À la Comic Con de Paris, l’an dernier, Urban Comics a annoncé la création de DC Confidential, une nouvelle collection visant à publier les récits les plus marquants de l’histoire de la maison d’édition DC Comics. Première production du nouveau label, Batman/Huntress: Cry for Blood est sorti au mois de janvier. Puis au mois de mars, c’est Green Lantern qui a été mis en exergue dans l’arc narratif Emerald Twilight.

Après l’Âge d’Or et Alan Scott, premier Green Lantern de l’histoire, Hal Jordan, le premier justicier de l’espace à rejoindre le Corps des Green Lantern, est créé en 1959, soit pendant l’Âge d’Argent. Il est ensuite rejoint à l’Âge de Bronze par Guy Gardner et John Stewart (respectivement en 1968 et 1972). Quatre personnalités bien différentes, et pourtant, c’est bien le nom de Hal Jordan qui sort le premier lorsque l’on parle de Green Lantern.

Et pour cause : c’est bien le personnage qui a marqué le plus l’univers du Corps des GL. Ainsi, dans le premier arc narratif présenté dans Green Lantern: Emerald Twilight, vous découvrirez un Hal Jordan faillible, qui, derrière toute sa force de volonté, cache des émotions très puissantes. Ron Frenz (au scénario) et un collectif d’artistes composé de Bill Willingham, Fred Haynes et Darryl Banks en profitent pour explorer la culpabilité du héros, après la destruction de Coast City et le massacre de ses habitants des mains de Mongul dans trois épisodes intitulés respectivement « Le passé », « Le présent » et « L’avenir ». Hal se laisse alors corrompre par sa tristesse et sa colère – dirigée vers les Gardiens de l’univers, qui refusent de le laisser entrer dans la batterie centrale pour en siphonner toute l’énergie –, et tombe dans une folie furieuse. Et c’est notamment par cette trahison de l’essence même de ce qui fait un héros que Ron Frenz écrit un récit qui marquera des générations de lecteurs, à tel point qu’il mérite sa place au sein de cette collection.

Ganthet, seul rescapé des Gardiens de l’Univers, se rend sur Terre et confie l’anneau de pouvoir d’Hal Jordan à une nouvelle recrue : le jeune Kyle Rayner. Démarre ainsi une deuxième partie du livre (où Steve Carr, Daryl Banks, Jamal Igle, Derec Aucoin et Craig Hamilton se prêtent leurs crayons) suivant les premiers pas du cinquième Green Lantern, qui vient tout juste d’obtenir ses pouvoirs. Au-delà de cette étape initiatique, on y trouve une page qui marquera particulièrement l’histoire de la bande dessinée américaine et inspirera son nom au « mouvement » féministe des « femmes dans le frigo » (« women in refrigerators » en anglais). Car, en effet, la mort d’Alex, la petite copine de Kyle, est l’exemple par excellence de ces personnages féminins blessés, tués ou parfois privés de leur pouvoirs pour les besoins de l’histoire – et donc, ici, pour explorer la psyché de Kyle Rayner et lui insuffler les mêmes sentiments de culpabilité que Hal Jordan.

Le dernier tiers de l’ouvrage se compose de deux récits. Le premier, Secondes chances, permet la rencontre des deux principaux acteurs des arcs précédents. Se déroulant après les événements de Zero Hour (publié en VF en 2004 chez les éditions Semic sous le titre de Heure Zéro : Crise Temporelle), Hal Jordan a alors fusionné avec Parallax et c’est à Kyle qu’il revient de le ramener à la raison.

Puis, on avance de quelques mois dans le planning de publications de DC Comics pour lire « Un commencement », dans Green Lantern #78, où Kyle, dans une histoire plus légère, prouve à ses lecteurs qu’il s’est fait à la routine du super-héros.

Le livre se divise donc en trois grands chapitres étalés sur dix numéros et couvre ainsi toute une période de l’année 1994. Vous l’aurez compris, c’est un must-have pour tous les fans de l’anneau vert et quiconque souhaite approfondir ses connaissances de l’univers DC Comics. On profite, dans ce volume, des talents de traducteur d’Edmond Tourriol (traducteur historique du personnage chez l’éditeur) et de lettreur de Cromatik Ltée. Le tout est donc sorti le 13 mars dernier chez Urban Comics au prix de 22,50 €, et je l’espère, fera de nombreux heureux.

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