Originaire de Saint Lo, dans la Manche, Steve McMarty s'est lancé un défi ambitieux: faire vivre un nouvel univers de super-héros, créé par ses soins. Avec son associé Sébastien Lamoureux, il a fondé SMSL Entertainment et vient de proposer le premier tome de sa grande saga, Blackmatter, au financement sur la plate-forme Ulule. Rencontre avec un créateur qui fourmille de projets.

Sébastien Lamoureux et Steve McMarty présentent leurs créations (Sébastien Breteau/Ouest France)

Qui sont les Spécimens et que raconte le tome 1 de Blackmatter que tu proposes sur Ulule ?

L’Equilibrium a été brisé il y a de ça quelques millénaires, cristallisé en quinze fragments dispersés à travers les mondes physiques et non-physiques. L’Aigle Noir, qui lorsqu’il était plus jeune, s’est empalé sur un fragment logé entre ses omoplates, entreprend, des années plus tard, la lourde mission que de réunir ces fragments pour constituer une équipe dévouée à l’équilibre. Sa mission a été de reconstituer l’Equilibrium, incarné par des êtres hors du commun. Il forme les Specimens, une équipe composée de treize super-héros dont il est le leader.

Le tome 1, est la rencontre du dernier Specimen, le Blackmatter. Cela se passe dans un Paris du futur où l’on y découvre, en même temps qu’un jeune détective, l’univers des Specimens. A cette époque, la lance magique d’une super-héroïne terrienne est plantée dans le sol de la capitale. Personne n’est parvenu à la déloger de son emplacement. Un petit groupe de super-vilains, mené par Azadith, tente de s’en emparer pour la seconde fois. Les Specimens, sentant la rupture imminente de l’équilibre, décident d’intervenir au complet. Le Blackmatter se révèlera être un élément indispensable dans le jeu qui est en train de se jouer.

En plus de Blackmatter,  tu proposes un autre album, L'imagerie des Specimens. En quoi consiste-t-il ?

Je planifiais de sortir en premier le tome 1, composé de 72 pages sur le Blackmatter, pour ensuite développer deux autres tomes autour de lui, dans l’objectif à terme de trois tomes par personnages (13 Specimens au total soit 39 albums comics).

Après avoir permis à un groupe de lecteurs d’évaluer ce premier tome, ce qui est remonté, c’est que j’avais des personnages de très bonnes qualités, charismatiques et intrigants, tellement, qu’avec le faible nombre de pages que j’étais en mesure de réaliser, ces lecteurs ont ressenti un besoin auquel j’ai pu répondre avec ce nouvel album. Ils voulaient en savoir plus sur la backstory, sur l’histoire de chacun d’entre eux. C’est ainsi que j’ai réalisé L’Imagerie des Specimens, un livre comprenant deux pages par super-héros dans lesquelles je décris leurs origines, leurs capacités et pouvoirs, leurs poids, tailles et le type de fragments dont ils disposent. C’est véritablement une mine d’informations qui donne une idée de l’étendue de mon univers. Il y a même une frise chronologique, illustrant leurs répartitions dans l’univers et leurs dates de naissances.

L'inspiration de Blackmatter vient clairement des super-héros. Comment es-tu entré en contact avec les comics ?

Ce qui peut paraitre paradoxal, c’est que je ne suis pas un grand lecteur de comics, ni un grand lecteur tout court. Je passe tellement de temps à développer cet univers depuis 15 ans maintenant, qu’il est vrai que je ne prends pas le temps de lire. Les seuls vrais moments où je lis, c’est généralement pour répondre à un besoin immédiat d’apprendre quelque chose que je ne sais pas faire. Aussi, je touche à plein -trop- de choses différentes que j’ai la sensation parfois de ne pas avoir assez d’une vie pour pouvoir tout faire - on y reviendra. Il y a tout de même une inspiration du monde des super-héros et j’ai toujours en mémoire une série dans laquelle j’ai baigné et qui, à un moment de ma vie, m’a sauvé. Vous avez, je pense, tous connu Smallville. Avant ça il y a eu Loïs et Clark : Les Nouvelles Aventures de Superman, mais aussi Batman, la série animée de 92. Suite à ça, j’ai voulu créer mes propres super-héros, qui ne m’ont plus jamais quitté.

Pour illustrer Blackmatter, tu fais appel à des artistes venus de loin comme le dessinateur brésilien Diego Albuquerque ou l'encreur phillipin Brian Balondo . Comment sont-ils arrivés sur le projet et comment se passe le travail avec eux ?

Pendant très longtemps, j’ai dessiné moi-même et cela m’a permis de créer l’ensemble du character design de mes personnages et je montrais la progression sur Facebook. Puis est arrivé Sébastien Lamoureux, mon associé, avec qui nous créerons, bien plus tard, SMSL Entertainment. Il voyait que je faisais tout par moi-même et qu’en même temps, une certaine frustration de ne pas parvenir à faire découvrir mon univers était présente. Ayant pour projet de réaliser une bande dessinée, il m’a « poussé » à faire appel à des professionnels. De là, tout s’est enchainé. Une annonce à été passée sur ma page, dans un premier temps un artiste s’est présenté, que nous avons payé et qui n’a jamais finalisé ses planches. Nous avons relancé les annonces et Diego, qui avait découvert mes dessins auparavant, s’est proposé comme dessinateur et encreur. Nous avons décidé de le commissionné uniquement pour le dessin et nous avons fait appel à Brian Balondo pour l’encrage et Bryan Arfel Magnaye pour la couleur. C’était hyper fluide, malgré les différences des langues, brésilien, philippin et français, nous communiquions énormément par croquis annotés en anglais, rendant nos échanges extrêmement clairs. Une expérience unique et enrichissante. L’art est un langage universel. D’autres illustrateurs sont venus enrichir la qualité de notre comics, notamment Alex Malveda, qui est également illustrateur pour DC Comics et a réalisé la première couverture, et notre ami français Yann Shiryan Dumas qui lui a illustré la 4ème de couverture. Mais aussi l’excellent studio Makma qui s’est chargé de réaliser l’ensemble du bullage, le lettrage et la traduction de ce tome.

Tu  passe par le système de financement participatif ? Quels en sont les avantages et inconvénients pour toi ?

C’est la deuxième fois que Blackmatter se retrouve sur une plateforme de financement participative, Ulule. La première fois, en décembre 2018, mon comics de 72 pages n’était pas fini et je demandais de l’aide pour pouvoir financer le reste car j’avais vendu ma voiture à l’époque pour faire les 23 premières pages. Cette campagne n’a pas été au bout de l’objectif fixé et comme cela fonctionne sur le principe du tout ou rien, je n’ai donc pas perçu les 3000€ récoltés l’objectif étant de 10 000€. L’avantage de ce type de fonctionnement, c’est que cela rassure les contributeurs et limites les risques de promesses non-tenues par le porteur de projet. Cette campagne a été un véritable apprentissage. L’inconvénient majeur, qui n’est sûrement pas réservé à ce genre de plateforme, c’est le réseau. Vous pouvez avoir le meilleur projet du monde, avoir déboursé des sommes folles pour le réaliser, si vous n’êtes pas entouré, si vous ne disposez pas d’un réseau constitué (même faible) qui porte votre message, qui fait écho (le bouche à oreille), la campagne à peu de chance d’être vue. Ce ne sont pas des plateformes miracles. Fort de ce constat, je me suis associé avec Seb et nous avons fondé SMSL Entertainment. Pendant un an et demi, nous avons travaillé à finaliser les 72 pages sur fonds personnels. Et nous voila pour une nouvelle campagne sur la même plateforme, avec cette fois deux produits finis, et un petit réseau constitué à la hauteur de notre objectif. Nous sommes fiers de voir que nous avons vu juste et su répondre aux attentes de nos lecteurs car, à cette heure, l’objectif est à 113% et il reste plus de dix jours de campagne pour viser les 150%.

Quels sont les prochaines étapes pour les Specimens ? Comment vois-tu l'avenir de SMSL Entertainment ?

Notre priorité prochaine sera de livrer l’ensemble de nos contributeurs de sorte qu’ils puissent profiter pleinement de l’expérience que nous proposons, et nous l’espérons atteindre les 150% pour pouvoir offrir à tous nos contributeurs, une carte d’identité interactive qui fera partie intégrante de nos futures conceptions. Comme je l’ai évoqué plus haut, notre objectif est de poursuivre avec le tome 2 et 3. En parallèle, nous souhaitons publier d’autre comics sur les autres personnages, mais aussi des dessins animés que nous chiffrons actuellement. Nous avons reçu des propositions pour diffuser dans des librairies comics ainsi qu’à la FNAC. Et nous vous révélons, en exclusivité, une collaboration avec Parallel Life Studio / Replica Industries, une référence dans la conception de costumes professionnels. Ils ont dernièrement conçu le costume du film de Philippe Lacheau, Super-héros malgré lui. Et avec eux,  nous allons réaliser le costume de notre emblématique Aigle Noir, le leader des Specimens.

En ce qui concerne l’avenir de SMSL Entertainment, je le vois grand, à la hauteur de l’ambition qui m’anime depuis quinze années déjà. Une entreprise avec de grands locaux où se réunissent les jeunes talents de demain, un lieu formateur, de partage et où les rêves prennent vies. Un endroit où l’on échange, écrit, dessine, anime, imprime. Vision partagée par mon associé et soutenue par mes proches et lecteurs je pense. Continuer de se battre pour aller au bout des choses, comme je l’ai fait jusqu’à maintenant, et un jour, voir des jeux vidéo et des films à l’image de l’immense univers qu’est Specimens Comics.

Enfin, question rituelle de notre site, si tu avais un super-pouvoir, quel serait-il ?

Je disais plus haut que je n’avais pas assez d’une vie pour faire tout ce à quoi je m’intéresse, car à un moment, il faut faire des choix et se concentrer sur qui nous anime le plus. J’aimerai avoir le pouvoir de l’un de mes personnages, El’Machina, qui à la capacité de se démultiplier pour être en tout temps et en tout lieu, l’omniprésence. De sorte à être partout où j’ai envie d’être pour y faire tout ce que j’ai envie de faire. Ce serait cool non ?

Plutôt, oui. Merci d'avoir répondu à nos questions, Steve. Si vous voulez soutenir la création des Specimens, n'hésitez pas à vous rendre sur la page Ulule du projet. Il ne reste plus que quelques jours pour participer.

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