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Rey (Daisy Ridley) dans Star Wars 8 : Les Derniers Jedi

Star Wars VIII : Les Derniers Jedi est dans les salles depuis plusieurs semaines, déjà. Et malgré un succès indiscutable, sans doute aucun épisode de la saga n’avait autant divisé son public. Si le Réveil de la Force avait soulevé beaucoup de questions, donnant naissance à un très grand nombre de théories, Les Derniers Jedi en n’a pas répondu à beaucoup, et a donné naissance à de nombreux débats pour le moins passionnés. Rian Johnson a d’ailleurs souvent été obligé d’expliquer certains choix lors d’interviews (comme la scène de fin, ou le mystère des parents de Rey).

De notre côté, on a donc demandé à Jean-Luc Sala ce qu’il en a pensé. Jean-Luc est le scénariste de bandes-dessinées bien connu de, entre autres, Cross Fire – dont le dernier tome, Ressuscite un autre jour, est sorti en août dernier – et Lady Liberty – dont le troisième tome, Les Fusils de Beaumarchais, est sorti il y a deux mois. Il est aussi professeur de cinématographie mais surtout, un fan de la première heure de Star Wars. D’ailleurs, il nous avait offert une excellente analyse de Rogue One, l’année dernière.

Prêt Jean-Luc ?

Merci Benjamin pour cet entretien. Ce film est tellement problématique qu’il m’a fallu plusieurs visionnages avant de décider ce que j’en pense. Au final, je n’en pense rien et c’est justement cela le problème.

Tout d’abord, Le Réveil de la Force, tu en avais pensé quoi ?

J’avais adoré le rythme mené tambour battant de cette entrée en matière d’une nouvelle trilogie. Le vrai génie d’Abrams a toujours été dans le rythme et l’urgence qu’il est capable de donner dans ses œuvres. Et c’était particulièrement bienvenu après les épisodes I-II-III de Lucas qui étaient assez pantouflards. J’avais également immédiatement adopté le nouveau cast, alors qu’Harrisson Ford faisait peine à voir dans tous les plans où il apparaissait, absent, usé, pas impliqué. Pour moi le souci majeur du Réveil de la Force était ce reboot qui ne dirait pas son nom, en proposant les mêmes éléments que le IV remis au goût du jour. J’avais refusé d’en penser rien de plus car ce film pouvait se résumer à une promesse et que j’attendais donc ce huitième opus pour voir ce que cette promesse délivrerait. Et j’ai été bien puni : le nouveau film ne délivre aucune des choses promises ! C’est là, où je m’avoue complètement déstabilisé, le 8 envoie bouler les trilogies précédentes mais également le 7… J’avoue ne pas comprendre comment Lucasfilm peut à ce point se contredire : si c’est pour surprendre le public, c’est maladroit, si c’est une absence claire de vision, c’est une faute. Dans les deux cas ce film est  désormais un problème.

Star Wars 8 : Les Derniers Jedi

Après l’épisode 7, énormément de théories sont apparues sur le net. Le chemin pris par Les Derniers Jedi t’a-t-il surpris ?

Abrams a passé son film – le Réveil de la Force – à poser des questions pour alimenter l’excitation et l’attention des fans. Il le fait, avec un certain talent, depuis les bases de « Lost ». Abrams est extrêmement conscient de cette approche, puisqu’il l’a même théorisée (des boites à mystères posées dans des boites à mystères… L’ouverture  de chaque boite ouvre de nouvelles questions). Certes, il a fallu plusieurs saisons de « Lost » pour essouffler cet artifice scénaristique qui n’allait nulle part (c’est symptomatique chez Abrams de poser des éléments sans trop savoir où ils vont, juste pour pouvoir rebondir dessus le jour ou une bonne idée arriverait). Mais là, le système est épuisé et balayé dès le film suivant ? Je suis scénariste, et clairement, on ne fait pas deux heures de mise en place pour tout envoyer bouler immédiatement après.

Ce huitième épisode répond à certaines questions mais du coup, ferme certaines portes. As-tu des regrets ou des déceptions ?

Des regrets et des déceptions, c’est même ainsi que je pourrais résumer jusque là cette postlogie. Mais c’est du ressenti, car en tant que vieux fan, je suis avant tout dans un domaine affectif quand je vais voir un Star Wars. Heureusement mes boulots de scénariste/professeur de cinématographie me permettent de raisonner le passionné de la première heure qui sommeille en moi.

Passons en revue les différents pieds de nez de Rian Johnson aux éléments placés dans le film précédent. Et objectivement, regardons si un George Lucas n’a pas déjà fait ce genre de pirouettes scénaristiques précédemment :

Qui sont les parents de Rey ? Personne, au mieux deux alcoolos. Je n’ai pas trop de souci avec cette pirouette, Anakin vient clairement de nulle part et ça nous ferait du bien de ne pas avoir encore une ascendance Skywalker, ou une thématique sur les jumeaux séparés (Rey/Kylo) en écho à Luke et Leia.

Qui est Snoke ? Réponse : on s’en fout, il ne sert plus à rien. Et je rajouterais même un « LOL », car clairement l’approche de Rian Johnson est une grosse LOLIFICATION de Star Wars. Là, clairement, on pourrait trouver un  tas de méchants jetables qui promettent tellement et ne servent finalement à rien. De Darth Maul à Dokuu en passant par Grievous et Boba Fett. Snoke étant finalement à peu prés aussi jetable que Phasma (qui elle est jetable au sens propre du terme). Mais aucun d’entre eux n’avait été monté en épingle comme Snoke.

Comment le sabre est arrivé chez Maz ? Réponse : on s’en fout.

Que va faire Luke, après l’immense bouffée d’émotion de la scène finale ? Réponse : un gros gag.

Snoke dans Star Wars 8 : Les Derniers Jedi

Le style Rian Johnson, tu le résumerais comment ?

Un iconoclaste, un briseur d’images religieuses. Honnêtement, j’ai eu l’impression de voir un cadavre exquis. Vous savez, quand on se refile un dessin de personne en personne et que chacun rajoute à son tour un élément nouveau dans le dessin pour le compléter : il n’y a aucune vision au départ, et on est toujours à la merci d’un participant qui ferait n’importe quoi. Il y a toujours cet ami un peu débile qui, au moment de compléter le dessin, se met à dessiner des bites ou un truc bien crade pour ruiner égoïstement le plaisir collectif des autres. Rian Johnson vient clairement de faire ça. Il a pris Star Wars, et il a dessiné des bites dessus. Le film n’est ni punk, ni nihiliste, mais clairement, Rian Johnson l’est.

Quels sont les péchés capitaux de ce film ?

Le premier est déjà évoqué : briser le travail de placement d’éléments de l’épisode précédent pour le plaisir basique de tout envoyer bouler.

Le second est pour moi sur l’usage de la Force. Jusque là, quand un jeu de rôle Star Wars recensait les « pouvoirs de la Force » tout tenait en quelques pages : le force jump, la télékinésie, la persuasion Jedi, etc. La prélogie avait apporté quelques pouvoirs supplémentaires comme la déflection de tirs de blasters. L’épisode VII avait montré un nouveau pouvoir qui permet de stopper un tir en plein vol. Jusque là, chaque film apportait sa petite pierre à l’édifice. Dans cet épisode, il y a  une ouverture de la Force : Leia la maîtrise soudainement, Luke nous fait découvrir la projection astrale, les communications par la pensée d’un bout à l’autre de la galaxie entre Rey et Kylo. La scène finale qui envoie ce message : la Force est dépouillée de son code elle devient tout simplement « la magie ». N’importe quel sort listé dans Dungeon & Dragons ou Harry Potter devient transposable dans Star Wars. Pour moi c’est un abâtardissement de l’ancien temps que je suis prêt à accepter. Même si je n’aime pas l’idée de jeter aux orties ce que j’ai aimé pour le remplacer par du nouveau, plus cool, plus moderne, plus puissant. Mon vieux Star Wars et la vision traditionnelle de la Force sont morts. Star Wars est mort, Vive Star Wars. Après tout, pourquoi pas.

Le troisième péché a été de refuser une belle sortie de scène de Leia. Maintenant que nous savons que Carrie Fisher n’est plus là et que Lucasfilm a déclaré refuser de la remplacer par une autre actrice ou une doublure digitale : comment faire ? La seule solution sera de mettre l’épisode prochain quelques années plus tard, et d’apprendre dans le résumé déroulant en début d’épisode, la disparition de Leia.

Il y avait dans cet épisode deux moments possibles pour lui donner une belle fin et Rian Johnson a préféré ne rien changer et refiler la patate chaude au prochain. Leia pouvait s’éviter sa scène « à la Marry Poppins » qui est véritablement un moment qui m’a totalement sorti du film. Mais il était aussi possible de donner le rôle sacrificiel d’Holdo (Laura Dern) à Leia pour obtenir une fin complètement dingue ! Seulement voilà, lors d’une réunion marketing de Lucasfilm avait été décidé il y à fort longtemps : « Dans notre nouvelle trilogie, on tue un personnage par film » et ils s’y sont tenus. Han dans le VII, Luke dans le VIII et donc Leia pour clôturer.

La poursuite hyper-lente entre les deux flottes, ou l’échec de toutes les actions des groupes de héros, est aussi un autre souci. Mention spéciale pour toute la séquence sur la planète casino qui propose certainement les costumes les moins inspirés de la saga (des smokings), des jeux complètement normaux, comme une roulette (alors que l’échiquier holographique était tellement plus créatif dès le premier film) et des décors vraiment plats… Il y a eu des dizaines de visions de casinos Star Wars dans les jeux vidéos, situés dans Nal Huuta, Nar-Shadaa ou encore Coruscant : à chaque fois ils proposaient des visuels qui « font Star Wars ». Là concrètement c’était service minimum.

Autre péché c’est l’humour. Il y a un virage vers un humour « Thor Ragnarok » ! Autant c’est bienvenu chez Marvel, autant pousser les curseurs de la comédie trop loin a toujours été dommageable dans les Star Wars (souvenez-vous de Jar-Jar).

L’humour à froid de K2-SO dans Rogue One était tellement plus mûr, tellement plus fin, et respectait tout le propos dramatique. Dans Le dernier Jedi, Rian Johnson tente de nous délivrer l’épisode le plus dramatique de la saga et il le désamorce à grand coup de gags, c’est véritablement contre-productif. Il met en péril tout l’aspect « mythologique » et « gravitas » de Star Wars. Ça avait déjà posé problème dans les séries animées pour les plus jeunes, comme Rebels et Clone Wars : les premières saisons sont trop enfantines et rapidement le cap est rectifié pour proposer des fins de séries véritablement sombres et graves pour ne pas perdre l’essence même de ce qu’est Star Wars. Pourquoi ne pas avoir compris cette part essentielle de l’alchimie Star Wars alors que cela avait été compris lors de la prélogie (éviction de Jar-Jar) ou dans Clone Wars (avec le final dramatique avec Ashoka) ou Rebels (avec les « showdown » d’Ashoka et Maul et certainement des événements encore plus dramatiques dans les épisodes à venir).

Le dernier péché et non des moindres est celui du « hyperjump-dans-ta-face » ou aussi nommé le « Jihad Hyperspatial ». Cette scène est magnifique, mais elle est choquante car elle décrédibilise toutes les règles posées par les batailles précédentes de tous les autres films. Autrement dit, elle décrédibilise les meilleures séquences des films précédents. Si il est connu dans l’univers Star Wars que faire un saut en hyperespace avait de telles conséquence, alors pourquoi ? Pourquoi personne ne pratique cet acte désespéré avant pour sauver la mise ? Par exemple, lors de la bataille spatiale de Scariff dans Rogue One, ou encore en précipitant un croiseur rebelle dans le canon d’une Étoile de la Mort ?

Et pourtant il y avait moyen à peu de frais de rendre cette scène crédible : Imaginons que jusqu’à présent, personne n’y ait pensé ou que l’on aie douté de l’efficacité d’une telle manœuvre (qui je vous le rappelle ne détruit pas qu’un vaisseau, mais une flotte toute entière).

Il fallait envisager un simple rajout de dialogues pour rendre cette scène crédible : Quand Rose se rend compte que le Nouvel Ordre est capable de localiser un vaisseau lorsqu’il est en saut hyperspatial et qu’elle l’apprend à Holdo. Imaginons qu’elle lui annonce en même temps qu’elle a également trouvé une étude sur les propriétés d’un saut Hyperspatial avec un certain type de réglage des moteurs (sans en dire plus devant le public pour préserver la surprise de la scène finale). Il suffisait ensuite de voir Holdo prononcer un simple « Merci Rose ! » juste avant de pousser les moteurs en propulsions hyperspatiale et la scène devenait crédible ! On comprenait que c’était la première fois que l’on réalisait ce type d’acte suicidaire dans l’histoire de la galaxie !

Maintenant, bonne chance pour les prochains auteurs de la saga pour faire des batailles qui resteront dramatiques avec des enjeux et du suspense, si à tout moment elles peuvent être réglées en sacrifiant un seul appareil en criant « Amiral Ackbar !!! » comme le premier jihadiste venu !

À la réalisation d’un film Star Wars, mieux vaut un amoureux de l’univers depuis toujours, incollable mais qui n’ose pas trop, ou une personne qui n’a jamais été spécialement fan mais qui n’hésitera pas à apporter de nouvelles idées, quitte à casser des codes utilisés depuis le premier film ?

Une partie du public n’est pas spécialiste donc elle se contentera d’une approche plus détendue. Le souci, c’est que nous parlons de Star Wars et qu’une autre partie du public est « passionnée », dont une bonne partie d’entre nous, passionnés jusqu’à l’érudition. Ça me semble être un pari complètement fou de tourner le dos a ce public qui a tenu le flambeau de Star Wars pendant les longues années sans films, entre la trilogie originale et la prélogie, puis entre la prélogie et la nouvelle trilogie.

Les studios ont confié à Rian Johnson la lourde tâche de concevoir la prochaine trilogie. Est-ce une bonne idée ?

Si il part de son principe que désormais la Force est libérée sur l’univers et débarrassée du carcan des Jedi pourquoi pas ? Je n’ai pas apprécié ce qu’il à fait pour poursuivre la saga, mais je lui prête suffisamment de talent pour s’approprier l’univers et lui donner une nouvelle impulsion.  J’aimerais le voir explorer cette idée d’une redécouverte de la Force hors du contrôle des Jedi et en dehors d’une saga Skywalker. C’est son idée, il a peut être une vision, qu’il la tienne sur trois film et ce serait un bon signal pour le futur de cet univers. Une vision tenue de film en film est ce qui me manque. Que quelqu’un (lui ou un autre) tienne une vision sur trois films serait salutaire.

Malgré son âge, Han Solo dans le Réveil de la Force n’avait pas changé, il était le même que celui de la trilogie originale. Un Harrison Ford plus jeune aurait pu lire les mêmes lignes de dialogues. Au contraire de Luke Skywalker dans Les Derniers Jedi, qui semble avoir énormément évolué. Lui qui était si naïf, le voilà devenu aigre et cynique. Même si finalement, il était déjà défaitiste dans Star Wars IV.

C’est effectivement un des reproches qui est fait au film. Que « l’arc dramatique » de Luke (l’évolution de son personnage) soit inconsistant avec le jeune fermier porteur d’espoir de l’épisode IV. Je trouve que c’est un faux débat et que certaines personnes déçues par le film cherchent à se raccrocher à tous les arguments possibles pour justifier leur déception. Je fais partie des déçus mais je pense objectivement que cette question est un faux problème.

Han Solo avait évolué dans la trilogie originale, il passait de « vaurien » à Général de la Résistance, un héros respectable. Qu’il redevienne un vieux pirate me semblait une bonne idée, je regrettais même que l’on n’ait pas été plus loin dans cette direction au lieu de juste le rebooter à son état initial de l’épisode IV.

Que Luke soit déçu et se retire du monde est plus que logique : il réalise que la lignée Skywalker est à l’origine de tous les événements tragiques depuis deux générations. Il constate son échec et se retire dans un coin reculé du monde pour ne plus mettre en péril l’univers. C’est exactement ce que Yoda a fait en se retirant sur Dagobah, et quasiment ce qu’à fait Obi Wan en se retirant sur Tatooine.

Donc oui, le film a des problèmes, mais pas dans le traitement du personnage de Luke devenu ermite.

Le rapport avec les fans entre Le Réveil de la Force et Les Derniers Jedi est bien différent. Il semble que J.J. Abrams ait voulu absolument rassembler le plus largement possible, ne voulant froisser personne. Rian Johnson au contraire, ne ménage pas les fans. Comment l’as-tu ressenti ?

Le vrai problème, c’est le modèle Marvel. C’est tentant de vouloir le copier, c’est la recette la plus rentable de l’histoire d’Hollywood.

Seulement le modèle Marvel est un « accident heureux » et unique dans l’histoire du cinéma, mais tous ceux qui ont essayé de le calquer s’y sont cassé les dents (Universal avec les Monster Universe mort-né avec la Momie, Warner avec le DC Universe qui n’est qu’une succession de faux-pas). Star Wars ne fait pas exception, les films ne sortent pas dans un ordre chrono-logique. Donc il faut être un minimum spécialiste pour les comprendre les uns par rapport aux autres.

Donc, pour Star Wars, quel est le plan ? Quelle est la vision ? Fédérer ou diviser ?

Jusque là, je pense que Lucasfilm a mis en place une stratégie en deux temps : les films numérotés sont là pour conquérir un nouveau public. Les films unitaires (Rogue One et le futur Han Solo) sont là pour contenter les vieux fans nostalgiques du temps de la trilogie originale. Sur le papier c’est louable comme démarche, mais en réalité tout ne se déroule pas comme prévu dans « l’entre-soi » d’une réunion marketing des execs de Disney et Lucasfilm. Le public des fans va aller voir TOUS les films et ne pas comprendre pourquoi un film sur deux ne leur parle pas. Quand au public plus large il est effrayant de constater le nombre de fois qu’il a exprimé à la sortie de Rogue One : « Pourquoi il n’y à pas Rey, Finn et Poe dans le nouveau film ? ».

À un moment, il faut décider d’un cap et s’y tenir.

Après le départ des réalisateurs Phil Lord et Chris Miller du spin-off centré sur Han Solo remplacés aussitôt par Ron Howard, puis celui de Colin Trevorrow de l’épisode IX remplacé par J.J. Abrams, ces derniers mois ont été intenses du côté de Lucasfilms. Que penses-tu  de la gestion de la franchise au cinéma ?

Cela avait été également le cas, de manière plus feutrée et étouffée, sur Rogue One qui a été reshooté en grande partie par un assistant réalisateur.

Une réponse simple en guise de question : Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Optimiste malgré tout pour la suite ?

S’il y a une prise de conscience de la division des fans et la rectification de la stratégie chez Lucasfilm, je pense que rien n’est perdu. Lucas n’écoutait pas les fans et tenait une vision. Par contre, ne pas écouter et ne pas avoir de vision c’est plus problématique. J’attends le placement d’une vision tenue sur tout ce qui est estampillé Star Wars. Un Showrunner comme Dave Filloni qui a supervisé les séries animées Clone Wars puis Rebels permettrait de résoudre cette absence de vista. Je pense que Dave Filloni sera plutôt sollicité pour travailler sur la future série TV Star Wars, mais il est pour moi la personne la plus légitime et compétente pour prendre en main la suite de la saga.

Donc oui, je suis optimiste. Et si à un moment les films me perdent en chemin, je continuerais à aimer les épisodes d’avant. J’ai survécu à Indiana Jones 4 en m’auto-persuadant que cet épisode n’existe pas, je pourrais tout à fait développer le même réflexe de défense.

Je note que c’est la première fois que les fans se déchirent autant sur un film de la saga. J’ai même été alpagué sur ma page Facebook pour me faire expliquer que je suis un « hater » ou un « faux-fan ».

En guise de conclusion, voici la réponse que j’ai donnée lors d’un de ces échanges : « C’est fou d’en être comparé à l’inquisition si on trouve ce film décevant… Juste un petit rappel : quand des gens ont dit à la sortie de l’Episode 1 qu’ils n’aimaient pas le nouveau Star Wars, il n’y a pas eu de mouvement de masse de “loyalistes” traitant ces personnes de “faux fans”. Donc j’aimerais bien qu’avant de traiter le camp du doute de “mécréants” ou d’inquisiteurs, de bien vouloir se poser la question de qui est l’inquisiteur de qui. En donnant mon avis, je donne juste mon avis, je ne crache pas sur ceux qui aiment ce film et je les envie même de l’avoir apprécié ! »

Merci Jean-Luc !
Entretien réalisé par Benjamin Basso en décembre 2017.