Lanterns arrive au terme d’une première saison qui a pris un pari assez rare pour une série de super-héros : retarder sans cesse ce que son titre promettait. En sept épisodes, John Stewart a plus enquêté que sauvé le monde, les Green Lantern sont restés à distance de leur propre mythologie cosmique et Sinestro est longtemps resté en périphérie. Même les pouvoirs des anneaux ont été utilisés avec retenue.

Cette retenue fait en grande partie l’identité de la série. Lanterns n’avait pas besoin de virer à la bataille spatiale permanente pour raconter Green Lantern : elle a trouvé bien plus à tirer de Hal Jordan, de John Stewart et de leurs failles. Reste qu’à force de repousser et de détourner nos attentes, le final a désormais fort à faire. Il doit conclure ce que la saison échafaude depuis son pilote.

Attention : la suite de cet article contient des spoilers importants sur les sept premiers épisodes de Lanterns.

Sommaire

7. Faire converger tous les mystères de Rushville

Dès son premier épisode, Lanterns s’est posée en enquête. Rushville, les Macon, les événements du match de football, Antaan, le Manhunter et désormais Zoe ne servent pas à occuper Hal Jordan (Kyle Chandler) et John Stewart (Aaron Pierre) en attendant que la série passe au cosmique. Tout cela relève de la même affaire.

Une bonne part du mystère est déjà levée. On sait ce qu’est Zoe, ce qui s’est passé en 2016 et comment la technologie des Manhunters a bouleversé plusieurs vies. L’épisode 7 a même emmené John sur la planète d’Antaan et dévoilé l’arme utilisée contre sa population : un gaz qui joue directement sur la peur de ses victimes.

Reste à savoir comment tout s’emboîte : pourquoi Antaan, quelle part Sinestro y prend, ce qu’il subsiste du projet des Manhunters dix ans après Rushville et jusqu’où Hal avait poussé son enquête avant sa mort.

Pas question pour autant de transformer chaque habitant de Rushville en extraterrestre ou d’empiler les révélations de dernière minute, ce qui cadrerait mal avec un polar qui a souvent préféré ses personnages à ses rebondissements. Les éléments semés depuis sept épisodes doivent simplement former une histoire cohérente.

Le sort de Noah pourrait d’ailleurs peser dans la balance. Sa naissance, sa relation avec Zoe et ce qu’elle lui a transmis comportent encore assez de zones d’ombre pour entretenir les soupçons. Il cache peut-être quelque chose, peut-être pas. Dans tous les cas, le final ne devrait pas laisser derrière lui un tas d’indices qui n’auront servi qu’à nourrir les théories entre deux épisodes.

Pour aller plus loin :
Qui sont les Manhunters, les traqueurs qui ont précédé les Green Lantern et qui sont aujourd’hui leurs plus grands ennemis ?
Lanterns : qui est Atrocitus, le chef des Red Lanterns lié à Antaan ?

La shérif Kerry Kane (Kelly Macdonald) alors que la ville est en feu dans Lanterns.

6. Répondre vraiment au mystère de la mort de Hal Jordan

À la fin du pilote, John découvre le corps de Hal Jordan dans les tribunes du terrain de Rushville, dix ans après leur enquête commune. Sept épisodes plus tard, on ignore toujours comment il en est arrivé là.

Le dernier épisode a même brouillé ce qui ressemblait jusque-là à un meurtre assez classique. Le secret de la famille Jordan dévoilé dans l’épisode 7 ouvre une autre piste et force John à revoir ce qu’il croyait savoir de son ancien mentor. Plusieurs éléments restent par ailleurs troublants : Hal a été abattu à très courte distance, ne semble pas s’être défendu et son anneau a disparu.

Connaître l’identité du tireur ne réglera donc qu’une partie de l’affaire. Il faudra aussi comprendre pourquoi Hal était là, ce qu’il savait, pourquoi il n’a pas réagi et où est passé son anneau. La réponse peut être simple, et même moins spectaculaire que certaines théories qui circulent depuis le début de la saison, pourvu qu’elle éclaire enfin ce qui l’a précédée.

C’est le piège de tout polar : on peut réussir sept épisodes de personnages, d’atmosphère et de fausses pistes, puis tout fragiliser d’un coup avec une résolution bancale. Lanterns n’a pas besoin d’un coupable imprévisible, mais d’une réponse qui paraisse logique une fois toutes les pièces réunies.

Hal Jordan (Kyle Chandler) en tenue de Green Lantern dans Lanterns.

5. Donner enfin à Sinestro un rôle à la hauteur de son importance

Sinestro (Ulrich Thomsen) est sans doute le personnage que le final a le plus à justifier. La série l’a introduit assez tôt et a posé son passé de Green Lantern, son rôle de mentor auprès de Hal, sa trahison et son emprisonnement, avant de le replacer brutalement au centre du jeu dans les dernières secondes de l’épisode 7.

John le retrouve sur Antaan, planète ravagée par une arme qui joue sur la peur. Dans la bande-annonce du grand final, Sinestro explique d’ailleurs que le Corps a tort de voir cette émotion comme une faiblesse, et qu’elle peut devenir une force considérable. Pour qui connaît les comics, le lien avec les anneaux jaunes et le futur Sinestro Corps saute aux yeux.

Nous avons même évoqué une piste bien plus étrange : John Stewart pourrait lui-même se retrouver lié à un anneau jaune, une idée qui a un précédent dans Green Lantern : Terre Un.

La naissance d’un premier anneau jaune ferait une excellente accroche pour la suite. Mais après tout le temps d’antenne accordé à Sinestro, le final doit aussi lui trouver une utilité dans l’intrigue actuelle. Son obsession de la peur, son intérêt pour John, son passé avec Hal et sa présence sur Antaan doivent avoir des conséquences dès cet épisode.

Le Sinestro Corps, Qward et le reste de cette mythologie peuvent très bien attendre. L’épisode 8, lui, doit au moins expliquer ce que le plus célèbre adversaire des Green Lantern faisait dans cette première saison.

Pour aller plus loin :
Lanterns : qui est Sinestro dans les comics ?

Sinestro (Ulrich Thomsen) dans Lanterns.

4. Offrir une vraie conclusion à Hal Jordan

Élucider la mort de Hal ne suffit pas à clore son histoire.

Pendant longtemps, Lanterns a montré un Hal vieillissant et orgueilleux, incapable de céder son anneau, encore moins d’accepter qu’on forme quelqu’un pour le remplacer. L’épisode 7 a profondément changé le regard porté sur lui en révélant ce qui se cachait derrière cette peur et cette façon presque maladive de ne jamais lâcher prise.

Le Halogramme permet à la série d’aller au bout de cette idée. Cette copie ne possède pas les vingt dernières années de la vie de Hal, mais elle donne à John l’occasion de parler à une version de son mentor bien moins abîmée par la suite. Il y a déjà quelque chose de cruel là-dedans : John semble parfois trouver chez cette sauvegarde l’écoute que le vrai Hal ne lui a jamais accordée.

Le final devra tirer parti de cette relation. Que le Halogramme disparaisse ou continue d’exister, la mort du vrai Hal n’a pas besoin d’être annulée. Mais après huit épisodes consacrés à un homme incapable de lâcher prise, sa conclusion devrait prolonger cette idée plutôt que de se contenter de refermer l’enquête.

La balle que le jeune Hal refuse d’abandonner dans l’épisode 7, l’anneau auquel il s’accroche, Rushville où il revient dix ans plus tard et cette copie de lui-même qui survit à sa mort disent tous la même chose.

La fin de Hal Jordan mérite mieux que l’identité de son meurtrier. Elle doit permettre à John, et peut-être à Hal lui-même, de laisser enfin quelque chose derrière eux.

Hal Jordan (Kyle Chandler) dans Lanterns.

3. Laisser John Stewart choisir lui-même ce qu’il veut devenir

Toute la vie de John Stewart s’est organisée autour d’un destin qu’il n’a pas choisi.

À l’origine, son père devait pouvoir devenir Green Lantern. Ses parents l’ont ensuite élevé dans l’idée qu’il réussirait là où son père avait échoué. Les Gardiens l’ont observé, testé, puis préparé à prendre la place de Hal, qui l’a longtemps vu comme celui qui venait lui voler son anneau.

Et quand John a enfin la possibilité de le devenir à son tour, il refuse.

Ce refus évite à son parcours de se réduire à sept épisodes passés à devenir exactement ce que tout le monde avait décidé pour lui depuis l’enfance. En disant non, John tourne le dos à l’autorité des Gardiens, au système qui l’a façonné et à une conception de la peur qu’on lui inculque depuis gamin.

Le final doit maintenant lui rendre la main sur ce destin. John peut reprendre l’anneau de Hal, en utiliser un autre ou couper encore davantage avec les Gardiens : la forme compte moins que la décision. Après une vie passée à répondre aux attentes de son père, de sa famille, du Corps puis de Hal, il doit pouvoir définir seul ce que signifie être Green Lantern.

C’est là que Lanterns peut boucler son véritable récit d’origine. John connaît déjà les pouvoirs, le Corps et le rôle qu’on lui réserve. Il lui manquait une raison personnelle de l’accepter.

Pour aller plus loin :
Green Lantern : pouvoirs, origines et histoire, tout ce qu’il faut savoir
Lanterns : qui sont les Gardiens de l’Univers ?

John Stewart (Aaron Pierre) dans Lanterns.

2. Préparer le reste du DCU sans sacrifier la fin de Lanterns

Le dernier épisode doit aussi regarder au-delà de Lanterns. John Stewart fait désormais partie du DCU et devra exister après cette première saison. Guy Gardner (Nathan Fillion) y a déjà sa place, les Gardiens restent largement à explorer, Sinestro ouvre une porte immense sur le spectre émotionnel et ce que l’on a vu du Green Lantern Corps ne représente qu’une fraction de sa mythologie.

Une vision plus large du Corps, une échappée vers Oa, la naissance d’un nouvel anneau ou un changement dans les rapports entre John et les Gardiens auraient toutes leur place dans le final. Guy Gardner offre aussi un moyen naturel de rattacher l’épisode au DCU tel qu’il existe en 2026.

Cette ouverture ne doit pas pour autant éclipser la conclusion de la saison. Lanterns a son enquête, ses personnages et son propos. Annoncer de futures histoires n’aurait guère de sens si les questions posées depuis le pilote restaient sans réponse.

D’autant que John Stewart doit sortir de la saison avec un statut clair : qui est-il en 2026, quel rapport entretient-il avec le Corps, que devient ce rôle qu’il avait refusé dix ans plus tôt ? Une fois ces réponses données, les autres projets du DCU auront tout le temps d’élargir son histoire.

Voir aussi :
Lanterns : la bande-annonce du grand final prépare la peur, Sinestro et le destin de John Stewart
Lanterns : John Stewart, les Yellow Lantern… et si on connaissait déjà le final depuis 2023 ?
Lanterns épisode 7 : récap et fin expliquée – que cachait Hal Jordan ?

Guy Gardner (Nathan Fillion) en tenue de Green Lantern dans la série Lanterns.

1. Nous montrer enfin John Stewart en véritable Green Lantern

Après huit épisodes, John Stewart doit enfin apparaître comme le Green Lantern que toute la saison prépare.

Le costume compte, mais le vol encore plus. Depuis le pilote, John apprend à maîtriser l’anneau, les constructions et des capacités qu’il ne s’est jamais vraiment appropriées. Le voir décoller dans le final offrirait une conclusion très concrète à ce parcours.

C’est la série elle-même qui a bâti cette attente en tenant presque constamment à distance l’imagerie classique de Green Lantern. Les costumes ont été rares, les pouvoirs distillés avec parcimonie, et John n’a jamais pleinement occupé la place vers laquelle toute son histoire semble le mener.

Cette retenue a servi Lanterns : l’anneau n’est pas devenu un simple accessoire à effets spéciaux et la série a pu s’attarder sur l’homme qui doit le porter. Elle donne aussi bien plus de poids au moment où John l’acceptera enfin pour ce qu’il représente.

Nul besoin pour cela d’une longue bataille aérienne. Une seule vraie séquence peut suffire : John en costume, se servant de son anneau avec assurance, quittant le sol et s’élevant au-dessus de Rushville. Après une saison entière à différer cette image, quelques minutes bien employées auraient probablement plus d’impact qu’un déluge de constructions numériques.

Lanterns s’est beaucoup demandé ce qui fait un Green Lantern : la volonté, la peur, le choix des Gardiens, l’anneau, et surtout l’usage que chacun décide d’en faire. John a désormais presque toutes les réponses.

Reste à le voir s’envoler.

John Stewart (Aaron Pierre) dans le final de Lanterns.

Ce qu’il faut retenir (FAQ)

Quand sort le grand final de Lanterns ?
L’épisode 8 sera disponible en France le lundi 5 octobre 2026 sur HBO Max, dans la nuit suivant sa diffusion américaine.

Comment s’appelle le dernier épisode de la saison 1 ?
Le final s’intitule Dirt and Stars. Il s’agit du huitième épisode de la première saison.

Le final doit-il révéler qui a tué Hal Jordan ?
La mort de Hal est le grand mystère de la série depuis le premier épisode, le final devrait donc y répondre. Mais l’épisode 7 a montré que les circonstances et les raisons de sa mort comptent au moins autant que l’identité du responsable.

John Stewart va-t-il devenir Green Lantern dans le final ?
On ne sait pas encore comment se terminera son parcours. Toute la saison mène néanmoins vers une décision définitive sur son rapport à l’anneau et au Green Lantern Corps.

Une saison 2 de Lanterns est-elle déjà confirmée ?
Non. Une suite est déjà en développement du côté des auteurs, mais HBO n’a pas encore officiellement renouvelé la série pour une deuxième saison.

Où regarder Lanterns en France ?
La première saison est disponible sur HBO Max.

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