Afin de préparer dignement les fêtes qui s’approchent à grand pas, la rédaction de Superpouvoir vous propose son calendrier de l’avent comics. Chaque jour, une petite pépite, un coup de cœur, une œuvre injustement ignorée vous sera dévoilée pour, pourquoi pas, l’ajouter au pied du sapin et surtout, étoffer votre culture comics.

Troisième jour et troisième surprise avec un petit bijou de noirceur, LEX LUTHOR : LA BIOGRAPHIE OFFICIEUSE par James Hudnall et Eduardo Barretto

La naissance d’un monstre

Nous voici dans un luxueux chalet de montagne. Une dame fort peu vêtue amène à un Lex Luthor particulièrement de bonne humeur une étrange cassette vidéo. Il s’agit d’un interrogatoire de police, celui de Clark Kent, qui se voit accusé du meurtre d’un journaliste ! Les preuves semblent accablantes et surtout, ce dernier n’a aucun alibi. En effet, il était en train de sauver le monde sous son identité de super-héros : Superman ! Et l’interrogatoire est plutôt tendu. Les détectives chargés de l’enquête essayent toutes les méthodes possibles pour pousser le suspect à bout, qui semble complètement perdu ! Cette cassette vidéo va servir de point de départ à Lex Luthor pour un retour en arrière. Nous allons découvrir comment ce personnage s’est extirpé d’une situation familiale catastrophique pour devenir l’une des personnes les plus puissantes du monde. Et ça ne sera pas très joli à voir car notre cher Lex ne fait jamais dans la dentelle. Lex Luthor la biographie officieuse nous propose de découvrir un monument de perversion et d’emprise du pouvoir. Une réflexion sur le mal et comment on devient un monstre !

(image : © DC Comics)

Un choc

À la lecture de ce récit, on ne comprend absolument pas pourquoi Lex Luthor, la biographie officieuse, est toujours absent de la liste des chefs d’œuvre des comics ! Car sincèrement, la bande dessinée n’a rien à envier à ses pairs de l’époque. C’est un pur comics noir, qui aborde des thèmes et des situations qui ne sont pas à mettre entre toutes les mains. On parle de violence, de sexualité, de perversion sans aucun filtre, et c’est assez perturbant, surtout si on le remet dans le cadre de l’époque (le comics date de 1989). Luthor est un vicieux, un pervers et ce récit enterre sans aucune difficulté tout autre comics parlant de Lex Luthor, comme le trop surestimé Lex Luthor du trop surestimé duo Brian Azzarello et Lee Bermejo. En une quarantaine de pages, James D. Hudnall et Eduardo Barretto nous montrent tout ce qu’il faut faire pour terrifier le lecteur sans aller trop loin dans le gore ni la provocation. C’est glaçant sans en faire trop, et c’est pour cela que Lex Luthor, la biographie officieuse est un monument. Ce comics réussit à mettre Superman en difficulté sans jamais le montrer. L’histoire est une mécanique implacable et diabolique. Qui est de plus superbement mise en valeur.

(image : © DC Comics)

Des auteurs qui se lâchent

James D. Hudnall, décédé il y a quelques années, n’est certainement pas le plus connu des scénaristes. Vous avez pourtant pu le croiser sur des titres comme Alpha Flight ou encore Strikeforce Morituri. Et même à l’époque, il était plutôt bon, même si pas toujours mis en valeur par ses dessinateurs. Il livre ici l’un de ses meilleurs récits, proposant une véritable lecture adulte du personnage et réalisant un tour de force scénaristique. C’est quand-même assez impressionnant de mettre le personnage le plus puissant de l’univers DC (Superman) face à un mur qu’il ne peut franchir. Si cela a été reproduit maintes et maintes fois depuis, il doit s’agir de l’une des premières histoires proposant ce type d’intrigue. Rendons lui hommage. Aux dessins, c’est un « honnête faiseur » de DC Comics, Eduardo Barretto, qui livre lui aussi sa meilleure prestation. Eduardo Barratto a quasiment tout dessiné chez DC Comics, de la Justice League aux Teen Titans. C’est lui qui a repris le dessin de la série après le départ de George Perez et de José Luis Garcia Lopez et qui est resté de nombreuses années. L’ambiance ici est beaucoup plus sombre, glauque, que ce qu’il a l’habitude de proposer. Il faut dire que son style est souvent dépendant de la personne qui l’encre et ici, il réalise toutes ses planches lui-même, avec un petit nouveau, Adam Kubert, à la colorisation. Eduardo Barretto est tout simplement magistral, que ce soit dans la gestion de ses pages, l’expression de ses personnages et l’ambiance malsaine qui happe le lecteur de la première à la dernière page. Un immanquable ! Pourquoi Urban Comics ne nous l’a jamais proposé ?

Lex Luthor : la biographie officieuse (Lex Luthor, the unauthorized biography) a été publié en VF par Comics USA en octobre 1989. 

(image : © DC Comics)

 

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