Le film Supergirl devant débarquer dans quelques mois sur les écrans, DC Comics et Urban ne pouvaient se priver de nous proposer Supergirl tome 1 : Mésaventures à Midvale, une nouvelle série mettant en scène la cousine de Superman. Aux commandes, la très talentueuse Sophie Campbell, artiste complète déjà à l’origine de nombreuses séries de franchise comme Jem les Hologrammes ou encore les Tortues Ninja.

On pouvait en espérer beaucoup. Mais c’est une réelle déception.

Sommaire

Retour à la case départ

Kara Zor-El, alias Linda Danvers, alias Supergirl, a envie de repartir à zéro. Fini pour elle les buildings de Metropolis, la voici de retour dans la petite ville de Midvale, où se trouvent ses parents adoptifs. Tout va aller pour le mieux, pense-t-elle. Sauf que voilà, à son arrivée, elle constate que… la place est déjà prise et que quelqu’un d’autre a pris sa place non seulement en tant que Supergirl, mais aussi en tant que Linda auprès de ses parents. Qui est cet imposteur qui semble venu du passé de Kara ? C’est ce qu’elle va essayer de découvrir avec l’aide de Lena Luthor, la fille du méchant emblématique, et des nombreux super-animaux qui l’entourent, notamment Krypto le super-chien, Kandy le super-lapin et Éclair le super-chat.

Page extraite de Supergirl tome 1 par Sophie Campbell, chez Urban Comics.

© DC Comics

Des aventures destinées à un lectorat très jeune

Comme vous aurez pu le constater en lisant l’intrigue, le lecteur n’aura pas droit, avec cette nouvelle série Supergirl, à des thématiques complexes ou une ambiance glauque. Le récit est très simple, très lumineux et sans aucune aspérité. À tel point qu’on se demande si la série n’est pas destinée à un jeune public. Car soyons réalistes, en dépit d’une couverture assez mensongère nous montrant une Kara assez sexualisée, les pages intérieures sont d’une simplicité qui tranche nettement avec les précédentes versions de la femme d’acier. On est bien loin des précédents volumes scénarisés par Sterling Gates ou même de la version de Tom King dans Woman of Tomorrow, à tel point qu’on se demande si la série ne se passe pas sur un autre monde.

Sophie Campbell se débarrasse de tout et nous propose un tout nouvel univers, où Kara semble avoir au maximum 15 ou 16 ans. Tout comme ses amies. Et cela peut être assez déconcertant pour le lecteur. Surtout que Sophie Campbell a souvent prouvé qu’elle pouvait aborder des thèmes très matures ou un peu plus profonds, que ce soit dans son graphic novel Water Baby ou même dans son run concernant Jem et les Hologrammes qui était, à l’époque, l’une des meilleures séries de comics tous éditeurs confondus.

Les aventures sont simples, sans trop de sous-texte et surtout, sans aucun second degré. C’est assez curieux de la part de cette scénariste, qu’on ne reconnaît, de fait, pas vraiment. Mais le gros changement vient aussi des dessins.

Supergirl Mésaventures à Midvale Planche

© DC Comics

Une Sophie Campbell méconnaissable

Si au niveau scénario, Sophie Campbell ne semble pas nous offrir la qualité que l’on pouvait espérer, c’est encore plus voyant au niveau des dessins. Elle signe les planches des quatre premiers épisodes de ce volume (qui en compte six) et en toute honnêteté, elle est méconnaissable. Le dessin est extrêmement simplifié, à tel point qu’on serait absolument incapable de la reconnaître, tellement le style s’est modifié. La dessinatrice, qui savait aller dans la complexité avec beaucoup de traits, d’expressions et surtout des personnages très détaillés, nous livre une prestation basique, sans décors et où tout est exagéré, comme pour mieux faire comprendre à ses lecteurs ce qui se passe. Elle a volontairement gommé ses personnages tout en rondeur et en délicatesse pour nous délivrer des graphismes à mille lieues de ce qu’elle pouvait proposer. Et pourtant, on ne pourra pas lui reprocher de prendre le personnage à la légère. C’est pourtant ce qu’elle semble faire ici.

Les intrigues sont vraiment mollassonnes, constituées de quatre épisodes où Supergirl est confrontée à son usurpatrice (avec qui elle va devenir super-copine à la fin), un épisode sur les super-animaux qui affrontent une menace extraterrestre et un dernier où Kara est confrontée à un monstre dans ses rêves. Pour définir un nouvel univers et un nouveau départ, c’est très décevant. Les dessinatrices qui remplacent Sophie Campbell, Paulina Ganucheau et Rosi Kämpe, sont à peu près du même niveau, avec semble-t-il un peu plus de détails.

Art of Supergirl Midvale

© DC Comics

Le verdict

Qu’on ne s’y méprenne pas, il n’y a aucun mal à proposer un récit qui puisse s’adresser à toutes les générations. Il y a eu de très nombreuses réussites. On pourrait penser à Spider-Man loves Mary-Jane, Sentinels ou Runaways, qui étaient à la base des récits destinés à un lectorat plus jeune. Jill Thompson restant définitivement la reine de ce genre d’histoires. Mais même derrière un vernis « destiné aux plus jeunes », ces histoires pouvaient contenter tout le monde, car la qualité d’écriture et la volonté de complexifier un peu le récit étaient présentes. Et ce n’est malheureusement pas le cas ici.

Cette nouvelle itération de Supergirl ne va pas pouvoir intéresser d’autre public qu’une frange très jeune du lectorat. Et encore, si cette frange n’est pas très exigeante niveau qualité. C’est peut-être un verdict très sévère, mais c’est aussi à la hauteur de la déception engendrée par cette artiste, qui a prouvé maintes et maintes fois qu’elle était capable de mieux.

Points forts

  • Supergirl revient sur le devant de la scène.
  • La présence des super-animaux sur toutes les planches.

Points faibles

  • Un récit pour les plus jeunes, sans grande ambition.
  • Une Sophie Campbell très en dessous des attentes (histoire et dessins).
  • Des intrigues qui ne sont pas passionnantes.
Supergirl par Urban Comics

© DC Comics

Que faut-il retenir de Supergirl tome 1 : Mésaventures à Midvale ?

Qui sont les auteurs de Supergirl tome 1 : Mésaventures à Midvale ?
Il s’agit de Sophie Campbell, reconnue pour son travail sur Water Baby, Glory, Jem and the Holograms ou encore les Ninja Turtles.

Que raconte Supergirl tome 1 : Mésaventures à Midvale ?
C’est un nouveau départ pour Kara Zor-El à Midvale, la ville où elle a grandi, en compagnie de ses amies et de ses super-animaux.

Est-ce un livre conseillé pour tous ?
Oui, mais le livre est clairement destiné aux plus jeunes. Les connaisseurs du personnage risquent d’être déçus par la simplicité du propos.

Où se procurer le comic book ?

Le premier tome de Supergirl tome 1 : Mésaventures à Midvale est scénarisé et mis en images par Sophie Campbell (avec la participation de Paulina Ganucheau et Rosi Kämpe). Il est disponible depuis le 17 avril 2026.

Édité par Urban Comics dans la collection DC PRIME et traduit par Laurent Queyssi, cet album de 144 pages est proposé au prix de 18,00 €. Vous pouvez le retrouver dès maintenant chez votre libraire habituel ou le commander via le lien ci-dessous.

Couverture de Supergirl tome 1 par Sophie Campbell chez Urban Comics.
Découvrir Supergirl tome 1 : Mésaventures à Midvale

 

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