Le quatrième épisode de Lanterns apporte plusieurs réponses importantes sur le Manhunter et fait avancer la relation de plus en plus compliquée entre Hal Jordan et John Stewart. Mais entre deux révélations, la série s’amuse aussi à multiplier les références aux comics Green Lantern, à l’histoire de ses personnages et même à quelques éléments beaucoup plus inattendus de la culture populaire.

Certaines sautent aux yeux lorsqu’on connaît bien l’univers DC. D’autres tiennent à un nombre prononcé presque en passant, à une manière très particulière d’utiliser l’anneau ou à un terme d’architecture que John Stewart n’a certainement pas choisi au hasard. Voici dix références et easter eggs de l’épisode 4 qui méritent qu’on s’y attarde.

Attention : la suite de cet article contient d’importants spoilers sur l’épisode 4 de Lanterns.

Voir aussi :
Lanterns épisode 4 : récap et explications de la fin
Lanterns : qui est Hector Hammond, l’ennemi de Green Lantern dans les comics ?
Lanterns : oui, le Green Lantern « écureuil » dont parle Hal Jordan existe vraiment dans les comics
Lanterns : qui sont les Manhunters dans les comics DC ?

Sommaire

1. Sinestro manipule déjà Hal par la peur

L’épisode s’ouvre sur une longue conversation entre Hal Jordan (Kyle Chandler) et Sinestro (Ulrich Thomsen). L’ancien mentor de Hal exploite immédiatement la crainte que les Gardiens cherchent à remplacer leur Green Lantern vieillissant par John Stewart. Il présente John comme une menace, insiste sur le risque qu’il représente et finit même par suggérer à Hal de le tuer.

La scène fonctionne très bien sans connaître la destinée de Sinestro, mais elle devient beaucoup moins innocente lorsqu’on sait ce que le personnage représente dans les comics.

Sinestro ne reste pas éternellement un Green Lantern déchu. Il finit par fonder son propre Corps et adopte l’énergie jaune du spectre émotionnel, précisément alimentée par la peur. DC décrit d’ailleurs officiellement le Sinestro Corps comme une organisation qui utilise la lumière jaune pour instiller la peur à travers l’univers.

Lanterns n’a pas encore introduit cette transformation et rien ne garantit qu’elle se produira dans la série. Mais voir Sinestro tenter de contrôler Hal en utilisant ses peurs les plus profondes constitue un présage particulièrement bien choisi de ce qu’il deviendra.

Pour aller plus loin :
Lanterns : qui est Sinestro dans les comics ?

Sinestro (Ulrich Thomsen) dans sa cellule, dans la série Lanterns.

2. John Stewart était réellement le remplaçant de Hal dans les comics

Sinestro pousse également Hal à reconnaître une vérité qu’il refuse encore d’admettre : John Stewart (Aaron Pierre) n’a pas été choisi comme simple renfort. Les Gardiens envisagent de le voir prendre sa place.

Hal tente pourtant de minimiser la situation en parlant de John comme d’un simple plan de secours. Cette formulation possède une résonance particulière avec l’histoire du personnage dans les comics.

Lors de ses débuts dans Green Lantern #87 en 1971, John Stewart est justement recruté comme Green Lantern de remplacement. Hal dispose alors déjà d’un suppléant, Guy Gardner, mais celui-ci est temporairement incapable d’assurer cette fonction. Les Gardiens demandent donc à Hal de rencontrer et de former John.

La situation de Lanterns inverse partiellement cette histoire. John ne doit plus remplacer Guy en cas d’indisponibilité : les Gardiens semblent préparer beaucoup plus directement la succession de Hal. Mais l’idée du Green Lantern « alternatif » ou de secours vient bien de ses origines.

La fiche officielle de John Stewart chez DC rappelle encore aujourd’hui qu’il avait initialement été choisi comme Lantern alternatif, chargé de porter l’anneau lorsque Hal Jordan était indisponible.

Hal Jordan entraîne John Stewart pour ses débuts comme Green Lantern dans Green Lantern #87.

3. Le secteur 2814 est bien celui de la Terre

L’épisode confirme également une désignation que les lecteurs de Green Lantern connaissent depuis longtemps : la Terre appartient au secteur spatial 2814.

Les Gardiens divisent l’univers connu en milliers de secteurs attribués aux différents membres du Corps. Dans les comics, 2814 est celui qui comprend notamment la Terre et qui explique pourquoi Hal Jordan, John Stewart, Guy Gardner et plusieurs autres Green Lantern humains sont rattachés à la même région de l’univers.

DC utilise toujours cette nomenclature dans ses séries actuelles et désigne explicitement la Terre comme faisant partie du secteur 2814. Ce numéro n’est donc pas une invention propre à Lanterns. La série continue ici de construire son Green Lantern Corps à partir de la géographie cosmique traditionnelle des comics.

L'ensemble des Green Lantern poings levés dans les comics DC.

4. « The Weenie » vient vraiment de Walt Disney

Le titre même de l’épisode cache probablement sa référence la plus inattendue. Alors qu’il surveille le domaine de William Macon, John explique à Hal que les quatre tours semblent organisées autour d’un élément central destiné à attirer naturellement le regard. Il appelle cette construction un « weenie » et précise que le terme vient de Walt Disney.

Ce n’est pas une invention des scénaristes. Walt Disney utilisait réellement ce mot pour désigner un élément visuel suffisamment important pour attirer les visiteurs vers une direction précise. Le château de la Belle au bois dormant, visible depuis Main Street à Disneyland, constitue l’un des exemples les plus connus. Le principe consiste à donner au regard une destination, puis à organiser l’espace autour de ce point d’attraction.

Le Henry Ford Museum utilise d’ailleurs exactement ce terme pour expliquer la conception de Disneyland. La référence est amusante, mais elle sert également le personnage de John. Dans les comics, celui-ci est architecte. Qu’il connaisse un concept d’aménagement utilisé dans la conception des parcs Disney est donc parfaitement cohérent avec son histoire.

Aaron Pierre dans le rôle de John Stewart et Kyle Chandler dans celui de Hal Jordan dans Lanterns

5. La foreuse de John renvoie directement à son métier d’architecte

Quelques instants plus tard, Lanterns insiste encore davantage sur cet aspect du personnage.

Pour pénétrer discrètement dans le domaine de Macon, John utilise l’anneau de Hal afin de fabriquer une immense foreuse. La construction est beaucoup plus élaborée que les manifestations de puissance auxquelles Hal semble généralement recourir.

Ce contraste correspond directement aux comics. DC précise dans la présentation officielle du personnage que John construit ses créations lumineuses différemment des autres Lanterns. Son passé d’architecte le pousse à les imaginer jusque dans leur fonctionnement interne : elles ne sont pas de simples enveloppes vertes, mais des objets conçus de l’intérieur vers l’extérieur, jusqu’aux écrous et boulons.

L’épisode s’amuse d’ailleurs à opposer cette précision à Hal, auquel John reproche essentiellement de résoudre les problèmes en fabriquant un énorme poing vert.

Ce n’est donc pas seulement une manière différente de montrer les pouvoirs de l’anneau. La forme des constructions raconte quelque chose de celui qui les crée. Hal agit à l’instinct et par force brute ; John réfléchit comme quelqu’un habitué à concevoir des structures.

John Stewart construisant une arme sophistiquée avec son anneau de Green Lantern.

6. La mort de la mère de Hal vient aussi des comics

La discussion entre les deux hommes pendant leur infiltration apporte également une information beaucoup plus personnelle.

John demande à Hal ce qu’est devenue sa mère. Celui-ci répond simplement qu’elle est morte d’un cancer, peu de temps après la disparition de son père.

Cette partie de son histoire existe également dans les comics modernes, notamment dans Green Lantern: Secret Origin, la réécriture de ses débuts publiée en 2008 par Geoff Johns et Ivan Reis.

Après avoir assisté enfant à la mort de son père dans un accident d’avion, Hal développe une relation particulièrement difficile avec sa mère. Celle-ci supporte très mal son obsession pour l’aviation et refuse finalement de le voir tant qu’il appartient à l’Air Force. Lorsqu’elle tombe gravement malade, Hal provoque sa propre exclusion de l’armée dans l’espoir de revenir auprès d’elle. Il arrive trop tard.

Lanterns simplifie pour le moment cette histoire, mais en conserve les deux traumatismes familiaux fondamentaux : la mort brutale du père de Hal puis celle de sa mère alors qu’il est encore jeune. Ils permettent aussi de mieux comprendre pourquoi le Hal vieillissant de la série prétend que les relations personnelles ne font que rendre un Green Lantern vulnérable.

7. Hal et John citent réellement un film de 1996

L’une des références les plus discrètes de l’épisode n’a absolument rien à voir avec DC. Lorsque Hal marche sur une plaque de pression dans le complexe de Macon, John lui demande de ne surtout pas bouger sous peine de « set it off », littéralement déclencher le mécanisme.

Hal répond alors : « Good movie. » John corrige presque immédiatement : « Great movie. »

Ils parlent bien de Set It Off, le film policier de F. Gary Gray sorti en 1996 avec Jada Pinkett Smith, Queen Latifah, Vivica A. Fox et Kimberly Elise. Le long-métrage est sorti en France sous le titre Le Prix à payer.

La référence ne semble pas annoncer quoi que ce soit de particulier pour l’intrigue. Elle sert surtout la relation entre les deux hommes. Après plusieurs épisodes passés à montrer leurs différences, Hal et John découvrent enfin qu’ils peuvent également partager les mêmes références.

C’est précisément le genre de petit échange qui rend leur rapprochement crédible avant que la fin de l’épisode ne vienne de nouveau compliquer les choses.

John Stewart (Aaron Pierre) et Hal Jordan (Kyle Chandler) dans Lanterns.

8. Les « 185 » livres de Hal cachent probablement une référence à John Stewart

C’est probablement l’easter egg le mieux caché de toute la liste. Pour neutraliser la plaque de pression, John demande à Hal combien il pèse. Celui-ci répond approximativement 185 livres. John fabrique alors un poids de 185 livres avec l’anneau afin de remplacer son pied.

Hal avait malheureusement ajouté un prudent « ish ». Le poids n’est pas exact et l’alarme se déclenche.

Le nombre 185 pourrait parfaitement être une coïncidence. Mais il correspond à un numéro très précis dans l’histoire de John Stewart : Green Lantern #185, publié en 1984.

Ce numéro contient l’histoire « In Blackest Day! », qui revient sur les origines de John alors qu’il est en train de s’installer durablement dans le rôle de Green Lantern. Le National Museum of American History du Smithsonian présente lui-même ce numéro comme une histoire racontant les origines de John Stewart, tandis que DC l’a récemment retenu parmi les lectures essentielles consacrées au personnage.

On ne peut évidemment pas affirmer que le dialogue a été écrit uniquement pour cacher ce numéro. Mais dans une série qui multiplie les références précises à l’histoire de Green Lantern, faire prononcer exactement « 185 » juste avant que John utilise l’anneau est suffisamment spécifique pour attirer l’attention.

Couverture du Green Lantern #185.

9. Oui, le Green Lantern « écureuil » existe vraiment

Hal explique à John pourquoi il ne fréquente pratiquement jamais ses collègues du Corps. La raison est simple : la plupart sont des extraterrestres et il n’a pas grand-chose en commun avec eux. Il ajoute alors, avec toute la délicatesse dont il est capable, que l’un d’entre eux est même « un putain d’écureuil ».

La série ne prononce jamais son nom, mais la description renvoie très probablement à Ch’p, le plus célèbre Green Lantern originaire de H’lven, une planète peuplée de petits extraterrestres dont l’apparence rappelle celle des écureuils ou des tamias terrestres. Créé par Paul Kupperberg et Don Newton, Ch’p apparaît pour la première fois dans Green Lantern #148 en 1982 et protège le secteur spatial 1014.

Une petite nuance reste toutefois nécessaire : Ch’p n’est pas le seul H’lvenite à avoir porté l’anneau. B’dg lui succède plus tard dans les comics et possède une apparence très similaire. Tant que Lanterns ne donne pas de nom à ce collègue de Hal, Ch’p reste donc l’identification la plus évidente, mais pas une confirmation officielle.

Nous revenons sur son origine, ses pouvoirs, son histoire avec John Stewart et sa mort particulièrement improbable dans notre dossier consacré au Green Lantern « écureuil » évoqué par Hal Jordan.

Ch'p, le Green Lantern écureuil.

10. Hector Hammond est l’un des plus vieux ennemis de Hal Jordan

L’épisode réserve enfin sa référence la plus importante aux lecteurs de Green Lantern. Après avoir remonté la piste du satellite ayant attaqué Zoe, Hal et John découvrent qu’il appartient à une société liée à un homme nommé Hector Hammond.

Ce nom n’a absolument rien d’anodin. Créé par John Broome et Gil Kane dans Green Lantern #5 en 1961, Hector Hammond est l’un des plus anciens ennemis de Hal Jordan. Il précède même Sinestro de deux numéros dans la série régulière.

Dans les comics, l’exposition à une météorite provoque une évolution accélérée de son cerveau. Hammond développe progressivement une intelligence phénoménale ainsi que des pouvoirs télépathiques et télékinétiques, au prix d’une transformation physique qui donne à son crâne ses proportions gigantesques.

Le personnage était déjà apparu au cinéma dans Green Lantern (2011), où Peter Sarsgaard l’interprétait face à Ryan Reynolds.

Lanterns utilise cependant cette connaissance contre les lecteurs. L’homme rencontré par Hal et John possède un crâne parfaitement normal et finit par reconnaître que son véritable nom est Hector Gutierrez. « Hector Hammond » n’était qu’une identité destinée à protéger le véritable Manhunter.

La référence fonctionne donc comme un easter egg, mais surtout comme une véritable fausse piste narrative : plus on connaît les comics, plus on a de raisons de tomber dans le piège.

Nous revenons beaucoup plus en détail sur les différentes versions du personnage, ses pouvoirs et son histoire dans notre dossier consacré à Hector Hammond dans les comics Green Lantern.

Hector Hammond dans les comics Green Lantern.

Ce qu’il faut retenir (FAQ)

Quels sont les principaux easter eggs de l’épisode 4 de Lanterns ?
L’épisode multiplie les références aux comics Green Lantern, notamment aux origines de John Stewart, au secteur 2814, à Ch’p, à Hector Hammond et au futur lien de Sinestro avec la peur. Il contient également des références à Walt Disney et au film Set It Off.

Pourquoi Hal dit-il que John Stewart est un plan de secours ?
Dans les comics, John a réellement été recruté à l’origine comme Green Lantern alternatif après l’indisponibilité de Guy Gardner. La série reprend cette idée tout en faisant de John un possible remplaçant définitif de Hal.

Que signifie « weenie » dans l’épisode 4 de Lanterns ?
Le terme était réellement utilisé par Walt Disney pour désigner un élément visuel conçu pour attirer les visiteurs vers une destination, comme le château de Disneyland. John Stewart connaît ce principe grâce à sa formation en architecture.

Pourquoi le nombre 185 est-il important dans Lanterns ?
Hal estime son poids à environ 185 livres. Ce nombre pourrait renvoyer à Green Lantern #185, un numéro de 1984 consacré à l’histoire et aux origines de John Stewart. La série ne confirme toutefois pas officiellement cette interprétation.

Qui est le Green Lantern « écureuil » dont parle Hal ?
La description évoque très probablement Ch’p, un Green Lantern originaire de la planète H’lven dont l’apparence rappelle celle d’un petit écureuil. Son nom n’est toutefois jamais prononcé dans l’épisode et un autre H’lvenite, B’dg, a également porté l’anneau dans les comics.

Hector Hammond est-il vraiment dans Lanterns ?
Son nom est utilisé dans l’épisode 4, mais l’homme présenté sous cette identité révèle finalement s’appeler Hector Gutierrez. Le véritable ennemi de Green Lantern n’a donc pas encore été introduit dans le DCU.

Où peut-on voir Lanterns en France ?
La série est disponible sur HBO Max, avec un nouvel épisode chaque semaine.

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