Supergirl déçoit une partie du public, et forcément, le vieux débat est revenu à la vitesse de l’éclair : les films de super-héros seraient-ils en train de mourir ? Vous l’avez forcément lu dans un commentaire sur les réseaux sociaux ou ailleurs. Le public est plus difficile, les budgets sont délirants, Marvel n’a plus l’aura automatique de l’époque Endgame, DC reconstruit encore son image, et chaque contre-performance donne l’impression qu’un pan entier du genre s’effondre.
Mais il y a une autre façon de regarder la situation. Une façon peut-être plus simple, plus honnête aussi : si l’on a aimé les films de super-héros à un moment de sa vie, comment ne pas être au minimum curieux de ce qui arrive maintenant ?
Parce que ce ne sont pas de petits projets qui se présentent. On parle d’un nouveau film Spider-Man, d’un nouveau film Batman, d’un nouveau film Superman, d’un film d’horreur situé à Gotham, d’une série Green Lantern produite par HBO, de la conclusion de Spider-Verse, et surtout de deux énormes films Avengers qui pourraient être vendus comme les plus gros rendez-vous Marvel depuis Infinity War et Endgame.
À un moment, il faut peut-être ouvrir les yeux. Les films de super-héros traversent une crise, oui. Mais les studios répondent à cette crise en mettant leurs meilleurs atouts sur la table. Marvel et DC font tapis, en espérant récupérer leur mise. Quant à nous, on ferait peut-être mieux de profiter du spectacle en dégustant notre pop-corn : les films qui arrivent sont sans doute parmi les plus gros rendez-vous super-héroïques jamais portés à l’écran. Que ce soit la fin d’un cycle ou le début d’un nouveau, on a tout intérêt à ne pas bouder le moment.
Sommaire
- Supergirl ne mérite pas qu’on enterre déjà tout le genre
- Spider-Man, Batman, Superman, Avengers : les studios sortent leurs plus grosses cartes
- Chez DC, la crise pousse surtout à tenter autre chose
- Spider-Verse, Dynamic Duo : l’animation prépare aussi son grand coup
- Et si la vraie fatigue venait surtout du cynisme ?
- Si c’est la fin, autant ne pas rater le feu d’artifice
- FAQ : les films de super-héros sont-ils vraiment finis ?
Supergirl ne mérite pas qu’on enterre déjà tout le genre
Il faut déjà éviter d’enterrer Supergirl trop vite. Le film démarre à peine chez nous, son accueil public semble plus favorable que certains titres alarmistes le laissent entendre, et son parcours en salles ne se résume pas encore à des calculs de pertes potentielles.
Mais au fond, ce n’est même pas le sujet. Que Supergirl plaise ou déçoive, qu’il marche ou non, il ne peut pas servir à lui seul de certificat de décès pour tout le cinéma de super-héros.
On connaît le refrain : dès qu’un film Marvel ou DC trébuche, le genre serait fini. Sauf que cette fois, le contraste est énorme. Derrière Supergirl, ce sont Spider-Man, Batman, Superman, deux Avengers, Spider-Verse, Clayface, Lanterns et Dynamic Duo qui arrivent.
Alors oui, chacun jugera Supergirl comme il l’entend. Mais n’attendons pas que tous ces films soient derrière nous pour devenir nostalgiques. Ce qui nous attend, les amateurs d’adaptation de comic books à l’écran n’auraient jamais osé le rêver.

Spider-Man, Batman, Superman, Avengers : les studios sortent leurs plus grosses cartes
Deux minutes pour lister ce qui arrive vraiment. Rendez-vous compte.
Spider-Man: Brand New Day place Tom Holland dans une situation enfin inédite : Peter Parker vit dans un monde qui l’a oublié. C’est le point de départ que beaucoup attendaient depuis son arrivée dans le MCU. Moins de mentorat, moins de confort, plus de solitude, plus de rue, plus de responsabilités. Si le film tient cette promesse, ce ne sera pas “un Spider-Man de plus”. Ce sera une vraie relance du personnage au cinéma.
Avengers: Doomsday, lui, dépasse largement le simple cadre d’une suite Marvel. Robert Downey Jr. de retour en Doctor Doom, les frères Russo à la réalisation, les X-Men annoncés, Thor, Steve Rogers, les Fantastic Four, les survivants du MCU moderne réunis dans un même film : tout est calibré pour créer un choc collectif. On peut rester prudent, sceptique, même inquiet. Mais dire qu’on n’est pas curieux serait mentir.
Viendra ensuite Avengers: Secret Wars, et le titre suffit presque à comprendre l’ambition. Marvel ne prépare pas un film de transition. Le studio construit la conclusion de sa grande saga multiverselle, avec un potentiel de crossover si énorme qu’il pourrait, au moins dans l’intention, dépasser ce que représentaient Infinity War et Endgame.

Côté DC, Man of Tomorrow doit poursuivre l’histoire du Superman de David Corenswet. Après le retour réussi de Clark Kent au centre du jeu, revoir Superman face à Lex Luthor, avec l’ombre d’un affrontement plus grand encore, suffit à maintenir l’attention. Et sont évoqués l’apparition de plusieurs personnages majeurs de l’univers DC.
Reste The Batman Part II. Même en dehors du DCU principal, même dans la branche Elseworlds, Batman reste l’un des derniers personnages capables de créer un événement mondial à lui seul. Si Matt Reeves retrouve la densité, la noirceur et la puissance visuelle du premier film, personne ne passera le week-end de sortie à expliquer que le genre est mort. On parlera de Gotham, de Robert Pattinson, et de la façon dont Batman continue d’échapper à toutes les modes.
Une telle concentration de titres, avant, ç’aurait été la promesse d’une décennie entière. Là, tout arrive presque en bloc. Spider-Man, Batman, Superman, deux Avengers. Difficile de faire plus gros.

Chez DC, la crise pousse surtout à tenter autre chose
L’autre reproche fait aux films de super-héros, c’est qu’ils se ressemblent tous. Et il y a du vrai là-dedans. Pendant des années, beaucoup de projets ont suivi la même architecture : introduction, blagues, menace numérique, portail dans le ciel ou équivalent, caméo, scène post-générique.
C’est là que le nouveau DC de James Gunn devient intéressant. Qu’on aime ou non sa direction, qu’on soit convaincu ou non par Supergirl, une chose est sûre : DC ne vend pas le même film tous les six mois.
Supergirl avait une promesse plus science-fiction, plus cosmique, plus rude dans son rapport au traumatisme et à la survie. Le résultat peut diviser, mais l’intention n’était pas de refaire Superman avec une héroïne blonde.
Clayface va encore plus loin. Warner le présente comme un film d’horreur et d’aventure, centré sur l’un des monstres les plus malléables de l’univers de Batman. Et c’est malin : le film n’a probablement pas besoin de Batman pour exister. Son absence pourrait même être sa meilleure idée.
Un Clayface trop dépendant de Batman aurait pu devenir un spin-off frustrant. Un vrai film d’horreur corporelle, lui, tient sur sa propre promesse : un corps qui se déforme, une identité qui se dissout, un monstre né dans les marges de Gotham. Pas “encore un film DC”. Un film de genre, avec un ADN DC.
Et puis il y a Lanterns. Qui aurait parié, il y a dix ans, sur une série Green Lantern produite par HBO et pensée comme une enquête terrestre autour de Hal Jordan et John Stewart ? Pas une démonstration cosmique saturée d’effets verts, mais un polar étrange et ancré, avec deux policiers intergalactiques face à un mystère sur Terre.
C’est exactement ce que beaucoup réclamaient : utiliser les personnages de comics pour explorer d’autres genres. Du polar, de l’horreur, de la science-fiction, du drame familial, du film noir. Si les super-héros doivent survivre, ce sera sans doute par là.

Spider-Verse, Dynamic Duo : l’animation prépare aussi son grand coup
Le débat se concentre souvent sur le live action, mais ce serait une erreur de laisser l’animation de côté. C’est peut-être même là que se construisent les propositions les plus audacieuses.
Spider-Man: Beyond the Spider-Verse doit conclure une trilogie qui a déjà marqué le cinéma d’animation super-héroïque. Into the Spider-Verse n’a pas seulement été un excellent film Spider-Man. Il a prouvé qu’un film de super-héros pouvait inventer sa propre grammaire visuelle, bousculer les codes du blockbuster, parler d’identité, de transmission et de destin sans ressembler à la machine Marvel classique.
Sa conclusion est donc un énorme rendez-vous. Pas seulement pour les fans de Miles Morales, mais pour tous ceux qui espèrent encore que le genre peut surprendre formellement.
Chez DC, il y a Dynamic Duo. Là encore, difficile de dire que les studios ne prennent aucun risque. Un film centré sur Dick Grayson et Jason Todd, produit avec Swaybox, mêlant animation, marionnettes et CGI : ce n’est pas le choix le plus paresseux du monde.
On peut attendre de voir. On peut craindre que le résultat ne soit pas à la hauteur. Mais sur le papier, c’est exactement le genre de projet que les fans réclament depuis des années : un film DC qui ne recycle pas une formule, qui tente une voie visuelle différente, qui donne enfin une vraie place à Robin, qui ose raconter une histoire de sidekicks sans laisser Batman occuper tout l’espace.
Si même ça ne compte plus comme une prise de risque, alors le problème n’est peut-être plus seulement du côté des studios. Il est aussi dans notre façon de recevoir les annonces.

Et si la vraie fatigue venait surtout du cynisme ?
La fatigue des super-héros existe. Ce serait idiot de le nier. Trop de projets, trop de films moyens vendus comme des événements, trop de promesses repoussées : Marvel et DC ont parfois confondu fidélité et endurance.
On a le droit de ne pas avoir aimé Supergirl, d’être refroidi par les derniers Marvel. Mais prétendre qu’il n’y a rien d’excitant dans ce qui arrive, ça demande un sacré effort de mauvaise foi : Spider-Man, Batman, Superman, deux Avengers, Clayface, Lanterns, Dynamic Duo. On est loin des fonds de tiroir. C’est un genre qui joue sa survie avec ses plus grosses cartes.
Les studios ne peuvent plus tricher, et les spectateurs ne se déplaceront plus pour faire plaisir à une marque. Le logo ne suffira plus. Une scène post-générique non plus.
Si c’est la fin, autant ne pas rater le feu d’artifice
Au fond, tout dépend de la façon dont on choisit de regarder le verre. On peut voir Supergirl comme un nouveau signe d’effondrement, se dire que le public n’en peut plus et que le grand âge d’or est derrière nous.
Ou on peut regarder l’autre moitié du verre, celle où Hollywood, paniqué par la perte de vitesse du genre, met enfin tous ses plus gros titres sur la table au même moment.
Il y aura forcément des échecs, des débats interminables, des box-offices scrutés comme des électrocardiogrammes qui serviront d’arguments aux uns et aux autres pour annoncer le final crisis de l’ère d’apocalypse des films de comics. Mais souvenez-vous que des films aussi énormes, avant, c’était une fois tous les dix ans. Là, tout arrive presque d’un coup, et les studios n’ont plus rien à garder en réserve. Le pop-corn, lui, est déjà chaud.
Et s’ils échouent ? Ce sera peut-être vraiment le début de la fin. Mais si c’est le cas, ce serait quand même dommage de manquer le bouquet final.

FAQ : les films de super-héros ont-ils encore un avenir ?
Les films de super-héros sont-ils vraiment en train de mourir ?
Pas forcément. Le genre traverse une crise de confiance, mais les studios préparent encore certains des plus gros titres possibles : Spider-Man, Batman, Superman et deux nouveaux Avengers. Ce n’est pas le signe d’un abandon, plutôt celui d’un dernier très gros pari.
Pourquoi Supergirl relance-t-il le débat sur la fatigue des super-héros ?
Parce que le film devait confirmer la solidité du nouveau DCU après Superman. Si son score est décevant, il donne l’impression que même DC Studios, malgré son nouveau départ, n’est pas à l’abri du désintérêt du public.
Pourquoi Spider-Man: Brand New Day est-il aussi attendu ?
Parce qu’il repart d’une situation très forte : Peter Parker vit désormais dans un monde qui ne se souvient plus de lui. Cela peut permettre un film plus urbain, plus solitaire et plus centré sur le personnage que les précédents épisodes MCU.
Avengers: Doomsday et Avengers: Secret Wars peuvent-ils être plus gros qu’Infinity War et Endgame ?
En termes d’attente et d’ambition, Marvel semble clairement vouloir recréer un événement comparable, voire plus massif encore, avec Doctor Doom, les Avengers, les Fantastic Four et les X-Men. Reste à voir si les films réussiront à retrouver la même puissance émotionnelle.
DC prend-il vraiment des risques avec ses prochains projets ?
Oui, au moins sur le papier. Clayface est présenté comme un film d’horreur, Lanterns comme une enquête HBO, et Dynamic Duo comme un film animé mêlant plusieurs techniques visuelles autour de Dick Grayson et Jason Todd. Ce ne sont pas des propositions totalement standardisées.
Quel est le film de super-héros le plus important des prochaines années ?
Difficile de n’en choisir qu’un. Avengers: Doomsday sera probablement le plus scruté côté Marvel, tandis que Man of Tomorrow sera crucial pour confirmer le nouveau DCU. Mais The Batman Part II et Spider-Man: Brand New Day restent aussi des rendez-vous majeurs.
Sources : Sony Pictures, Marvel, Marvel, Warner Bros., DC, Sony Pictures Animation, Entertainment Weekly




