HBO Max, la grande plateforme de streaming de la Warner débarque ce 27 mai 2020 aux États-Unis et l’année prochaine en Europe. Le studio met en avant un catalogue immense, l’accès aux très nombreuses séries d’HBO et quelques nouveautés à gros budgets, dont plusieurs tirées de l’univers DC Comics. Car oui, ça ne semble pas évident vu le nom, mais HBO Max n’a absolument rien à voir avec la chaîne HBO ; leur seul et unique point commun étant d’appartenir à Warner Bros.

S’il est évidemment bien trop tôt pour comparer la qualité des productions, il faut d’ores et déjà comprendre que les ambitions et la production sont très différentes. Voyons ça de plus près.

HBO, la révolution télévisuelle

Créée dans les années 70, si HBO a vite un succès déjà indéniable (les Contes de la Crypte faisaient déjà le tour des télévisions du monde), mais la fin des années 90 marquera un tournant pour la chaîne du câble américain qui produit désormais des séries aux ambitions et aux budgets nettement supérieures à celles dont on avait l’habitude de voir à l’époque : Oz, Les Sopranos, Six Feet Under, et tellement d’autres. Désormais, même les autres chaînes devront mettre la barre très haute devant l’attente des spectateurs. HBO de son côté continue et propose Deadwood, The Leftovers, Game of Thrones, Chernobil ou encore Westworld et Watchmen – et tellement d’autres, on a forcément oublié votre favorite.

Aujourd’hui, plus qu’une chaîne, c’est un véritable bouquet que propose HBO – ce qui aura servi de modèle au groupe Canal chez nous.

La chaîne ne cessera de mettre en avant une certaine exigence de qualité et du traitement de ses personnages, au point de régulièrement refuser des séries dont le pilote leur avait déplu. Parmi les exemples les plus récents, on citera l’adaptation d’American Gods (qui sera rachetée par Starz et diffusée chez nous sur Amazon Prime Video), mais aussi tous les projets de spin-offs de Game of Thrones. Un manière de travailler et un niveau d’exigence nettement différents des autres chaînes et plateformes, dont HBO Max.

HBO Max annonce déjà son contenu

Voici déjà une première et énorme différence. Si HBO fait très attention à la qualité de ses séries, au point de ne pas hésiter à refuser un projet si le pilote lui déplaît, HBO Max a déjà annoncé ses prochaines séries, alors que rien n’est encore produit, ni même écrit. Bien entendu, rien ne dit que la future plateforme validera les pilotes sans les regarder, mais le projet a déjà des délais à tenir, des planning et un budget étalés sur le long-terme avant même qu’un premier épisode soit produit.

Ainsi, si HBO a refusé tous les projets de spin-offs de Game of Thrones, un nouveau a été annoncé en fanfare pour HBO Max, House of the Dragons, et avant même que le moindre pilote soit tourné, dix épisodes sont d’ores et déjà commandés.

Notons également que la chaîne HBO restera indépendante (même si, ironie, elle ne manquera pas de diffuser elle aussi le spin-off en question de Game of Thrones), que ce ne sont pas les mêmes personnes qui dirigent la chaîne et la plateforme, ni le même public qui est visé. Voilà ce qui fera une autre très grosse différence.

Profiter de la notoriété d’HBO et viser un max de public

Warner Media – qui serait le second plus grand groupe de production ciné et TV au monde – a investi quatre milliards de dollars sur trois ans dans la plateforme. Forcément, il s’agit de rentabiliser. Il est donc bien sûr hors de question de faire un second HBO, mais de compléter les programmes de la chaîne et toucher un public nettement plus large.

Pour cela, Kevin Reilly et Sarah Aubrey ont travaillé durant quatorze mois pour définir à quoi devait ressembler les productions de la plateforme. Bob Greenblatt, big boss de la Warner, l’a annoncé au micro de Variety , il s’agit de récupérer ces publics absents d’HBO : « HBO parle à certains publics, mais pas à de nombreux autres. Kevin et Sarah ont mené un gros travail pour définir ce que sera l’identité des programmes originaux de HBO Max. Quelque chose de plus jeune et avec un biais plus féminin. Nous nous concentrons prioritairement sur les enfants et la famille. »

Voilà qui explique la réunion Friends, et le reboot de Gossip Girl. Sarah Aubrey apporte tout de même une nuance concernant la féminisation des productions : « Nous visons un public féminin pour être complémentaire avec la courbe de HBO qui est statistiquement masculine, mais au final, ce n’est qu’une partie des programmes. » 

Qu’on se rassure, de nombreux projets adultes, voire sombres et d’épouvantes, sont prévus. Lovecraft Country et Justice League Dark (produits par J.J. Abrams), le spin-off de Shining, et celui de Game of Thrones restera dans la veine de la série originale, inspirée de Fire & Blood (Feu et Sang), supervisée par George R. R. Martin. De quoi être plus confiants.

En résumé

Warner a choisi de nommer la plateforme HBO Max pour garder le public d’HBO, tout en visant tous ceux qui ne regardent pas HBO. Quel sera l’intérêt des abonnés de la chaîne de souscrire à la plateforme, nous direz-vous. Il n’y en aura pas vraiment, d’autant certains programmes seront disponibles sur les deux. Le but est de concurrencer Disney+, Netflix, Amazon Prime, Apple TV+, Peacock, et toutes ces plateformes qui brassent très large en terme de public. Hors de question de se contenter d’un public de niche, il faut toucher un max de gens.

Au final, si on ne sait pas à quoi ressembleront les futurs grands shows d’annoncés, il ne faut pas s’attendre à ce que la série Green Lantern ressemble à Watchmen, par exemple, mais encore moins à The Flash ou Supergirl. On nous promet de gros budgets pour beaucoup de ces nouvelles séries, qui seront la vitrine de la plateforme. Hors de question de se planter, donc.

En bref, s’il y a une chose dont on est sûr, c’est qu’il ne faut surtout pas confondre HBO et HBO Max.

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