Les parents de John Stewart ont-ils préparé leur fils à survivre dans un monde difficile ou lui ont-ils infligé une enfance profondément malsaine ? Le troisième épisode de Lanterns refuse volontairement de trancher proprement cette question. Nous savons désormais que cette ambiguïté ne vient pas seulement de la manière dont chacun interprète « OutKast » : elle existait déjà au cœur de la salle des scénaristes.

Vanessa Baden Kelly, qui a écrit l’épisode, raconte à The Hollywood Reporter que les auteurs ont discuté pendant des mois pour déterminer jusqu’où l’éducation imposée par Bernadette et John Stewart Sr. pouvait être considérée comme nécessaire, et à partir de quel point elle devenait de la maltraitance.

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Le débat autour des parents de John était volontaire

Dans « OutKast », Bernadette (Jasmine Cephas Jones) et John Stewart Sr. (J. Alphonse Nicholson) savent que leur fils pourrait devenir Green Lantern. Ils consacrent alors une partie considérable de son enfance à le préparer à affronter la peur, jusqu’à des exercices aussi extrêmes que tirer sur une pomme placée au-dessus de la tête de ses propres parents.

La réaction du public s’est rapidement concentrée sur cette éducation. Vanessa Baden Kelly constate aujourd’hui que les discussions pour savoir si les Stewart ont maltraité John correspondent précisément à celles que les scénaristes espéraient provoquer.

Cette réception avait d’ailleurs commencé à inquiéter la scénariste avant même la diffusion de « OutKast » : elle a raconté comment les premières accusations de « wokisme » autour de Lanterns lui avaient « retourné l’estomac ».

Ce n’est d’ailleurs pas un débat découvert une fois l’épisode terminé. Elle explique que la writers’ room a passé environ six mois à discuter de la frontière entre une discipline susceptible de donner à un enfant des armes pour réussir et une méthode qui peut le marquer durablement.

Voir aussi :
Lanterns épisode 3 : récap et fin expliquée – le passé de John Stewart enfin révélé

Le jeune John Stewart avec une pomme sur la tête tandis que son père s'apprête à tirer dans le premier épisode de Lanterns.

Des sportifs et des enfants stars au cœur des discussions

Pour travailler cette question, les auteurs ne se sont pas limités aux histoires de super-héros. Baden Kelly évoque plusieurs trajectoires d’enfants poussés très tôt vers l’excellence, en particulier dans le sport et le spectacle.

Le cas de Venus et Serena Williams a notamment nourri la réflexion autour de Bernadette. La scénariste s’intéressait au fait que l’image publique retient souvent la figure du père extrêmement exigeant, alors que la mère participe elle aussi pleinement au projet familial. Elle cite également le documentaire consacré à Stephen Curry, dans lequel Sonya Curry raconte un moment où son fils envisageait d’abandonner avant de devoir choisir s’il souhaitait réellement continuer à consentir aux efforts nécessaires.

Les discussions ont aussi porté sur des exemples beaucoup plus sombres, ainsi que sur l’expérience personnelle de Baden Kelly, ancienne enfant actrice devenue elle-même mère d’un jeune sportif. L’enjeu n’était donc pas de trouver un modèle unique pour les Stewart, mais d’examiner ce qui se produit lorsqu’un parent pense savoir très tôt jusqu’où son enfant peut aller et organise sa vie autour de cette conviction.

Bernadette Stewart (Jasmine Cephas Jones) tenant John bébé dans la série Lanterns.

La série refuse de dire simplement que les Stewart avaient raison ou tort

C’est précisément pourquoi réduire l’épisode à « ses parents avaient raison » ou « ses parents étaient des monstres » fait disparaître une partie de ce que les auteurs cherchaient à raconter.

Baden Kelly explique que la salle des scénaristes s’est demandé si une telle éducation pouvait parfois apparaître comme la stratégie la plus rationnelle dans certains environnements, tout en se demandant dans le même temps si les dégâts infligés à l’enfant ne risquaient pas de devenir irréparables. La série pousse volontairement les méthodes des Stewart très loin : même la scénariste reconnaît que l’exercice des pommes fait basculer la situation dans un territoire autrement plus extrême.

Cette ambiguïté se retrouve jusque dans Bernadette. Baden Kelly voulait notamment interroger notre perception différente d’une mère et d’un père lorsqu’ils imposent la même dureté à leur enfant. Ce qui est facilement décrit comme de l’« amour exigeant » chez un père peut être jugé beaucoup plus sévèrement lorsque la mère devient la figure la plus dure du foyer.

Lanterns ne demande donc pas au public d’approuver Bernadette et John Sr. Le fait que nous nous disputions encore pour savoir où placer la frontière est, d’après la scénariste, exactement le résultat recherché.

Pour aller plus loin :
Lanterns : comment devient-on Green Lantern ? La série change les règles des comics

Un Gardien tend l'anneau des Green Lantern à John Stewart (Aaron Pierre) dans l'épisode 3 de la série Lanterns sur HBO Max.

Source : The Hollywood Reporter

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