Au milieu de la nuit, un jeune enfant ne dort pas. Il rejoint ses parents dans leur chambre. Le garçon monte sur le lit, et à quatre pattes se rapproche doucement de son père. Il lui enfonce la lame entière d’un couteau de cuisine dans la tête. Dans une mare de sang, alors que sa mère horrifiée hurle à côté, l’enfant se tourne vers elle et, un doigt posé sur ses lèvres, lui demande le silence. Plus loin, deux mystérieux inconnus discutent : « Premier sorcier éliminé ».

The Magic Order

Premier comic book produit par Netflix, The Magic Order a déjà droit à sa VF chez Panini Comics. Écrit par Mark Millar et dessiné par Olivier Coipel, le projet a su attirer toutes les attentions dès son annonce. Comme souvent, Millar choisit un sujet ancré dans la culture populaire qu’il associe à un type de récit. Ici, le scénariste écossais rencontre la magie et les complots secrets. Forcément, le thème étant déjà abondamment présent dans les fictions actuelles, de nombreuses surprises et images fortes viennent chambouler tous ces clichés.

Écrit comme une série TV

La présence du logo Netflix n’est de toute évidence pas decorative. L’écriture de The Magic Order se montre clairement proche de celle dont nous ont habitué les séries télévisées. Chaque partie a droit à une scène d’ouverture forte et originale, à une séquence d’action particulièrement marquante, et se termine le plus souvent par un cliffhanger diablement efficace.

En partant d’une idée simple sur laquelle il applique le plus souvent la même recette, Mark Millar fait le pari de nous surprendre avec une bonne histoire. Un pari plusieurs fois perdu par le passé (Reborn, Chrononauts), mais qu’il a parfois gagné (Jupiter’s Legacy). Avec The Magic Order, Millar a plutôt remporté son pari. Nous regretterons tout de même que la cohérence soit parfois sacrifiée au profit de subites retournements de situation.

La magie du dessin d’Olivier Coipel

The Magic Order

Une autre force de Millar : savoir s’entourer des meilleurs artistes. Après Sean Murphy, Frank Quitely, Stuart Immonen, John Romita Jr, ou encore Greg Capullo, Millar a cette fois eu la bonne idée d’inviter Olivier Coipel. Et la magie opère.

Contrairement à ses travaux précédents, Coipel s’encre cette fois lui-même. Son trait, plus expressif, a évolué et gagné en spontanéité. Il a su donner vie au récit de Millar. Les personnages ont tous un visage détaillé et précis, contrairement à tout ce qui se trouve en arrière-plan, souvent flou et abstrait, mais réaliste lorsque cela est nécessaire, rendant une ambiance toute particulière. Dave Stewart, excellent coloriste entre autres des univers d’Hellboy et Black Hammer, a parfaitement compris l’intention de l’artiste et donne des couleurs à cette ambiance, comme toujours, de manière sobre et intelligente.

Toutefois, Panini a publié une édition (très) limitée en noir et blanc. Une occasion bien trop rare pour se permettre de passer à côté.

The Magic Order

The Magic Order, disponible chez Panini Comics, 176 pages, 19 euros. L’édition limitée en noir et blanc est à 22 euros. Ci-dessous, la bande-annonce de Netflix.

Video Thumbnail

The Magic Order | Bande-annonce – 1er numéro | Netflix

.