Superman est parti et a laissé les clefs à son tout jeune fils. Avec son angle d’attaque assez novateur, à savoir proposer une version 2020 de Superman éveillée socialement, le scénariste Tom Taylor propose de toute évidence une série intrigante. Mais la qualité de ses dialogues et de son intrigue ne compense toutefois pas un manque certain de caractérisation du héros principal et un côté assez lisse de ses aventures. À l’image du dessin, Superman son of Kal-El est un livre agréable à lire mais dont il ne reste que peu de souvenirs une fois le volume refermé.

Superman Son of Kal-El Infinite

(image : © DC Comics)

Être à la hauteur

Alors que son père est parti pour une aventure cosmique dont il n’est pas sûr de revenir, Jon Kent, le fils de Superman doit prendre le relais. Pas facile de reprendre le flambeau d’un personnage qui a toujours symbolisé l’espoir dans son aspect le plus pur. Superman son of Kal-El est donc la nouvelle série régulière centrée autour de Jon, de ses ambitions et de sa manière toute nouvelle d’appréhender les problèmes autrement. Superman son of Kal-El commence par une poursuite entre un jeune superhumain et l’armée. En effet, le 1premier a totalement perdu le contrôle de ses pouvoirs et ne peut s’arrêter d’envoyer des flammes, brûlant tout sur son passage. Et cela peut faire penser aux premières pages de la série X-Factor des années 80. Sauf que ce surhomme n’est pas Rusty Collins et que ce n’est pas Cyclope qui lui vient en aide, mais plutôt Jon Kent, le fils de Clark et Lois devenu tout récemment Superman. D’ailleurs le surhomme en question vient de Gamorra, une île contrôlée par le dictateur Harry Bendix ! L’aide que va apporter Jon à ce jeune garçon qui ne comprend pas comment il a obtenu des pouvoirs va être le point de départ d’une aventure qui va le mener à combattre l’un des tyrans les plus puissants de l’univers DC. Jon sera-t-il vraiment à la hauteur des espoirs que son père et surtout l’humanité mettent en lui ? Pour réussir, il devra faire appel à sa jeunesse et ses idées bien arrêtées sur le rôle que doit jouer un Superman dans ce monde moderne, à savoir être beaucoup plus pro-actif afin de promouvoir la vérité, la justice et surtout un monde meilleur. La transmission du manteau est de fait une constante chez DC Comics depuis les années 80, et ce fait avait un peu été oublié récemment avec le New52. Elle revient donc en force ici.

Superman Son of Kal-El Infinite

(image : © DC Comics)

Sign O the Times

L’idée du scénariste Tom Taylor est d’utiliser le personnage de Jon Kent afin de proposer une version 2020 de ce que pourrait être Superman. Et les différences avec l’orphelin de Krypton sont réellement flagrantes. Les temps ont changé et les mœurs aussi. Ce Superman nouvelle génération ne se prive pas de dire ce qu’il pense. Il agit, même si cela doit choquer les gens, comme lorsqu’il défile au côté de réfugiés face au gouvernement, une chose que jamais son père n’aurait envisagé. Plus actif, plus éveillé, Jon est un enfant de son époque, nourri aux réseaux sociaux. Alors que la guerre entre Kal-El et Lex Luthor s’est toujours faite de manière feutrée, celle entre Jon et Harry Bendix est nettement plus médiatique, et médiatisée ! C’est assez amusant quand on sait qu’Harry Bendix est au départ un personnage crée pour la série Stormwatch qui va devenir rapidement The Authority, une équipe elle aussi bien de son temps et assez pro-active.
Jon perd plus que rapidement son identité secrète et se fait de nouveaux amis, aussi jeunes et aussi idéalistes que lui. Comme La vérité, ce jeune vidéaste qui n’hésite pas à dénoncer les pires atrocités qui ont lieu sur Gamorra. Alors que Kal-El est parti, la bataille entre Jon et Bendix va mener à de graves conséquences pour la famille du premier. Si l’idée est plutôt intéressante, il manque toutefois un peu de corps pour permettre à la série de véritablement décoller.

Superman Son of Kal-El Infinite

(image : © DC Comics)

Un Superman un peu lisse

Tom Taylor est un excellent scénariste, parfait pour décrire les relations intimes entre les personnages. La caractérisation et les interactions entre les héros sont véritablement son point fort. Et pourtant difficile de ne pas trouver ici son Jon Kent reste un peu fadasse, trop lisse. De fait, on a un peu de mal à s’attacher à lui et tout ce qu’il vit nous semble un peu neutre. Tout ce qui se passe autour de Jon manque d’emphase, que ce soit avec ses grands-parents, sa mère ou son intérêt amoureux. Harry Bendix est encore un peu trop caricatural, et même si la comparaison entre Jon/Bendix et Kal/Luhor est tout à fait significative, on a du mal à ressentir véritablement quelque chose. On comprend bien que ce qui intéresse ici Tom Taylor c’est ce côté humain, sauf que c’est nettement plus difficile à faire avec un personnage assez récent qui a tous les pouvoirs plutôt qu’avec un Nightwing qui a soixante ans d’existence et un ancrage dans l’univers DC très fort. Du coup, lorsque le scénariste nous prouve par A + B que de de par son état d’esprit millenial, Jon est de fait meilleur que son père, cela tombe un peu à côté en arrivant trop vite. Il y a en revanche, comme on pouvait s’y attendre, de très bons moments lorsque quelques héros font une pause et discutent entre eux. Mais ce manque d’emphase, de moments forts, de grands traits de caractérisation diminue la portée de l’histoire et du livre.

Une partie graphique classique

Superman son of Kal-El est donc un peu trop lisse. Et cela se ressent aussi dans les dessins. Le dessinateur Jon Timms, plutôt agréable à lire livre des planches très correctes, sans être à couper le souffle. Ses enchaînements narratifs sont travaillés, c’est clair mais là aussi, cela manque un peu de grandeur épique. Il est remplacé lors d’un épisode par Daniele Di Nicuolo qui est très nettement en dessous, avec un style assez caricatural qui n’est pas vraiment maîtrisé. L’annual est quant à lui confié à Clayton Henry et Steve Pugh, assez méconnaissables et qui ne livrent pas leur meilleure prestation. Il n'y a aucune aspérité et si c’est loin d’être désagréable à l’œil, il n’y a rien non plus pour retenir notre attention.

Superman son of Kal-El, Tome 1 : La Vérité, La Justice et un monde meilleur est publié par Urban Comics.

Superman Son of Kal-El Infinite

(Superman son of Kal-El Infinite T1, Urban Comics)

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