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L’ambiance polar/espionnage, pesante avec des personnages sous pression, désabusé est l’une des marques de fabrique de Ed Brubaker. On la retrouve sur des séries comme Criminal, Gotham Central, Sleeper ou Daredevil. Cependant, ce n’est pas non plus une totale nouveauté sur Captain America.

Brubaker avoue que son run préféré sur la série est celui de Steranko dans Captain America 110, 111 et 113 (1) où apparaît pour la première fois Madame Hydra (future Viper).

On y trouve déjà une ambiance noire avec un Captain America assez maussade, harcelé par l’Hydra et faisant croire à la mort de Steve Rogers pour retrouver une identité secrète. Tous les ingrédient de l’espionnage façon Bond (comme Steranko le fit sur Nick Fury) sont là avec l’Hydra, le SHIELD ou Madame Hydra… sorte de Bond Girl inversée mais surtout Bad Girl avant l’heure…

On pourra même retrouver une planche hommage à ce run par Butch Guice au numéro 31 (2).

Captain America par Butch Guice

Captain America

 

Comme je le disais en introduction, on trouve au début du run un Captain America  à bout de nerf puis souvent maussade, désabusé.Ce n’est pas non plus une nouveauté dans la série. Depuis sa résurrection dans Avengers 4 (3), le personnage est souvent montré comme étant “hors du temps”.

Au départ, il pleure la mort de Bucky, puis il devra faire face  au fait que les héros patriotiques ou qui ne tue pas ne soient plus à la mode voire ringards aux yeux du public.

Captain America

Il sera aussi souvent confronté à des miroirs déformants montrant les dangers du fanatismes patriotique (comme le Captain America des 50’s que l’on retrouvera avec Brubaker) ou les trahisons des idéaux démocratiques par les pouvoirs politiques ou économiques en place.

Captain America

Tous ces éléments sont les failles qui font de lui un héros Marvel, qui ne gagne pas toujours à la fin ou en tout cas pas complètement. Toute victoire du héros étant contrebalancé par des “défaites” personnelles. Sa silhouette retournée, les épaules basses, sera même une sorte de leitmotiv durant le run Englehart/Buscema.

Captain America

Enfin, l’omniprésence du SHIELD est aussi un point qui revient souvent. De Tales of Suspense 71 à Captain America 217, Le SHIELD fait partie du background du titre. Cela est dû, entre autre, à la présence de l’Agent 13 Sharon Carter, petite amie du héros.

 

Captain America No More

Notre héros n’est pourtant pas agent du SHIELD, ni même agent du Gouvernement avant l’arrivée de Quesada à la tête de Marvel. Il aura même pas mal de moment difficile avec Fury et l’administration américaine à ce sujet (le procès des Avengers dans Avengers 190-191 (4) ou le combat avec Fury dans Captain America 153 (5)). D’autre part, Il refusera plusieurs fois de devenir un agent du Gouvernement comme la fois où il démissionnera dans Captain America 332 (6) (John Walker le remplacera et sera employé du gouvernement américain, qu’il restera en tant qu’US Agent).

Captain America

Les scénaristes jusqu’à 1996 le décriront comme un héros, un symbole plus qu’un soldat, pas vraiment obéissant sur ce qui ne correspond pas à ses idéaux.

On le voit le héros n’est pas toujours représenté comme le personnage ultra positif qui gagne toujours à la fin et qui obéit toujours au gouvernement comme se le représente souvent les lecteurs français, surement peu habitué à la série.

 

Captain America : "I'm loyal to nothing, general... Except the Dream."

Il sera d’ailleurs représenté ainsi dans Daredevil : Born Again (7), où à mon humble avis, Miller et Mazzucchelli donnent une des meilleures version du personnage. Un héros qui n’est loyal qu’envers le rêve !

Brubaker, s’il donne son interprétation, est donc aussi dans la droite ligne de ce que j’appellerai la version classique du personnage, tel que décrite par les Lee, Steranko, Englehart, Gerber, Stern, Dematteis, Gruenwald ou Miller.

 

(1) traduit dans Thor 5,6 et 8 chez Aredit/Artima ou Captain America special « mort Mystérieuse » chez Aredit/Artima, puis dans Marvel Classic #3 ou Captain America : L’intégrale 1968-1969 chez Panini. Le 111 est aussi disponible dans “Je Suis Captain America” chez Panini.
(2) traduit dans Marvel Icons 40 puis Captain America “le rêve est mort” chez Panini
(3) traduit entre autre dans Eclipso 19, vengeur poche color 2 chez aredit, Strange special origines 187 bis chez lug, l’intégrale Avengers 1963-1964 et “Je suis Captain America” chez panini.

(4) Traduit dans les Vengeurs (Artima Color Marvel Superstar #9 “Le combat d’Œil de Faucon” chez Aredit.

(5) Traduit dans Captain America (Artima Color Marvel Superstar #11 “Panique sur Park Avenue” chez Aredit et Captain America : L’intégrale 1972 chez Panini.
(6) Inédits en vf
(7) traduit partiellement et censuré dans Strange 208-211 chez Semic; Traduit dans « Justice Aveugle »; T1 à 3 chez Comics USA/Glenat et Daredevil : renaissance chez Bethy; l’Omnibus Daredevil par Miller et Le Marvel Icons Daredevil Par Frank Miller T3 chez Panini et Marvel : La Collection de référence #9 chez Ha