Justice League: No Justice #1

Apres les événements de Batman: Métal, le Mur-Source a été fissuré par la Justice League, ce qui a libère quatre Titans Oméga, les anciens dieux de l’univers. Chacun représente un des forces vives de l’univers : la sagesse, le mystère, le merveilleux et l’entropie. Chaque planète a évolué selon un de ces quatre moteurs, alimentant en énergie un arbre, qui donnera une graine que vient récolter le Titan Oméga correspondant, les quatre dieux se tirant la bourre pour savoir lequel d’entre eux est l’énergie dominante de l’univers et détruisant les planètes au passage…

Et voilà que le Titan de la Sagesse est arrivé sur Colu, planète où la connaissance et l’information sont capitales. C’est aussi la planète natale de Brainiac, l’ennemi de Superman. Pour sauver son monde, Brainiac a mis en place une stratégie qui implique la Ligue de Justice, certains héros de la Terre (Atom, Starfire, Beast Boy) ainsi que des vilains (Sinestro, Starro, Luthor). Répartis en quatre équipe représentant chacune une des forces vives, ils doivent réveiller chacun des quatre arbres afin que les quatre forces s’équilibrent. Mais sur Terre, Amanda Waller poursuit son propre plan, qui va contrecarrer celui de Brainiac

No Justice marque le début de la reprise de la Justice League par Scott Snyder (Batman, Dark Nights: Metal), épaulé ici par James Tynion IV (Detective Comics) et Joshua Williamson (Flash). Cette mini-série en quatre parties donne le ton pour sa reprise et en pose les bases. C’est d’abord un retour de la Justice League qui pense grand. Comme avec Grant Morrisson et Mark Waid, on retrouve une équipe qui affronte des menaces exceptionnelles, qui mettent en péril l’univers entier. Certes, les Titans Omega font immanquablement pensés aux Célestes de chez Marvel, mais au moins permettent-ils d’élever la barre de menace.

Et pour bien montrer que cette menace est élevée, on nous explique que la Ligue doit évoluer, penser différemment et changer en intégrant de nouveaux membres, dont des super-vilains. Et c’est là que le bât blesse car l’apport de ces personnages n’est jamais vraiment explicité. Sinestro, Etrigan, Lobo et consorts font tapisserie, ne servant au final qu’à fournir quelques punchlines, censées faire rebelle. On essaie bien de nous rendre sympathique Starro, l’étoile de mer galactique télépathe, mais l’affaire est expédiée en quelques coups de cuillère à pot, sans que son revirement nous soit expliqué. Il n’y a bien que Luthor qui soit un peu mieux esquissé, mais c’est pour mieux préparer la suite. De toute façon, l’ensemble du casting est traité avec superficialité au profit d’une action non-stop. Seul motif de satisfaction, le retour en grâce du Limier Martien, personnage un peu oublié, mais qui redevient enfin la pierre angulaire de la Ligue.

Pour le reste, on s’agite beaucoup dans des planches assez brouillonne de Francis Manapul. Est-ce le nombre excessif de personnages qui le perturbe ? En tout cas, son découpage n’est pas toujours très lisible, ce qui est d’autant plus dommage car c’est ce qu’il fourni dans les chapitres deux et trois, secondés par les dessinateurs Marcus To et Riley Rossmo. Le mélange des styles rajoute au capharnaüm ambiant.

Si il y a quelques idées intéressantes comme la création du secteur fantôme ou le nouveau rôle de Brainiac 2.0, force est de constater que les trois premiers épisodes constituent beaucoup d’agitation pour rien. Le quatrième, en revanche, parvient à retrouver l’esprit héroïque de la Ligue, même si, là encore, pas mal de points (dont la façon de vaincre les Titans Omega) sont survolés.

Plus qu’un point de départ, No Justice constitue finalement une promesse. La promesse de retrouver une Ligue puissante, héroïque, merveilleuse. On aurait pu croire à la lecture du pitch que Snyder surferait sur la mode de la « badass attitude » avec tous ces vilains agglomérés. Au final, Snyder et ses camarades remettent sur les rails une équipe qui avait quelque peu perdu de son lustre. Et quand on voit la qualité graphique du petit prologue (publié dans DC Nation #1), le travail du dessinateur Jorge Jimenez promet de chouettes pages dans la nouvelle série Justice League.

Justice League: No Justice (Justice League: No Justice #1-4, extrait de DC Nation #1), Urban Comics, 144 pages, 15,50 €. Sortie le 08 mars 2019. Traduction d’Edmond Tourriol, lettrage de Stephan Boschat et Cyril Bouquet.

Couverture de Justice League: No Justice par Francis Manapul (Urban Comics)

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