Des astronomes de l’université de Warwick, au Royaume-Uni, viennent d’identifier la première étoile qui apparaîtrait véritablement verte à l’œil humain. Une découverte assez improbable pour sembler sortie d’un univers de science-fiction, et plus particulièrement des comics Green Lantern, où l’énergie émeraude occupe une place centrale.
Baptisée WD J1330+6435, cette étoile se trouve dans la constellation du Dragon, à environ 280 années-lumière de la Terre. Il s’agit d’une naine blanche, le vestige d’une étoile morte, dont l’atmosphère a été enrichie par les débris de son ancien système planétaire. Cette particularité lui donnerait une couleur vert chartreuse, jusqu’ici jamais identifiée de manière crédible chez une étoile.
La découverte soulève une question étonnante : pourquoi n’avait-on jamais observé d’étoile verte auparavant, alors que notre propre Soleil émet lui aussi une grande quantité de lumière verte ?
Sommaire
- Pourquoi n’avait-on jamais découvert d’étoile verte ?
- Une étoile morte qui doit sa couleur aux restes de ses planètes
- Une découverte qui révèle les véritables couleurs des étoiles
- Une étoile digne de Green Lantern, mais différente de Mogo
- Ce qu’il faut retenir (FAQ)
Pourquoi n’avait-on jamais découvert d’étoile verte ?
Les étoiles rouges, orangées, blanches ou bleues sont bien connues des astronomes. Mais les étoiles vertes ont longtemps constitué une curiosité presque impossible à observer. Pourtant, il suffit de regarder notre propre Soleil pour comprendre que la question est moins simple qu’elle n’en a l’air.
Car aussi surprenant que ça puisse paraître, le Soleil émet son maximum d’énergie lumineuse dans la région bleu-vert du spectre visible, autour de 500 nanomètres. On pourrait donc penser qu’il devrait nous apparaître vert. Pourtant, vu depuis l’espace, sa lumière est blanche. La raison tient à la manière dont nos yeux perçoivent les couleurs : notre étoile émet simultanément beaucoup de rouge, d’orange, de jaune et de bleu, qui se mélangent au vert pour produire du blanc.
L’atmosphère terrestre modifie légèrement cette perception. Elle diffuse davantage les courtes longueurs d’onde, notamment le bleu, ce qui explique à la fois la couleur de notre ciel et les teintes jaunes, orangées ou rouges que peut prendre le Soleil lorsqu’il se rapproche de l’horizon. Le vert, contrairement à une idée répandue, n’est pas spécialement filtré.
Ce phénomène explique pourquoi les astronomes ne trouvaient pas d’étoiles véritablement vertes. Même lorsqu’une étoile émet davantage de lumière dans le vert que dans les autres couleurs, son spectre reste généralement trop étendu pour qu’elle nous apparaisse verte. Une température particulière ne suffit donc pas à produire cette couleur.
WD J1330+6435 échappe à cette règle grâce à la composition inhabituelle de son atmosphère. Cette naine blanche, dont la température avoisine les 4 000 °C, possède des couches externes extrêmement denses, enrichies en sodium, calcium et lithium.
Sous l’effet de cette densité, le sodium absorbe une grande partie des longueurs d’onde jaunes, orangées et rouges. L’équilibre des couleurs est alors suffisamment modifié pour que la lumière restante prenne une teinte vert chartreuse, proche d’un vert jaunâtre.
Le docteur Mark Hollands, astrophysicien à l’université de Warwick et principal auteur de l’étude publiée le 15 octobre 2026 dans la revue RAS Techniques and Instruments, résume ainsi cette découverte : « Les traces de sodium présentes dans l’atmosphère de cette naine blanche absorbent la partie orange du spectre, laissant derrière elles une étrange lueur verte. Imaginez-vous sur une planète, levant les yeux vers une étoile verte. On se croirait dans une œuvre de science-fiction. »

Une étoile morte qui doit sa couleur aux restes de ses planètes
L’origine de cette couleur raconte également une histoire assez sombre. WD J1330+6435 est le vestige d’une étoile qui a terminé la majeure partie de son évolution. Comme les autres naines blanches, elle ne produit plus son énergie par fusion nucléaire et se refroidit progressivement.
Mais son ancien système planétaire n’a pas nécessairement disparu avec elle. Des astéroïdes, des comètes et d’autres corps rocheux peuvent encore évoluer autour de ce vestige stellaire. Lorsque leurs orbites deviennent instables et les entraînent trop près de l’étoile, les forces gravitationnelles peuvent les disloquer. Leurs débris finissent alors par tomber sur la naine blanche et enrichir son atmosphère en éléments chimiques.
C’est ce processus, appelé accrétion, qui explique la présence de sodium, de calcium et de lithium autour de WD J1330+6435. Il ne signifie pas nécessairement que l’étoile a englouti des planètes entières : les matériaux détectés peuvent provenir de corps rocheux beaucoup plus petits, eux-mêmes issus de son ancien système planétaire.
Les astronomes disposent ainsi d’un moyen particulièrement intéressant d’étudier des mondes disparus. En analysant les éléments présents dans l’atmosphère d’une naine blanche, ils peuvent reconstituer une partie de la composition des objets qui gravitaient autrefois autour d’elle.
Dans le cas de WD J1330+6435, ces vestiges ont aussi transformé son apparence. Une étoile morte doit donc sa couleur inhabituelle à la matière laissée par les anciens occupants de son système planétaire.
Une découverte qui révèle les véritables couleurs des étoiles
Une précision s’impose : les astronomes n’ont pas photographié directement une étoile verte. WD J1330+6435 était déjà connue, mais sa couleur perceptible n’avait pas été caractérisée de cette manière. Sa petite taille et son éloignement ne permettent pas d’observer directement son disque et d’en distinguer la couleur depuis la Terre.
Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont étudié les spectres lumineux de plusieurs naines blanches. Ils ont ensuite utilisé des modèles atmosphériques et un modèle de la vision humaine afin de déterminer les couleurs que ces étoiles présenteraient si nous pouvions les observer de suffisamment près.
Les résultats dépassent largement le seul cas de WD J1330+6435. Certaines naines blanches peuvent également apparaître roses, violettes, jaunes ou cyan, selon les éléments présents dans leur atmosphère et les conditions physiques qui y règnent.
Une autre étoile, WD J1011+2845, située à seulement 48 années-lumière, pourrait même être l’une des étoiles les plus rouges jamais identifiées. Sa couleur rose saumon provient du carbone remonté depuis son intérieur, dont les molécules absorbent une grande partie de la lumière visible.
Les chercheurs ont également examiné un échantillon de 151 naines blanches situées à moins de 65 années-lumière de la Terre. Environ une sur trente présente une couleur inhabituelle, tandis que la majorité apparaît effectivement blanche, conformément à ce que leur nom laisse entendre.
Cette étude montre surtout que la couleur d’une étoile peut dépendre de mécanismes physiques beaucoup plus complexes que sa seule température. La densité et la composition chimique de son atmosphère jouent parfois un rôle déterminant, au point de produire des teintes que l’on pensait jusqu’ici impossibles à observer.

Une étoile digne de Green Lantern, mais différente de Mogo
L’univers de Green Lantern n’a pourtant pas besoin d’une étoile verte pour évoquer ce genre de spectacle cosmique. Sa mythologie repose largement sur l’énergie émeraude des anneaux de pouvoir, capable de donner forme à presque n’importe quelle construction. Des mondes extraterrestres aux gigantesques manifestations d’énergie verte, les comics DC nous ont habitués à imaginer un cosmos bien plus coloré que celui que nous observons depuis la Terre.
Le rapprochement le plus évident reste Mogo, même s’il ne s’agit pas d’une étoile. Ce membre du Green Lantern Corps est une planète vivante et consciente, dont la surface porte un gigantesque emblème vert dessiné par sa végétation.
Créé par Alan Moore et Dave Gibbons dans Green Lantern #188 en 1985, Mogo compte parmi les personnages les plus singuliers de l’univers DC. Capable de penser, de communiquer et d’utiliser un anneau de pouvoir, cette planète entière appartient au Corps des Green Lantern au même titre que Hal Jordan ou John Stewart.
Le personnage a d’ailleurs été évoqué dans la série Lanterns, lorsque Hal Jordan mentionne son existence auprès de John Stewart. Nous lui avions consacré un dossier expliquant qui est Mogo, comment une planète peut devenir Green Lantern et quels sont ses pouvoirs.
Voir aussi :
Lanterns : qui est Mogo, le plus étrange des Green Lantern du DCU ?
Green Lantern : pouvoirs, origines et histoire, tout ce qu’il faut savoir
Aucune planète consciente n’a évidemment été découverte autour de WD J1330+6435, et sa lumière verte ne doit rien à un anneau de pouvoir. Mais si les comics nous ont habitués à imaginer des astres aux couleurs improbables, cette découverte montre que l’Univers réel possède lui aussi quelques surprises.

Ce qu’il faut retenir (FAQ)
Les astronomes ont-ils vraiment découvert une étoile verte ?
Oui. Une étude publiée le 15 octobre 2026 a identifié une naine blanche, WD J1330+6435, dont la lumière apparaîtrait verte à l’œil humain. Il s’agit de la première identification scientifique crédible d’une étoile présentant cette couleur.
Pourquoi cette étoile est-elle verte ?
Son atmosphère extrêmement dense contient notamment du sodium et du calcium provenant de débris rocheux. Ces éléments absorbent certaines longueurs d’onde et modifient l’équilibre des couleurs de la lumière, produisant une teinte vert chartreuse.
Notre Soleil est-il lui aussi vert ?
Le Soleil émet son maximum d’énergie lumineuse dans la région bleu-vert du spectre visible. Cependant, il produit également beaucoup de lumière dans les autres couleurs, qui se mélangent pour lui donner une apparence blanche. L’atmosphère terrestre peut ensuite le faire paraître jaune, orange ou rouge.
Pourquoi n’avait-on jamais découvert d’étoile verte auparavant ?
Les étoiles ordinaires émettent un large spectre de couleurs. Même lorsque leur émission est maximale dans le vert, les autres longueurs d’onde sont suffisamment présentes pour produire une lumière blanche. WD J1330+6435 possède une atmosphère dont la composition modifie cet équilibre.
Peut-on voir cette étoile verte depuis la Terre ?
Non, pas directement dans sa véritable couleur. Les astronomes ont calculé son apparence à partir de mesures spectroscopiques. Les représentations détaillées de cette étoile sont donc des illustrations ou des simulations scientifiques.
Cette étoile a-t-elle vraiment dévoré des planètes ?
Elle a absorbé de la matière rocheuse provenant de son ancien système planétaire. Il peut s’agir de débris d’astéroïdes ou d’autres corps détruits, sans que l’on puisse affirmer qu’elle a englouti des planètes entières.
Cette découverte a-t-elle un rapport avec Mogo, le Green Lantern de DC Comics ?
Non, le rapprochement est uniquement culturel. Mogo est une planète consciente appartenant au Green Lantern Corps, tandis que WD J1330+6435 est une véritable étoile dont la couleur s’explique par des phénomènes physiques.
Sources : Université de Warwick, RAS Techniques and Instruments (étude originale), NASA (couleur du Soleil)

