Ed Brubaker en parlait parfois dans sa newsletter comme un projet secret sur lequel il travaille depuis l’été dernier avec un de ses dessinateurs favoris. De fait, le secret de Friday a bien été gardé puisque ce webcomic a débaroulé hier sans tambours ni trompette.

Et c’est donc avec Marcos Martín (et son coloriste habituel, Muntsa Vicente) que Brubaker, scénariste de , travaillait en catimini. Les deux artistes viennent de mettre à disposition le premier chapitre sur Panel Syndicate, la plate-forme numérique où se trouve déjà la précédente série de Martín, Barrier (avec Brian K. Vaughan). Comme d’habitude avec cette plate-forme,  le prix de l’épisode est laissé à la discrétion du lecteur,  qui peut donner le montant qu’il veut, voire même rien du tout. A terme, les différents chapitres seront ensuite collectés dans un bouquin chez Image Comics.

Friday raconte l’histoire de Friday Fitzhugh, une jeune femme qui a passé sa jeunesse à mener des enquêtes aux côtés de son meilleur ami, Lancelot Jones, le garçon le plus intelligent du monde. Friday étant en quelque sorte la Watson de Lancelot. Aujourd’hui,  Friday est une jeune adulte, parti pour l’université. Lorsqu’elle revient dans sa ville natale de Kings Hill, en Nouvelle Angleterre, Lancelot et un nouveau mystère vont bien évidemment vite réapparaître, au grand déplaisir de Friday.

Brubaker décrit Friday comme un livre post-Young Adult. Il s’est inspiré de classiques de la littérature jeunesse américaine comme  Harriet The Spy (Harriet l’espionne, Gallimard/Folio Junior, 1997) de Louise Fitzhugh (qui, clin d’œil, donne son nom au personnage principal) ou encore Encyclopedia Brown (la série des Bobby-la-Science dans la Bibliothèque Rose) par Donald Sobol. L’idée est de prendre un jeune détective, de le faire grandir et de le confronter au monde adulte, voire à un monde plus terrifiant encore, si l’on en croit Brubaker.

« Je crois que l’une des premières choses que j’ai dites à Marcos est que le bouquin doit être la rencontre entre la Nouvelle-Angleterre de Lovecraft et celle d’Edward Gorey« , se souvient le scénariste. Une description qui a séduit Martín : « Je cherchais à expérimenter un peu, sortir de ma zone de confort, jouer avec les hachures, qui est une technique que je n’avais jamais vraiment travaillé jusque-là. Alors quand Ed m’a présenté l’idée de Friday, avec ce mélange de Lovecraft et Gorey dans une Nouvelle-Angleterre des années 60-70, j’ai été frappé de voir à quel point ça correspondait à ce que je voulais développer. Ça m’a amené à me plonger dans le travail d’artistes et de dessinateurs que j’ai toujours aimé,  mais que je n’avais jamais pu incorporer dans mon style. Des artistes comme Gorey [un illustrateur américain classé parmi les gothiques, qui aurait notamment influencé Tim Burton] donc, qui est non seulement l’influence majeure pour l’apparence des personnages, mais aussi pour toute l’atmosphère visuelle du livre. Et il y a aussi Tove Jansson, Crepax, Matsumoto ou encore Harry Clarke, parmi d’autres, qui m’ont aidé à trouver le bon équilibre entre des aplats noir et blanc francs et un travail plus serré du trait. »

On le voit, beaucoup d’ambitions pour ce nouveau titre auquel vous pouvez apporter votre soutien dès maintenant en le suivant sur Panel Syndicate.

 

 

Un exemple d’encrage plus hachuré qu’on ne voyait pas puisqu’ici cher Marcos Martín et qui a séduit le dessinateur.

 

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