Supergirl n’arrivera sur les écrans français que le mercredi 1er juillet 2026, mais son lancement américain envoie déjà un signal plus brutal que prévu. Le nouveau film DC porté par Milly Alcock devait prouver que le DCU de James Gunn et Peter Safran tenait debout au-delà de Superman. Pour l’instant, le signal envoyé est beaucoup moins rassurant que prévu.

Selon les premières données disponibles samedi soir, Supergirl affiche un démarrage modeste au box-office, avec 18 millions de dollars aux États-Unis et 29,1 millions dans le monde. Le bilan définitif du week-end n’est pas encore arrêté, mais le film semble parti pour ouvrir sous les attentes initiales : Boxoffice Pro évoquait encore mi-juin une fourchette de 45 à 55 millions de dollars sur son premier week-end américain.

Voir aussi : Supergirl : y a-t-il une scène post-générique ?

Le problème ne se résume pas à une question de comptabilité. Avec un budget de production estimé autour de 170 millions de dollars, hors marketing, Supergirl avait besoin d’un vrai décollage. Le film arrive pourtant avec des critiques divisées, une concurrence redoutable et un positionnement encore flou auprès du grand public. Rien n’est joué définitivement, mais le signal de départ est franchement mauvais.

Sommaire

Un démarrage faible et des critiques très divisées

Premier constat, et il est sans appel : Supergirl ne démarre pas comme un film événement. Box Office Mojo crédite déjà le film de 18 millions de dollars sur le sol américain et de 29,1 millions à l’échelle mondiale dans ses premières estimations. Le site The Numbers, de son côté, situe le budget de production à 170 millions de dollars, un chiffre qui rend chaque dollar de recette d’autant plus scruté.

Prudence de rigueur : les chiffres définitifs du week-end n’ont pas encore été arrêtés, et le film n’est pas même sorti en France. Mais pour un blockbuster DC lancé dans la foulée de Superman, ce démarrage a des allures d’avertissement plutôt que d’envol.

Côté critiques, le tableau n’est guère plus flatteur. Rotten Tomatoes affiche pour l’heure 57 % d’avis positifs côté presse, contre 76 % côté public vérifié. L’accueil n’est donc pas un rejet en bloc, mais il est loin de l’élan critique dont avait besoin un film encore fragile aux yeux du grand public.

Certaines critiques se sont montrées particulièrement féroces. Variety a notamment signé un papier au vitriol, qualifiant le film de « Super-Horrendous ». Il serait pourtant injuste de réduire la réception du film à cette seule sortie assassine : de nombreux retours saluent la performance de Milly Alcock dans la peau de Kara Zor-El. Mais l’impression d’ensemble reste celle d’un film qui clive plus qu’il ne rassemble.

C’est précisément là que les ennuis commencent.

Kara (Milly Alcock) face à Krem (Matthias Schoenaerts) dans le film Supergirl.

1. Une campagne de promotion qui n’a pas vraiment créé l’événement

Le premier écueil de Supergirl tient peut-être au fait que sa campagne promotionnelle n’est jamais parvenue à imposer une idée simple dans l’esprit du public.

Sur le papier, les arguments ne manquaient pourtant pas : une nouvelle incarnation de Supergirl, Krypto, une aventure cosmique, Jason Momoa dans la peau de Lobo, une inspiration puisée dans le comic book Supergirl: Woman of Tomorrow, et un rôle central dans le nouveau DCU. Mis bout à bout, ces atouts ont fini par brouiller le message plutôt que de le renforcer.

Que vendait réellement Warner ? Un film de super-héroïne ? Un western spatial ? Une suite indirecte de Superman ? Une aventure centrée sur Krypto ? Un tremplin vers Lobo ? Une adaptation pensée pour les lecteurs de comics déjà convaincus ? Le film multipliait les portes d’entrée, mais aucune n’a su s’imposer assez nettement pour transformer sa sortie en rendez-vous populaire.

Le contraste avec Superman est frappant. Le film de James Gunn portait une promesse immédiatement lisible : relancer le héros le plus célèbre de DC et ouvrir officiellement un nouvel univers cinématographique. Supergirl, à l’inverse, devait justifier pourquoi Kara Zor-El méritait d’emblée la même attention.

Cette justification n’a visiblement pas trouvé son public.

Milly Alcock a enfilé le costume de Supergirl dans le film de l'univers DC

2. Des critiques qui ont confirmé les hésitations du public

Un blockbuster comme Supergirl peut très bien survivre à des critiques moyennes, à condition que le public ait déjà décidé qu’il devait le voir. Ce n’était probablement pas le cas ici.

Kara Zor-El demeure un personnage important de l’univers DC, mais elle n’a pas la force d’attraction immédiate de Superman, Batman ou Spider-Man. Pour faire de sa sortie un événement, le film avait besoin d’un bouche-à-oreille net, enthousiaste, presque rassurant — le genre de critiques qui disent au public : « allez-y, c’est la bonne surprise du DCU ».

Le message reçu est tout autre. Milly Alcock revient souvent comme l’un des points forts du film, mais le scénario, l’humour, le méchant ou le sentiment de déjà-vu reviennent tout aussi régulièrement parmi les reproches formulés. Pour un spectateur hésitant, ce type d’accueil ne pousse pas franchement à réserver une place de cinéma. Attendre la sortie en streaming devient une option nettement plus tentante.

Le problème est d’autant plus net que Supergirl arrive à un moment où les spectateurs trient davantage leurs sorties. Un film de super-héros simplement correct ne bénéficie plus automatiquement du réflexe « il faut le voir pour suivre l’univers ». Si la critique ne crée pas l’urgence, le public n’hésite plus à passer son tour.

3. Un problème de perception autour de Supergirl

C’est sans doute le point le plus délicat à traiter, mais aussi le plus déterminant : pour une partie du grand public, Supergirl reste encore perçue, un peu trop facilement, comme une simple version féminine de Superman.

Le raccourci est évidemment réducteur. Dans les comics, Kara Zor-El possède sa propre histoire, ses propres traumatismes, son propre rapport à Krypton, à la Terre et à l’héritage familial. Là où Clark Kent a grandi sur Terre dès le berceau, Kara entretient un rapport beaucoup plus douloureux à la disparition de sa planète d’origine. C’est précisément ce qui rend le personnage passionnant sur le papier.

Mais le marketing d’un blockbuster ne peut pas compter sur la culture comics du public. Il doit faire passer cette différence en quelques secondes à peine. Et c’est sur ce point que Supergirl semble avoir buté.

Le film devait répondre à une question simple : pourquoi aller voir Supergirl alors que Superman vient déjà de faire son retour ? Si le public garde l’impression d’un dérivé, d’un complément ou d’un sous-Superman, le film démarre avec un handicap considérable.

Il ne s’agit pas ici de juger la valeur du personnage, mais bien sa perception. Et en matière de campagne marketing, cette perception fait souvent toute la différence.

Kara (Milly Alcock) sur l'affiche officiel du film Supergirl.

4. Un marché moins favorable aux films de super-héros

Le mauvais démarrage de Supergirl ne s’explique pas uniquement par le film lui-même. Il survient aussi dans un marché devenu beaucoup moins automatique pour les super-héros.

Dans les années 2010, l’étiquette Marvel ou DC suffisait presque à elle seule à transformer un film en événement. Ce temps semble révolu. Les spectateurs continuent de se déplacer en masse pour certains rendez-vous très identifiés, mais ils se montrent désormais beaucoup plus sélectifs avec les blockbusters intermédiaires.

Le contraste avec le reste du box-office 2026 parle de lui-même. Toy Story 5 domine largement le public familial, tandis que des films d’horreur comme Obsession et Backrooms ont trouvé une dynamique populaire impressionnante. Box Office Mojo les classe d’ailleurs tous deux parmi les plus gros succès mondiaux de l’année, au-dessus des 300 millions de dollars chacun.

Le public ne boude donc pas les salles obscures. Il choisit simplement ses événements avec plus de soin. Les films familiaux très identifiés cartonnent. L’horreur événementielle aussi. Les marques capables de parler immédiatement à une génération ou à une communauté fonctionnent toujours. En revanche, un blockbuster de super-héros coûteux, porté par un personnage moins ancré dans la culture populaire, dispose d’une marge d’erreur beaucoup plus mince.

Le contexte de l’été 2026 n’arrange rien. Entre la concurrence directe en salles, les autres sorties très attendues et l’attention médiatique happée par la Coupe du monde de football, Supergirl avait besoin d’un lancement particulièrement net. Ce lancement n’a pas eu lieu.

Milly Alcock dans le rôle de Kara Zor-El, alias Supergirl.

Ce que ce démarrage dit vraiment de l’avenir du DCU

Ce démarrage ne signifie pas que le nouveau DCU est déjà condamné. Ce serait aller beaucoup trop vite en conclusion. Superman a démontré que DC pouvait encore créer un véritable événement populaire autour de ses figures majeures, et Milly Alcock semble avoir suffisamment marqué les esprits pour que Kara Zor-El conserve un avenir dans cet univers.

Mais Supergirl rappelle une évidence que DC Studios aurait tort d’ignorer : le logo DC ne suffit plus.

Le nouveau DCU ne pourra pas se contenter d’aligner des personnages issus des comics. Chaque film devra justifier sa propre existence auprès d’un public qui n’a pas particulièrement envie de suivre un univers partagé par simple devoir. Les spectateurs réclament une promesse claire, une identité forte et une vraie raison de sortir de chez eux.

C’est peut-être la véritable leçon de ce démarrage. Superman peut encore porter un film événement à lui seul. Batman le pourra probablement aussi. Mais les personnages de second cercle, même passionnants sur le papier, devront être vendus avec une précision bien supérieure.

Pour Supergirl, rien n’est encore définitivement scellé. La sortie française arrive le 1er juillet, le public peut encore se mobiliser en faveur du film, et les chiffres définitifs permettront de mesurer l’ampleur réelle du problème. Mais à ce stade, DC Studios espérait sans doute un signal plus encourageant.

Kara se saoulant dans un bar pour fêter ses 23 ans dans Supergirl.

Pourquoi il faut quand même lire Supergirl: Woman of Tomorrow

Le démarrage compliqué du film ne doit pas faire oublier l’essentiel : Supergirl s’inspire d’un excellent comic book. Supergirl: Woman of Tomorrow, écrit par Tom King et dessiné par Bilquis Evely, reste l’une des histoires modernes les plus marquantes consacrées à Kara Zor-El.

C’est sans doute la meilleure porte d’entrée pour comprendre ce qui distingue réellement Supergirl de Superman. Le récit ne présente jamais Kara comme une simple variation féminine de Clark Kent, mais comme une survivante marquée par Krypton, l’exil, la colère et le poids d’un héritage autrement plus douloureux. Là où Superman incarne souvent l’espoir terrien, Supergirl porte la mémoire vive d’un monde disparu.

Le comic book fonctionne aussi parce qu’il prend le temps de construire une véritable aventure cosmique, violente, mélancolique et par moments franchement étrange. On y croise Ruthye Marye Knoll, Krem des Collines d’Ocre, Krypto, et cette idée d’un voyage à travers l’espace qui tient autant de la quête de vengeance que de la reconstruction personnelle.

Même si le film divise, Woman of Tomorrow mérite donc amplement d’être lu. Le récit est plus ample, plus littéraire, plus singulier — et sans doute l’une des meilleures façons de découvrir Kara Zor-El loin de l’ombre de son célèbre cousin.

Couverture de Supergirl - Woman of Tomorrow, chez Urban Comics.

Découvrir Supergirl: Woman of Tomorrow chez Urban Comics

Ce qu’il faut retenir du démarrage de Supergirl

Supergirl est-il déjà un échec au box-office ?
Il est trop tôt pour parler d’échec définitif, mais son démarrage américain est clairement inférieur aux attentes pour un blockbuster DC de cette envergure.

Combien Supergirl a-t-il rapporté pour l’instant ?
Selon les premières données disponibles samedi soir, le film affiche 18 millions de dollars aux États-Unis et 29,1 millions dans le monde. Ces chiffres demeurent provisoires tant que le week-end n’est pas achevé.

Quel est le budget de Supergirl ?
The Numbers situe le budget de production à 170 millions de dollars, hors frais de marketing.

Les critiques de Supergirl sont-elles mauvaises ?
Elles sont surtout très partagées. Rotten Tomatoes affiche 57 % côté presse et 76 % côté public vérifié. Milly Alcock est régulièrement saluée, mais le film dans son ensemble reçoit un accueil bien plus mitigé.

Pourquoi Supergirl démarre-t-il mal ?
Plusieurs facteurs se cumulent : une promotion qui n’a pas su créer l’événement, des critiques mitigées, une perception encore floue du personnage auprès du grand public, et un marché devenu moins favorable aux films de super-héros de second rang.

Supergirl sort-il en France ?
Oui, Supergirl sort au cinéma en France le mercredi 1er juillet 2026.

Ce démarrage menace-t-il l’avenir du DCU ?
Pas directement, mais il démontre que le nouveau DCU ne pourra pas compter uniquement sur son logo. Après Superman, chaque nouveau film devra convaincre avec une identité bien plus affirmée.

Sources : Box Office Mojo, The Numbers, Rotten Tomatoes, Boxoffice Pro, Variety

 

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