En cette fin d’année plus que troublée, il est d’autant plus agréable de s’installer sous un plaid, une tasse de chocolat chaud posée devant soi et de regarder un film de noël. Mais pourquoi pas délaisser les romances enneigées pour un comic book. Car oui, même nos héros préférés se retrouvent parfois sous un mètre de neige alors même qu’ils cherchent à combattre le crime. Et oui, même Spider-Man ou Daredevil ne peuvent rien contre le passage du temps et des saisons.

Cette présence de la neige est d’autant plus vraie que les personnages de l’écurie Marvel sont situés dans notre propre monde. Plus exactement dans la Terre-616 pour les versions classiques les plus connues du grand public. Il n’empêche qu’ils déambulent, pour la plupart, dans les rues de New York. La ville est tous les ans aux prises avec les chutes de neige qui vont même jusqu’à paralyser les transports. La période de fêtes de fin d’année permet aux auteurs d’exploiter des visuels qu’ils ne peuvent reprendre à d’autres moments et de donner une saveur particulière aux aventures de leurs personnages.

La neige et l'encrage dans les comic books

Prenons l’exemple de Daredevil, héros typiquement New York. Le démon de Hell’s Kitchen, comme nous tous, peut se retrouver dans l’effervescence de Noël. C’est ce que nous pouvons par exemple voir dans les numéros 229 ou 241 de respectivement avril 1986 et avril 1987. Tout d’abord, il est intéressant de noter que les numéros ont été publiés à exactement un an d’écart mais surtout que la période de publication ne correspond absolument pas à celle du déroulement des histoires. Cela nous montre que les comics, malgré la volonté d’encrage dans le réel, ont leur propre chronologie décalée par rapport à la nôtre.

Mais pour en revenir à Daredevil, dans les deux représentations citées plus tôt, nous avons une vision de New York enneigée et festive, avec à chaque fois une foule dense effectuant ses achats de Noël, sans se douter de quoi que ce soit. Car même si les dessinateurs (avec les encreurs et coloristes) ont choisi de nous montrer cette légèreté et joie des fêtes de fin d’année, c’est pour les contrebalancer par des événements plus dramatiques. Cela peut se voir notamment dans le numéro 229 (intitulé Pariah en VO) où la première page nous montre Daredevil sans son costume, habillé de vêtements que l’on espère être chauds, dans une ruelle remplie de poubelles et allongé dans ce tas de détritus. La rupture est forte avec la page qui suit et qui plonge le lecteur dans la magie de Noël. Les rues couvertes de neige, l’arbre de Noël et surtout beaucoup d’illuminations. Deux salles, deux ambiances.

Le numéro 241 (Black Christmas) exploite encore plus cette imagerie des fêtes pour mieux la déconstruire par le biais de son adversaire, le Trixter, qui prends la place d’un ange dans un décors. Les deux hommes se livrent ensuite à des acrobaties aériennes très impressionnantes et bien trop dangereuses. Noël est pour tous une fête, le moment de se réunir et de s’offrir des cadeaux. Les comics nous montrent qu’il faut toujours rester sur ses gardes et que le crime lui ne s’arrête jamais.

Visuellement, ces numéros sont toujours très intéressants du fait des multiples jeux de lumière et de couleur auxquels les coloristes et encreurs peuvent se livrer. Le blanc de la neige peut donner des visuels très clairs, lumineux, sur lesquels nos personnages (souvent des tâches de couleurs très voyantes) se déplacent et créent de forts contrastes. La neige permet également d’ajouter de la clarté sur les pages, parfois très sombres, notamment dans une ville comme New York aux nombreuses zones sombres engendrées par la multitude de gratte-ciels. La neige est donc symbole de fête, mais également d’opportunités visuelles souvent des plus agréables et qui colleront parfaitement à une lecture au coin du feu.

Le manteau neigeux en animation

Si vous êtes plus films que comic books, ce serait alors vers Spider-Man : New Generation (décembre 2018) qu’il faudrait se diriger. Cette version en dessin animée de l’Homme Araignée est d’une très grande qualité, tant par son histoire et ses personnages que par ses visuels. Véritable claque cinématographique reprenant énormément de codes du comic books, il se déroule dans la période de fin d’année (correspondant cette fois au moment de sa sortie).

L’animation est d’une très grande qualité et couvre New York d’un léger manteau neigeux exploité à merveille, notamment dans la scène du cimetière ou de la forêt, où elle sert tant de ressort comique qu’à installer une ambiance visuelle particulière. Jamais étouffante, la neige participe comme dans les comic books papiers à instaurer une identité et à augmenter la luminosité de certains plans en extérieur. Le film est une réussite et exploite parfaitement chaque opportunité qui lui est donnée de jouer avec ses éléments visuels. Noël est plus en retrait, mais la magie du film se suffit à elle-même. Idéal à voir sous un plaid, un saladier de pop-corn à portée de main.

La neige, outil visuel

La neige (et par extension Noël) sont des éléments banals mais qui permettent aux dessinateurs, encreurs et coloristes à tenter de nouvelles choses visuellement. Plongeant immédiatement les personnages dans une ambiance particulière, ils parviennent à entraîner le lecteur dans leur monde. Et lorsque ces idées sont portées avec succès au cinéma, elles sont décuplées et portent encore plus loin les possibilités visuelles.

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