La nouvelle adaptation de Harry Potter n’est pas encore arrivée sur HBO Max qu’elle se retrouve une nouvelle fois au cœur du débat entourant J.K. Rowling. Cette fois, l’attaque vient de Lilly Wachowski, cocréatrice et coréalisatrice de Matrix, qui considère qu’il n’est plus possible de séparer la franchise de l’utilisation que son autrice fait d’une partie de l’argent qu’elle lui rapporte.

Interrogée par Variety, la cinéaste trans va très loin : elle accuse J.K. Rowling de « financer un génocide trans » et estime que continuer à soutenir commercialement Harry Potter revient, indirectement, à financer ses engagements. Le représentant de Rowling a depuis répondu et rejette totalement cette lecture.

Sommaire

Lilly Wachowski s’en prend à J.K. Rowling et à Harry Potter

Lilly Wachowski était interrogée par Variety à l’occasion du lancement d’Anarchists United, un studio et une fondation destinés à soutenir des cinéastes issus de communautés sous-représentées. La conversation s’est naturellement déplacée vers les droits des personnes trans, puis vers deux personnalités que le journaliste présente comme ayant causé d’importants dégâts à cette communauté : Elon Musk et J.K. Rowling.

Lorsqu’arrive la question de la nouvelle série Harry Potter, Wachowski ne prend aucun détour.

« J.K. Rowling finance un génocide trans, point final. Si vous soutenez Harry Potter, vous soutenez un génocide trans. »

La réalisatrice développe ensuite son raisonnement : une partie de l’argent dépensé pour les produits tirés de Harry Potter revient à Rowling, qui utilise elle-même une partie de sa fortune pour soutenir des organisations et des procédures juridiques liées à ses positions sur le sexe et le genre. Wachowski compare ce choix à celui de ne pas acheter une Tesla lorsque l’on refuse de contribuer financièrement aux activités d’Elon Musk.

Pour elle, la question n’est donc plus de savoir s’il est encore possible d’aimer les romans ou les films indépendamment de leur autrice. Elle parle d’une franchise toujours extrêmement rentable, dont la créatrice continue de bénéficier financièrement et politiquement.

Et elle le formule de la manière la plus personnelle possible : continuer à soutenir ces productions participe, selon elle, à financer sa propre « éradication ».

Voir aussi :
Matrix : toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur la saga
Harry Potter (HBO) : casting, images, date de sortie… tout ce que l’on sait

Les élèves arrivent à Poudlard dans la série HBO Harry Potter.

Pourquoi Wachowski lie-t-elle Harry Potter aux engagements de Rowling ?

Le raisonnement de Lilly Wachowski ne repose pas uniquement sur les nombreuses déclarations de J.K. Rowling à propos des personnes trans. Depuis plusieurs années, l’autrice de Harry Potter a fait de ces questions l’un de ses principaux combats publics et y consacre également une partie de son argent.

En 2024, elle a notamment versé 70 000 livres à For Women Scotland pour aider l’organisation à financer son recours devant la Cour suprême britannique. Le groupe contestait l’inclusion des femmes trans disposant d’un certificat de reconnaissance de genre dans la définition juridique du mot « femme » prévue par l’Equality Act de 2010.

For Women Scotland a remporté cette bataille en avril 2025. La Cour suprême a estimé que les termes « femme » et « sexe » devaient, dans le cadre de cette loi, être compris en référence au sexe biologique. La décision a ensuite eu des conséquences très concrètes sur les règles entourant notamment certains espaces et services réservés aux femmes, au grand dam des associations de défense des personnes trans. Rowling a publiquement célébré cette victoire.

C’est ce type de financement que vise Wachowski lorsqu’elle affirme que l’argent de Harry Potter alimente ensuite des actions politiques et judiciaires ayant un impact sur la vie des personnes trans. Que l’on adhère ou non au terme extrêmement fort de « génocide » qu’elle emploie, le lien financier qu’elle décrit n’est pas abstrait : Rowling utilise bien une partie de sa fortune pour soutenir directement ces combats.

Minerva McGonagall (Janet McTeer) dans la série Harry Potter de HBO.

J.K. Rowling finance effectivement plusieurs combats autour des droits fondés sur le sexe

For Women Scotland n’est d’ailleurs plus un cas isolé. J.K. Rowling a depuis créé son propre fonds destiné à financer ce type de procédures.

Le J.K. Rowling Women’s Fund se présente comme un fonds juridique destiné aux personnes et organisations souhaitant défendre les « droits fondés sur le sexe » des femmes et des filles. Il peut notamment prendre en charge des frais liés à des affaires concernant l’accès aux espaces non mixtes, les politiques mises en place dans les entreprises ou les institutions, ou encore les personnes sanctionnées professionnellement pour avoir affirmé que le sexe biologique ne pouvait pas être modifié.

Rowling ne cache donc ni ses convictions ni le fait qu’elle mobilise ses moyens financiers pour les faire avancer. Elle considère que ces actions protègent les droits des femmes. Les organisations LGBTQ+ et les militants pour les droits des personnes trans y voient au contraire un mouvement qui réduit progressivement les protections et la reconnaissance dont celles-ci disposent.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les propos de Lilly Wachowski. La réalisatrice ne répond pas simplement à une vieille déclaration polémique de l’autrice : elle parle d’un engagement politique toujours actif, désormais accompagné d’une structure spécifiquement conçue pour financer des batailles juridiques.

Le représentant de J.K. Rowling répond à Lilly Wachowski

Le camp de J.K. Rowling a rapidement réagi. Sollicité par Entertainment Weekly, son agent Neil Blair conteste fermement la présentation faite par Wachowski.

Il rappelle que le J.K. Rowling Women’s Fund finance des personnes qui cherchent à faire appliquer ou défendre les droits fondés sur le sexe prévus par la législation britannique. Selon lui, Rowling ne finance aucune action destinée à nuire aux personnes trans ou à leur retirer des droits. Il qualifie également les accusations de Lilly Wachowski de fausses et diffamatoires.

Cette réponse correspond à la position défendue depuis longtemps par Rowling : elle affirme ne pas combattre l’existence des personnes trans mais vouloir préserver des droits et des espaces reposant sur le sexe biologique.

Le désaccord porte précisément sur les conséquences de cette politique. Pour les mouvements trans et leurs soutiens, exclure les femmes trans de certains espaces, remettre en cause leur reconnaissance dans différentes politiques publiques ou financer les procédures qui permettent d’y parvenir constitue bien une restriction de leurs droits. Le camp Rowling considère au contraire que ces mesures sont nécessaires pour préserver ceux des femmes biologiques.

Lilly Wachowski a manifestement cessé depuis longtemps de considérer ce conflit comme une simple divergence intellectuelle.

Paapa Essiedu dans le rôle du professeur Severus Rogue dans les bois enneigés de Harry Potter à l'école des sorciers

La série Harry Potter se retrouve à nouveau au cœur du débat

Cette nouvelle polémique arrive à quelques mois seulement du lancement de la série Harry Potter. Sa première saison de huit épisodes, intitulée Harry Potter à l’école des sorciers, doit commencer sa diffusion à Noël 2026 sur HBO et HBO Max.

J.K. Rowling en est productrice exécutive. HBO a toujours défendu sa présence sur le projet et expliquait déjà en 2024 que la série bénéficierait de son implication.

C’est justement cette proximité qui rend la question du boycott beaucoup plus difficile à évacuer qu’à l’époque où il s’agissait simplement de revoir un film sorti vingt ans auparavant. Harry Potter redevient aujourd’hui une franchise télévisée active, pensée pour durer plusieurs années et générer de nouveaux abonnements, de nouvelles ventes et de nouveaux produits dérivés.

Wachowski n’est d’ailleurs pas la première personnalité hollywoodienne à faire le lien entre la consommation de Harry Potter et les engagements de Rowling. Pedro Pascal avait déjà soutenu publiquement les appels au boycott, tandis que plusieurs acteurs historiques de la saga, dont Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, ont pris leurs distances avec les positions de l’autrice sur les personnes trans.

La particularité de Lilly Wachowski tient surtout à la violence assumée des mots employés. En parlant de « génocide trans », elle ne cherche manifestement pas à ménager ceux qui voudraient continuer à consommer la franchise tout en considérant les engagements de sa créatrice comme un sujet complètement séparé.

La déclaration a enfin une résonance particulière venant de la cocréatrice de Matrix. Lilly et Lana Wachowski ont expliqué à plusieurs reprises combien leur parcours trans permettait aujourd’hui de relire une partie de leur œuvre sous l’angle de l’identité et de la libération. Lilly vient par ailleurs de refaire parler de la saga en révélant que Drew Goddard ne souhaiterait pas avancer sur le prochain Matrix sans obtenir au préalable la bénédiction des deux sœurs.

Ron, Harry et Hermione marchent dans les couloirs de Poudlard dans la série Harry Potter de HBO.

Ce qu’il faut retenir (FAQ)

Qu’a déclaré Lilly Wachowski à propos de J.K. Rowling ?
La cocréatrice de Matrix accuse J.K. Rowling de « financer un génocide trans » et estime que continuer à soutenir financièrement Harry Potter contribue aux combats politiques et juridiques menés ou financés par l’autrice.

J.K. Rowling finance-t-elle des organisations engagées sur les questions trans ?
Oui. Elle a notamment donné 70 000 livres à For Women Scotland pour son recours devant la Cour suprême britannique et a créé le J.K. Rowling Women’s Fund afin de financer des procédures autour des droits fondés sur le sexe.

Le camp de J.K. Rowling a-t-il répondu à Lilly Wachowski ?
Oui. Son agent Neil Blair rejette ses accusations et affirme que Rowling cherche à défendre les droits des femmes prévus par la loi britannique, sans financer d’actions destinées à nuire aux personnes trans.

J.K. Rowling participe-t-elle à la nouvelle série Harry Potter ?
Oui. Elle fait partie des producteurs exécutifs de la série HBO.

Quand sort la nouvelle série Harry Potter ?
La première saison, composée de huit épisodes et adaptée de Harry Potter à l’école des sorciers, débutera à Noël 2026 sur HBO Max.

Sources : Variety, Entertainment Weekly, J.K. Rowling Women’s Fund

Suivez-nous pour ne rien rater :

Ça pourrait vous intéresser

 sur Superpouvoir.com
Partager : Partager sur Facebook Partager sur Twitter