraintes préservent le mystère et empêchent les pouvoirs de tout résoudre.

Le procédé fonctionne, mais il se voit. À force de voir les Green Lantern privés de leurs capacités, on finit par se demander si les scénaristes n’inventent pas des prétextes pour éviter de montrer ce que leurs héros savent faire.

Le problème s’était déjà posé avec Jessica Jones, la série Marvel de Netflix inspirée des comics Alias de Brian Michael Bendis et Michael Gaydos. Son héroïne (Krysten Ritter) possède une force et une résistance surhumaines, mais la série puise avant tout dans le polar noir et les enquêtes de détective privé.

Cette force s’intègre sans mal au genre : Jessica peut malmener un adversaire ou survivre à une situation dangereuse. La faire voler au-dessus des immeubles de New York aurait en revanche changé l’échelle de ses aventures.

Dans les comics, Jessica sait voler, même si cette capacité lui pose des difficultés. La série s’est limitée à des bonds prodigieux, souvent suivis d’atterrissages peu élégants. Sa créatrice Melissa Rosenberg expliquait dès 2015 que montrer moins de pouvoirs permettait de préserver une certaine crédibilité et de privilégier les personnages.

Le parallèle avec Lanterns est direct : dans les deux cas, les auteurs ont volontairement bridé leurs protagonistes pour préserver les mécanismes du genre qu’ils voulaient explorer.

La méthode a aussi un avantage économique : moins de constructions d’énergie, de vols spatiaux ou de transformations spectaculaires, c’est moins d’effets visuels à financer. Réduire les coûts n’explique pas pour autant la réussite d’un projet. Il faut encore que l’écriture donne au public une bonne raison de s’intéresser à ce qui remplace le spectacle.

Jessica Jones (Krysten Ritter) dans Daredevil : Born Again, saison 2, épisode 6

Des séries plus adultes, sans nécessairement être plus violentes

Cette évolution va de pair avec une autre façon d’envisager les adaptations pour adultes. Pendant longtemps, cette ambition a surtout rimé avec une violence plus explicite, des personnages très sombres ou une liberté de ton impossible dans les productions familiales.

HBO le montre pourtant depuis des années : une série peut s’adresser aux adultes d’abord par la complexité de son écriture. Les Soprano, The Wire, Succession et Game of Thrones relèvent de genres très différents, mais toutes accordent une large place aux rapports de pouvoir, aux contradictions des personnages et aux conséquences de leurs décisions.

Game of Thrones en est le meilleur exemple. Son immense succès tenait autant aux intrigues politiques, aux alliances et aux rivalités familiales qu’aux dragons et aux batailles. La série pouvait consacrer de longues scènes à des discussions autour d’une table sans perdre en tension.

Lanterns reprend une part de cette approche : les traumatismes de Hal Jordan, le parcours de John Stewart et les relations entre les habitants de Rushville comptent autant que les pouvoirs. Le cadre est fantastique, mais les motivations des personnages restent humaines.

Il serait faux d’en conclure que le réalisme ou la noirceur valent mieux que le reste. WandaVision utilise la comédie pour parler du deuil, et une aventure cosmique spectaculaire peut très bien proposer des personnages complexes et une réflexion adulte.

Ce qui compte, c’est que ces univers peuvent accueillir des fictions qui n’auraient pas leur place dans un film de super-héros traditionnel, et donc s’adresser à des sensibilités très différentes.

Daenerys (Emilia Clarke) et Jon Snow (Kit Harington) dans Game of Thrones.

James Gunn semble avoir parfaitement compris le potentiel de cette approche

Cette liberté créative fait partie des principes défendus par James Gunn et Peter Safran depuis leur arrivée à la tête de DC Studios.

Lors de la présentation du nouveau DCU en janvier 2023, Gunn insistait sur la nécessité de laisser chaque scénariste et chaque réalisateur apporter sa propre sensibilité. Selon lui, les comics DC ont eux-mêmes des identités très différentes d’un artiste à l’autre, et il voulait retrouver cette diversité à l’écran plutôt que d’imposer une tonalité unique à toutes les productions.

Lanterns est l’un des premiers exemples de cette philosophie appliquée à une franchise majeure, et les projets annoncés par DC Studios vont encore plus loin : Gunn et Safran comptent explorer des genres plus éloignés encore des aventures de super-héros traditionnelles.

Le 21 octobre 2026, Clayface arrivera dans les salles françaises. Réalisé par James Watkins d’après une histoire de Mike Flanagan, ce film consacré à l’un des ennemis historiques de Batman emprunte les codes de l’horreur corporelle. Matt Hagen (Tom Rhys Harries) y est un acteur défiguré qui accepte un traitement expérimental pour retrouver son visage, avant de subir une transformation monstrueuse.

Au lieu d’opposer Batman à Gueule d’Argile, DC Studios a choisi de raconter l’histoire du monstre lui-même. Gotham fournit le cadre et le personnage appartient bien à la mythologie DC, mais le film vise d’abord à fonctionner comme un film d’horreur.

Voir aussi :
Clayface : date de sortie, casting et histoire, tout savoir sur le film d’horreur du DCU
Clayface : la nouvelle bande-annonce plonge le DCU dans l’horreur

Tom Rhys Harries dans le rôle de Matt Hagen sur l'affiche du film Clayface.

Le projet Paradise Lost, annoncé dès les débuts du DCU, allait dans une autre direction. Située sur Themyscira avant la naissance de Wonder Woman, la série devait explorer les conflits politiques et les rivalités entre Amazones, dans une approche explicitement comparée à Game of Thrones.

Le projet a toutefois été mis en retrait en août 2026, sans être officiellement annulé. Son avenir reste incertain, mais le concept montre l’ambition de départ du studio : une grande fresque politique dans l’univers de Wonder Woman, sans que l’héroïne ait besoin d’être à l’écran.

Plus surprenant encore, The People v. Gorilla Grodd empruntera les codes du documentaire criminel. HBO Max a officiellement commandé huit épisodes de cette comédie, dans laquelle Jimmy Olsen (Skyler Gisondo) enquêtera sur la condamnation de Gorilla Grodd (Jimmy Tatro) pour le meurtre de son père, le roi de Gorilla City.

Le programme se présentera comme un documentaire produit par le Daily Planet pour les habitants de Metropolis. DC Studios a confié sa réalisation à Tony Yacenda et Dan Perrault, les créateurs d’American Vandal, qui parodiait déjà les documentaires criminels avec un sérieux imperturbable.

L’idée est drôle : dans un monde où existent des gorilles télépathes et des super-héros, un procès pour meurtre peut très bien devenir le sujet d’un documentaire journalistique. Gorilla Grodd n’a plus besoin de Flash pour exister et peut s’affirmer comme un personnage à part entière, en dehors de son rôle de super-vilain.

Pour aller plus loin :
The People v. Gorilla Grodd : tout ce que l’on sait sur la nouvelle série DC

Un polar, un film d’horreur, un faux documentaire criminel : DC Studios explore des registres qui n’ont presque rien en commun, et c’est ce qui pourrait faire la force de son univers partagé. Un spectateur peut venir à Clayface par goût de l’horreur, à Lanterns pour son enquête, à The People v. Gorilla Grodd parce qu’il aime les faux documentaires.

Jimmy Olsen et Gorilla Grodd.

Le risque de séduire un nouveau public en frustrant les amateurs de comics

Le succès de Lanterns ne fait pourtant pas disparaître une contradiction.

Un spectateur qui aborde la série comme un polar de HBO peut apprécier huit épisodes d’enquête criminelle dans une petite ville américaine. Pour celui qui attend depuis des années une vraie adaptation de Green Lantern, le résultat peut frustrer davantage.

Les comics offrent un potentiel spectaculaire immense : des aventures intergalactiques, des civilisations extraterrestres, des affrontements où les constructions d’énergie ne connaissent d’autre limite que l’imagination de leurs porteurs. Une série qui restreint volontairement ces possibilités laisse forcément de côté une partie de l’attrait de cet univers.

Cette frustration se comprend. Elle ne veut pas dire que les lecteurs de comics seraient incapables d’apprécier un polar bien écrit. Ils peuvent simplement regretter qu’une adaptation aussi attendue n’exploite pas davantage ce qui fait la singularité de ses personnages.

D’où le paradoxe : à force de rendre une franchise accessible à un public qui ne s’intéresse pas aux super-héros, les studios risquent de décevoir ceux qui l’aiment justement pour son côté fantastique et spectaculaire.

Star Wars pourrait connaître le même problème. Andor prouve que la saga peut raconter une histoire passionnante sans Jedi ni sabres laser. Mais si toutes les prochaines productions de Lucasfilm suivaient ce modèle, l’univers perdrait une partie de sa richesse. Une aventure spatiale portée par la Force et un thriller politique ont chacun leur place dans la même franchise.

Il serait tout aussi absurde de demander à toutes les séries Marvel de ressembler à WandaVision, ou de croire que tous les personnages de DC gagneraient à évoluer dans des récits sombres et réalistes. La diversification n’a de sens que si elle varie réellement les propositions. Remplacer une formule par une autre, même réputée plus adulte ou plus exigeante, ne ferait que recréer le problème que les studios cherchent à fuir.

La qualité d’écriture reste décisive : un polar médiocre ne devient pas une bonne série parce qu’il se déroule dans l’univers DC, et un film de super-héros spectaculaire peut avoir une écriture intelligente, des personnages complexes et une vraie ambition artistique.

Mais Lanterns, Watchmen, WandaVision, The Penguin et Andor montrent qu’il existe d’autres façons de faire vivre ces franchises. Appartenir à un univers populaire peut servir de point de départ, au lieu d’imposer à chaque production des conventions auxquelles elle devrait se plier.

Une histoire tirée de comics n’a pas à être une histoire de super-héros.

Marvel, DC et Star Wars sont des univers assez vastes pour accueillir des polars, des comédies, des drames politiques, des récits d’horreur ou de grandes aventures spectaculaires. Encore faut-il laisser à chaque histoire la liberté de choisir son genre, sans chercher à imposer les mêmes recettes à toutes les productions.

Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) dans WandaVision - Disney+ - Marvel Studios

Ce qu’il faut retenir (FAQ)

Pourquoi Lanterns utilise-t-elle aussi peu les pouvoirs des Green Lantern ?
La série privilégie une enquête criminelle inspirée notamment de True Detective. Limiter les pouvoirs de Hal Jordan et John Stewart permet de conserver le suspense et les mécanismes d’un véritable polar.

Lanterns a-t-elle rencontré un succès d’audience ?
Oui. Le final a réuni 10,5 millions de spectateurs mondiaux durant ses trois premiers jours, soit une progression de 13 % par rapport au lancement de la série, selon les chiffres communiqués par Warner Bros. Discovery.

Quelles autres adaptations de comics ont privilégié un genre différent ?
The Penguin emprunte au récit mafieux, WandaVision revisite les sitcoms américaines, Watchmen explore notamment le drame politique et les tensions raciales, tandis que Jessica Jones s’inspire du polar noir.

Pourquoi Watchmen est-elle un exemple important ?
Créée par Damon Lindelof, également cocréateur de Lanterns, la série HBO de 2019 proposait une continuation politique et sociale des comics d’Alan Moore et Dave Gibbons. Elle a rencontré un important succès d’audience et remporté onze Emmy Awards.

Quels futurs projets DC vont explorer d’autres genres ?
Clayface, attendu au cinéma le 21 octobre 2026, est un thriller horrifique, tandis que The People v. Gorilla Grodd prendra la forme d’un faux documentaire criminel comique. Paradise Lost devait explorer les intrigues politiques des Amazones, mais son développement n’est plus prioritaire.

Où regarder Lanterns en France ?
Les huit épisodes de la première saison sont disponibles sur HBO Max.

Sources : TheWrap, Nielsen, DC.

Suivez-nous pour ne rien rater :

Ça pourrait vous intéresser

 sur Superpouvoir.com
Partager : Partager sur Facebook Partager sur Twitter