DC Comics et l’industrie des comics perdent l’une de leurs plumes les plus singulières. Len Strazewski, co-créateur de Jesse Quick et architecte majeur de l’Ultraverse de Malibu, nous a quittés à l’âge de 71 ans après avoir lutté contre la maladie. Celui qui se surnommait lui-même le “Batman des scénaristes” laisse derrière lui une œuvre hybride, nourrie à la fois par le super-héroïsme et par une rigueur journalistique rare dans le milieu.
Nos pensées vont à sa famille, ses proches et à tous ceux qu’il a accompagnés au fil de sa carrière d’enseignant et d’auteur.
Sommaire
- L’Ultraverse : L’aventure Prime et Prototype
- L’empreinte chez DC Comics : Jesse Quick et la JSA
- Le “Batman” des écrivains : une double vie exemplaire
- Un mentor et un journaliste respecté
- Ce qu’il faut retenir de la carrière de Len Strazewski
L’Ultraverse : l’aventure Prime et Prototype
Dans les années 90, un vent de fraîcheur soufflait chez Malibu Comics avec le lancement de l’Ultraverse. Len Strazewski en a été l’un des piliers fondateurs. En co-créant Prime, il a imaginé l’un des concepts les plus mémorables de la décennie : Kevin Green, un adolescent capable de sécréter une substance organique pour se transformer en colosse surpuissant. Une métaphore du corps adolescent qui change, brute et efficace.
Avec Prototype, il explorait les dérives de l’armure technologique bien avant que le genre ne devienne un standard industriel. Son travail chez Malibu a prouvé qu’un univers partagé pouvait exister et prospérer en dehors des sentiers battus des deux grands éditeurs.

L’empreinte chez DC Comics : Jesse Quick et la JSA
C’est dans l’univers de Flash que Strazewski a laissé sa trace la plus durable chez DC. Il a donné vie à Jesse Quick, Jesse Chambers de son vrai nom, fille de Johnny Quick et Liberty Belle, héritière à la fois de la célèbre formule de vitesse et de la super-force de sa mère.
En l’intégrant à la Justice Society of America, il modernisait l’héritage de l’Âge d’Or avec une sensibilité contemporaine. Jesse Quick est depuis devenue une alliée incontournable des Speedsters et a brillé sur le petit écran dans la série The Flash. On lui doit également des passages remarqués sur Starman et Action Comics Weekly, où il insufflait à chaque fois cette dimension humaine qui caractérisait son écriture.

Le “Batman” des écrivains : une double vie exemplaire
L’étiquette de “Batman des scénaristes de comics” que Len Strazewski portait fièrement dit tout de la façon dont il concevait son métier. Journaliste spécialisé dans la santé et les assurances le jour, professeur d’université en semaine, il troquait son costume d’académicien pour celui de scénariste une fois la nuit tombée.
Cette double vie ne le diminuait en rien. Au contraire, sa rigueur journalistique et son expertise du récit apportaient à ses scénarios une structure et une cohérence intérieure que beaucoup lui enviaient. Pour lui, écrire des histoires de justiciers n’était pas une fuite de la réalité, mais une extension naturelle de son métier de raconteur.

Un mentor et un journaliste respecté
Au-delà des cases, Len Strazewski était un pilier du Columbia College Chicago. Professeur émérite et ancien doyen par intérim, il a formé des générations de journalistes avec la même exigence qu’il appliquait à ses propres scripts.
Même affaibli ces derniers mois, il n’avait rien perdu de sa franchise, partageant son combat contre la maladie avec la même honnêteté directe que ses analyses de presse. Sa disparition marque la fin d’une époque où l’on pouvait être un universitaire sérieux et l’un des créateurs les plus inventifs de la pop culture, sans que l’un nuise à l’autre.
L’industrie des comics traverse en ce moment une période de deuil particulièrement lourde. Len Strazewski disparaît quelques jours à peine après Gerry Conway, rappelant combien cette génération d’auteurs, celle qui a construit les fondations de ce que nous lisons et regardons aujourd’hui, est en train de nous quitter.
Ce qu’il faut retenir de la carrière de Len Strazewski
Quelles sont les créations majeures de Len Strazewski ?
Ses œuvres les plus marquantes sont réparties entre deux univers :
- Prime et Prototype, co-créés pour Malibu Comics dans le cadre de l’Ultraverse
- Jesse Quick, co-créée pour DC Comics, figure centrale de la JSA et des Titans
- Des passages notables sur Starman et Action Comics Weekly
Pourquoi était-il surnommé le “Batman des scénaristes” ?
Une référence directe à sa double carrière : journaliste et professeur d’université le jour, scénariste de comics la nuit. Une discipline et une organisation qu’il revendiquait comme une philosophie de travail.
Quel rôle a-t-il joué pour Jesse Quick ?
Il est le co-créateur du personnage. Sous sa plume, Jesse Chambers est devenue une figure centrale de la JSA et des Titans, avant son adaptation dans la série télévisée The Flash.
A-t-il écrit pour d’autres éditeurs ?
Oui. Il a également travaillé pour Archie Comics et Now Comics, notamment sur Speed Racer, et a publié des romans graphiques personnels.
Source : Bleeding Cool




