Kill or Be Killed

Kill or be Killed, c’est le fer de lance de Delcourt en cette année 2018. Et ce n’est pas étonnant : le nouveau rejeton de l’alliance Ed Brubaker/Sean Phillips, à qui l’on doit Fondu au noir et Fatale, tous deux sortis chez le même éditeur, aurait déjà une adaptation cinématographique dans le viseur.

Alors, Kill or be Killed, qu’est-ce que ça raconte ? Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, le comic book raconte l’histoire de Dylan, un jeune garçon un poil dérangé qui, après une tentative de suicide infructueuse, va faire une rencontre inattendue : celle d’un démon. Son sauveur venu de l’Enfer va donc le charger de tuer une personne par mois minimum. Mais pas n’importe qui. Non, Dylan devra d’abord trouver quelqu’un qui mérite la mort. Ainsi devenu une sorte d’anti-héros au costume simpliste au possible, le jeune homme nous embarque dans son aventure sans nous épargner le moindre détail.

La narration à la première personne plonge le lecteur dans la tête du personnage, qui partage ainsi avec nous chacune de ses pensées et fait la part belle au character development. On apprendra donc que tout ne se passe pas toujours comme prévu, ou que commettre un meurtre peut rapidement devenir plus facile que ce que l’on pense. Les états d’âme plus que transparents du protagoniste se trouvent également être la recette parfaite pour aborder des sujets tels que l’amour, l’amitié, et la famille dans un comic qui ne se veut pourtant pas familial pour un sou.

Les dessins de cette série rappellent fortement les romans-photos grâce aux traits réalistes de Sean Phillips qui fonctionnent d’ailleurs très bien sur cette série aux allures de polar/thriller fantastique. Les couleurs participent également à l’ambiance, que ce soit sur les scènes d’action ou sur les scènes plus calmes. Mais ce qui fonctionne encore mieux, ici, c’est le découpage des planches ainsi que les nombreux flash-backs qui donnent un certain effet cinématographique jusqu’à faire écho aux films noir. Seule chose à regretter selon moi, le look du démon qui pousse Dylan dans sa croisade anti-criminalité, qui provoque plus le sourire que les frissons.

 

Inutile de nier la ressemblance avec l’œuvre nippone intitulée Death Note, Kill or be Killed reprend les éléments clés de l’œuvre de Tsugumi Ōba et l’adapte au format comic book. Ed Brubaker et Sean Phillips nous emmènent donc dans un nouveau thriller haletant qui promet une suite des plus intrigantes à en croire le cliffhanger qui conclue le deuxième tome.

Les deux premiers tomes de Kill or be Killed, d’Ed Brubaker et Sean Phillips, traduits de l’anglais (américain) par Jacques Collin et lettré par Moscow Eye, sont déjà disponibles aux éditions Delcourt.

Kill or Be Killed - Tome 2

Kill or Be Killed – Tome 2, aux éditions Delcourt

 

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